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LES RENTES EX AVOINE

se soit manifestée avec encore plus d'âpreté qu'ailleurs. C'est que les privilégiés disposent d'une autorité plus grande, de plus de moyens d'action que dans d'autres provinces. Le Parlement de Bretagne, presque uniquement composé de propriétaires nobles, donne toujours tort aux paysans et appuie de son autorité les excès de l'administration seigneuriale (i).

(1) Voy. Dupont, op. cit., p. 147. Les paysans se rendent compte de la partialité du Parlement, dont tous les membres sont des privilégiés; voy., par exemple, la Délibération du général de Bourg-des-Comptes, du 1" janvier 1789 {Carions des affaires de Breiagr^e, liasse E, Arch. Mun. de Rennes), publiée par Dupont, pp. 207 et sqq. — Puis les procès sont intenninables et par là même ruineux pour les paysans : les paroissiens de Rufflgné, en 1773, ont engagé un procès contre leurs seigneurs, qui refusaient les avoines avec lesquelles ils voulaient payer leurs rentes en grains; en 1789, il dure encore et les frais s'élèvent déjà à 3.370 livres; les mêmes habitants avaient soutenu un autre procès pendant 35 ans; finalement, abandonnés par leurs procureurs qu'ils n'avaient pu payer jusqu'au bout, ils avaient été condamnés par défaut (Dupont, op. dt, p. 146).

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