LE JEUNE ET LE VIEUX
Air : Tu croyais , en aimant Colette.
Je veux que l’on serve à ma table Ce qu’il faut dans chaque saison :
La jeune chair m’est agréable ,
Et j’aime fort le vieux poisson.
Lorsqu’avec le voisin Grégoire Je vais au Cerceau m’héberger,
Le vieux fromage nous fait boire Et le pain frais nous fait manger.
L’amitié , comme la tendresse ,
Partage en tout temps mon ardeur :
Vieux amis et jeune maîtresse Sont l’amusement de mon cœur.
Plus d’une belle en cette ville Sait ménager en même temps ,
Pour l’agréable et pour l’utile ,
Jeunes plumets et vieux traitants.
Sur la fièvre et sur la migraine Un vieux médecin parle bien ,
Mais, ma foi ! pour ouvrir la veine Vive un jeune chirurgien.
Jeune fille et vieille compagne Servent d’enseigne aux libertins ;
Vieux bourguignon , jeune champagne Font l’agrément de nos festins.
CHANSONS
Souvent des épouses jeunettes Rendent papas de vieux barbons ;
Vieux coqs avec jeunes poulettes Font des œufs qui sont beaux et bons.
Aux devoirs mari qui déroge Se fait jouer de mauvais tours ;
A jeune femme et vieille horloge 11 faut regarder tous les jours.
Belle figure et bonne grâce Mènent au comptoir le chaland :
La vieille marchandise passe Quand un jeune objet nous la vend.
Contre qui voudra je parie Qu’un baudet en beau velours neuf Plaira cent fois mieux à Sylvie Qu’un savant en vieux drap d’Elbeuf.
De peur que trop tôt on ne meure ,
Il faut fuir les déréglements :
Quand on fait le vieux de bonne heure , On est jeune pendant long-temps.
Panard.