PROGRÈS DES PRATIQUES ABUSIVES
que soit, à cet égard, leur témoignage, il n'en est pas moins vrai qu'ils se sont rendu compte d'une façon très nette et très précise des exactions et des abus dont ils étaient les victimes; ils en ont vu les progrès; ils ont pensé très justement que le régime seigneurial s'était aggravé dans les années qui ont précédjé la Révolution. Rien d'étonnant si, dans leurs cahiers, ils ont dépeint ce régime comme insupportable, s'ils ont énergiquement réclamé l'abolition ou le rachat de droits, qui pesaient encore si lourdement sur leur propriété et même sur leur personne.
de Guipel, du 22 février 1789, Carions des Affaires de Bretagne, liasse F, .'i Arch. Mun. de Rennes). Cf. la Délibération de la paroisse d'Eréac, du 2 février 1789, ibid., liasse II) : « Par une espèce d'ixtoxion sur un grand "j nombre de nos, on nous fait payer le double et triple, due par nos aveux .^ anciens et nouveaux sans ozer nous plaindre de peur de frais. » Cf. Cahier j de Botmel, trêve de Callac (sén. de Carhaix) : « Depuis trente ans, les 'i seigneurs ont augmenté leurs rentes féagères et domaniales de près de i la moiUé. » Voy. plusieurs des Uéclàraiions des Vingtièmes de la paroisse 'f de Guipel, et notamment celle de Joseph Dugué : il ne possède que 3 jour- j naux 26 cordes, et cependant 11 paie parfois 25 livres de rentes seigneuriales 'j « attendu que le seigneur de Queralye fait payer d'un tiers plus que les ."} sujets ne luy doivent, et que ledit seigneur de Queralye emporte touts les ■J'i revenus des biens de ses sujets et davantage par ses usurpations » (Arch. ?/ d'Ille-et- Vilaine, C 4532). -