‹ Les classes rurales en Bretagne du XVIe siècle a La RévolutionChapitre 71 sur 169 · PO&TÉE DU EÉOIME SEIGNETTHIAL ; SES ABUS · texte numérisé non relu

PO&TÉE DU EÉOIME SEIGNETTHIAL ; SES ABUS

Ton refuse de recevoir les grains, sous prétexte qu'ils ne sont pas d'assez bonne qualité (^).

Les rentes sont-elles perçues en nature : les paysans doivent à tout moment se défler des mesures qui, extrêmement variées et souvent incertaines, permettent bien des fraudes W. Les mesures peuvent être indûment creusées ou élargies. La mesure est-elle parfaitement loyale, par la façon de s'en servir, on peut encore léser les tenanciers. La rente est sensiblement plus ou moins lourde, selon que la mesure est comble ou ricle (3). — Très fréquemment aussi, l'on conteste la qualité des grains, qui sont apportés par les vassaux, et que les sei-

« Les seigneurs, leurs chûlelains et fermiers, ausquels seront dues aucunes rentes par grains, dues à grenier, seront tenus assigner leurs greniers el iceux -tenir ouverts aux termes ausquels lesdiles rentes se doivent paier par le tems de quinze Jours, et où Icsdits greniers ne seroient assignés et ouverts audit tems et que lesdits seigneurs ou leursdits châtelains feroient refus de recevoir lesdits grains, les sujets ne seront tenus par après de porter. et paier le surhaussement qui pourrait arriver du prix desdits grains. »

(1) Les habitants de Guipel (Délibération de la paroisse, du 22 février 1789, Cartons des a[[aires de Bretagne, liasse F, Arch. Mun. de Rennes), demandent a que les seigneurs reçoivent les rentes en grains comme la terre les raporte, car vouUans du grain tout h fait net et souvent n*en trouvant pas, les font payer au plus haut prix. ■ Voy. aussi la pétition de la municipalité de Flœuc ù l'Assemblée Nationale, du 26 octobre 1790 {Papiers du Comité {éodal, Côles-du-Nord, Arch. Nat., D XIV, 3).

(2) Cahier de la ChapeUe-Gloin (Arch. de la Loire-Inférieure, C 567h art. 10 : « Que la hauteur, largeur et épaisseur des boisseaux et autres mesures dont se servent les seigneurs pour la perception de leurs rentes soient réglées et fixées, par rapport que si la mesure est trop large et trop épaisse, elle emporte trop de comble, et que les seigneurs soient tenus de fournir à leurs sergents bailliagers un homme pour mesurer lesdits grains. » Cf. Cahier de PLonévez-du-Faou (sén. de Châteauneuf-du-Faou).

(3) Voy, A. du Chatellier, L'agriculture et les classes agricoles de la Bretagne, pp. 128 et sqq. En 1662, plusieurs paroisses engagent un procès contre le seigneur de Guingamp; ils prouvent que la mesure servant d'étalon avait été « frauduleusement détériorée, creusée, considérablement élargie, » au point de porter le poids de la mesure de froment ricle à 82 ou 84 livres au lieu de 63 et 65, qui était le poids normal en 1580, et les seigneurs, au lieu de demander la mesure ricle, en étaient venus à l'exiger comble, ce qui portait son poids à 95 et 100 livres. — A Tréguier, où le demiboisseau ne devait peser que 42 livres, les seigneurs, quand ils recevaient leurs rentes, les mesuraient avec des demi-boisseaux qui pesaient jusqu'à 56 livres (Archives du Parlement de Bretagne, Registres secrets, B 851, n* 14). — Cf. Henri Sée, L'administration de deux seigneuries de Basse-Bretagne 'Annales de Bretagne, L XIX, pp. 303-304).

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