‹ Les classes rurales en Bretagne du XVIe siècle a La RévolutionChapitre 77 sur 169 · AGGRAVATION DIT RÉGIME SEIGNEURIAL · texte numérisé non relu

AGGRAVATION DIT RÉGIME SEIGNEURIAL

tenanciers à plus d'exactitude, en un mot de rétablir sur l'ancien pied les revenus de la seigneurie W.

Il est certain, en effet, qu'il est des vassaux qui s'efforcent de se soustraire aux redevances seigneuriales, et cela dès le XVIP siècle. C'-est ainsi qu'en 1629 et en 1638, le prieur du Gâvre assigne un certain nombre de ses sujets à payer les arrérages échus depuis 29 ans et à donner déclaration de leurs rentes, car il est fondé à penser qu'ils ne cherchent qu'à s'y dérober W. Dans la seigneurie de Largouet, au XVIP siècle,

(1) Voy. la lettre de M- de Saint-Gilles à Bossard, du 5 mars 1789 ijonds du Gage, Arch. d'Ille-et-Vilaine, E 65) :

« Je vous prie encore, mon cher Bossard, de vous mettre enfin à travailler à la réforme de mes deux fiefs. Vous avez des rolles des aveux et un cahier ou jay fait le conte dun chacun. Je ne reçois que des Raimond et du fermier de la Penhouetière, qui est fort arriéré. Je ne vois pas un des autres tenanciers, que cela ruinera à la fin. Aidé moy, mon cher Bossard, a faire le bien de ces gents la en leur faisant donner sans frais des reconnaissances nouvelles et en procomtant avec tous. Je vous payerai comme de raison votre temps et nous éviterons qu'après moy on ruine ces gents la; il peut mesme y avoir eu des mutations et mestre dub des ventes. Les Champs Bernard men dévoient de vieilles. Les Lorgeril ont un prés qui relevé de moy qui me doit 2 s. de ranles et les lois et vantes. Enfin, mon cher Bossard, je vous en prie, ne tardés plus depuis plus de quinze ans vous aves mes pièces et jen ay besoin. Je vous seres obligée de me faire ce plaisir et soyé sur de mon attachement pour la vie. » — Dans une lettre qu'elle adresse, le 26 mars 1789, au même Bossard, elle le remercie de s'occuper de la réforme de ses fiefs et elle ajoute :

« Je nay qui me payé de ces fiefs que les Raimond qui payent exactement tous les ans, Anne et Gillette Macé ne mont pas aproché depuis 11 décembre 1784, elles doivent depuis. Voilà les seuls qui payent quelques choses, et Coasnon. M. Darmaillé ne m'a rien donné depuis qu'il est en jouissance, et depuis que M. de la Bourbansaye nie payé cela sur le livre que vous aves. Je croy bien, mon cher Bossard, qu'il faudra venir aux voye de justice. Mais avant voyé sur les litres que vous avez a moy et sur mon livrel et puis nous aviserons aux moyen. Je croyois que M. Faisant continuoit de me servir de procureur fiscal pour celle partie. Mandé le moy. Je vous envoirnis un mandement. Est-il possible qu'il n'y ait Aucune mouvance pour les fiefs? Je n'ai jamais depuis des temps infinis i*eçu un sol des lots et vantes... » — Dans une aulre lettre encore, elle parle des arrérages dus par les propriétaires de la Penhouetière, qui sont antérieurs à 1758 et qui se montent à 198 livres : « Je ne demande pas mieux, écritelle, que de faire remise du lier comme vous me le marqués » libid.}.

(2) Voy. une lettre du prieur du Gâvre, Philippe Dupontroger, aux officiers du présidial du G&vre (1629) : il leur remontre « comme à cause de son dit prieuré il luy est deu plusieurs el diverses espèces de rentes par divers particuliers qui refusent luy en payer les erreages depuis les

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