‹ Les classiques de la tableChapitre 146 sur 282 · LES TAPIS · texte numérisé non relu

LES TAPIS

C’est le complément du mobilier , la base du comfort , le signe de la richesse, ou du moins de l’aisance. Il faut un tapis dans la salle à manger ; il en faut, à Paris, un aussi au salon , à la chambre à coucher, au cabinet de travail, pendant six ou sept mois de l’année. — Le tapis est un des excellents soins de l’h\giène, car le froid est toujours un mal grave : il se communique aussi bien par le parquet que par la dalle de marbre ou de pierre. — Dans les bonnes maisons , le tapis peut changer suivant les époques : il y a tapis d’hiver et d’été.

Le plus riche tissu en fait de tapis , sous forme de portière, sert aussi aujourd’hui , comme au temps des Richelieu et des Mazarin , à compléter la fermeture de la chambre à coucher , ou du cabinet de travail ou du salon. La portière rend en hiver la température de ces diverses pièces plus douce , et, dans tous les temps, elle les isole des bruits qui viendraient parfois troubler une causerie intime.

On admirait à la dernière exposition un charmant tapis commandé par la duchesse de Sutherland (1). Le champ en est vert-pré, et d’interminables rinceaux tout lilas s’y mêlent en grande liberté. — L’effet est plein d’harmonie et de fraîcheur. — Le tracé sans fui des arabesques est ravissant. — La planche que nous plaçons ici, dessinée par M. Pauquet , gravée par un autre artiste rempli de goût , M. Blanchard, en donne une idée. Un encadrement d’or enveloppe ce tapis , et des bouquets le remplissent d’une manière pittoresque ; des cartels s’ouvrent dans les angles et révèlent le nom de la duchesse.

Un des élégants héritiers du prince de Talleyrand a fait aussi tout récemment exécuter un tapis qui éclipse toutes les magnificences connues.

Nous donnons en regard de ces explications le dessin d’une portière destinée au sultan Abdul-Medjid , qu’il est de toute justice de citer comme un spécimen achevé des plus beaux stores de chambre à coucher, de parloir et de salon.

Page 1