NOUVELLES TUILERIES. DYNASTIE D’ORLEANS
La cour est brillante , très-brillante , mais avec modestie et simplicité : c’est du goût et celui du roi. Quelquefois elle est fastueuse ; elle est toujours charmante. Quelques-uns de ses hôtes sont brillants de jeunesse, de bonnes manières; ils ont le goût, l’élégance et l’éducation de leur siècle , et lisent attentivement un bon livre en s’occupant fort sérieusement d’un beau dîner : tout ce qui est élégant et brave suit leurs pas.
M. le duc d’Orléans a déjà maison montée , et bientôt il éclipsera les familles princières actuelles ; et cela avec du luxe certainement , mais beaucoup plus avec du goût et de l’urbanité.
Oh ! pourquoi Carême n’a-t-il pas vu ce qui arrive , ces lueurs naissantes qui colorent l’horizon, lui qui croyait la cuisine perdue dans les officines de quelques pères jésuites !
Puisque j’ai dit quelques mots de la maison du jeune duc, je compléterai mes indiscrétions.
M. le duc organise un beau service de table : trente-huit pieds de long et cinq et demi ou six de large ! Cette table portera , dit-on , cinquante couverts.
Les matières employées dans le surtout seront : l’or , l’argent , les pierres fines ; le rubis et le diamant sont seuls exceptés. Tout le service sera en harmonie avec ce surtout , depuis la fourchette jusqu’à la tasse à café. Ce bel ouvrage égalera , s’il ne l’efface , tout ce que les Romains ont fait de mémorable dans ce genre , tout ce que le luxe artiste des Médicis a inspiré.
M. Chenavard dirige la confection des pièces.
La princesse Marie a composé, dessiné et fait modeler un groupe ;