‹ Les classes rurales en Bretagne du XVIe siècle a La RévolutionChapitre 72 sur 169 · PERCEPTION DES RENTES EN NATURE · texte numérisé non relu

PERCEPTION DES RENTES EN NATURE

gneurs ne se font pas faute de refuser sous un prétexte ou sous un autre.

La perception des rentes en avoine a provoqué parfois une exaction d'un caractère particulier (*). Pendant des siècles, c'était en avoine menue qu'on acquittait ces rentes ; au XVIII* siècle, on les acquitte surtout en grosse avoine W. Il est reconnu dans toute la Bretagne que la grosse avoine a une valeur supérieure à Tavoine menue d'un quart ou d'un tiers w. Or, sur un grand nombre de domaines, et notamment sur les terres du prince de Condé, du duc de Penlhièvre, des seigneurs de Châteaugiron, du Tiercent, du Visdelou de Liscouet, on en arrive, en s'appuyant sur un arrêt de 1670,

(1) Sur tout ce qui suit, cf. un Mémoire pour les Etats de Bretagne, de 1786 (Arch. d'Ille-et-Vilaine, C 3013).

(2) « La consommation de l'avoine menue a diminué, et le laboureur a préféré la culture de la grosse avoine, qui, à la propriété de l'avoine menue, joint l'avantage de pouvoir être employée en comestible pour les hommes. Les agens et les fermiers des seigneuries, intéressés à Taugmenlation des produits, font depuis longtemps essuyer aux redevables des renies en avoine menue des contestations sur la qualité et bonté de l'espèce » [Mémoire de nsfij.

(3) Mémoire, p. 56 : « Les Etats, pour montrer la lésion énorme que souffriroient les laboureurs, si l'évaluation de l'avoine menue au dixième moins du prix de la grosse subsisloit... ont fait retirer des apprécis de huit cantons de la province dont voici les résultats par année commune » :

Les apprécis de Hennebonl, de 1748 à 1757, donnent une différence de près d'un tiers.

Les apprécis de Ploôrmel, de 1758 à 1774, donnent une différence d'environ un quart.

Les apprécis de Quimperlé, de 1764 à 1774, donnent une différence du tiers au quart.

Les apprécis de Dinan, de 1765 à 1774, donnent une différence du tiers au quart.

Les apprécis de Pontivy, de 1744 à 1750 et de 1763 à 1769, donnent une différence du quart au cinquième.

Les apprécis de Quintin, de 1765 à 1774, donnent une différence de plus d'un tiers.

Les apprécis d'Ancenis, de 1750 à 1773, donnent une différence de plus d'un tiers.

Les apprécis de Fougères, de 1750 à 1773, donnent une différence de plus d'un tiers.

« La récapitulation des prix communs des grosses avoines, des avoines menues et des différences de leur valeur démontre qu'en général l'avoine menue est inférieure en valeur de deux dixièmes, trois quarts de dixième et davantage. »

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