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LA SAGESSE DES HEUREUX

Voyez Chaulieu s’asseoir aux banquets du Temple, entre madamè Lassay et madame de Bouillon ; entendez-le chanter le verre à la main et dire à sa maîtresse :

A l’envi de tes yeux , ô comme ce vin brille !

Viens m’en verser, Philis , et nover de ta main ,

Dans sa mousse qui pétille ,

Les soucis du lendemain.

Qu’importe que la vieillesse Vers moi s’avance à grands pas ,

Quand Épicure et Lucrèce M’ont appris que la sagesse Veut, qu’au sortir d’un repas Ou des bras de sa maîtresse ,

Content , l’on aille là-bas ?

Pour moi , qui crois telles choses Conformes à la raison ,

Je veux , couronné de roses ,

Rendre visite à Pluton.

Je vois d’un œil sec la parque Qui commence à se lasser,

Et Caron fréter la barque Qui va bientôt me passer.

La sagesse est écrite encore dans ces stances charmantes, où Voltaire a mis tant de grâce, de sentiment et de mélodie :

Si vous voulez que j’aime encore ,

Rendez-moi l’âge des amours ;

Au crépuscule de mes jours ,

Rejoignez, s’il se peut , l’aurore.

Des beaux lieux où le dieu du vin Avec l’amour tient son empire,

Le temps, qui me prend par la main ,

M’avertit que je me retire.

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