‹ Les classiques de la tableChapitre 271 sur 282 · LA MADELEINE · texte numérisé non relu

LA MADELEINE

Doux trésor de ma moisson mûre ,

De vos épis un autre est roi :

Tilleuls dont j’aimais le murmure,

Vous n’aurez plus d’ombre pour moi ;

Ton coq peut tourner à sa guise ,

Clocher, que je fuis sans retour :

Ce n’est plus à moi que la brise Lui dit d’annoncer un beau jour.

Cette fenêtre était la tienne ,

Hirondelle qui vins loger

Bien des printemps dans ma persienne ,

Où je n’osais te déranger ;

Dèstjue la feuille était fanée,

Tu partais la première , et moi ,

Avant toi je pars cette année;

Mais reviendrai-je comme toi?

(1) Maison de campagne de l’illustre poète dans les bois qui dominent Vernon (sur la Seine). Il était de nos plus vieux amis : nous l’y avons vu <n revenant à pied , par les bois, des Vieux-Andelys.

()‘}0 VARIÉTÉS

Qu’ils soient l’amour d’un autre maître ,

Ces pêchers dont j’ouvris les bras !

Leurs fruits verts, je les ai vus naître;

Rougir, je ne les verrai pas.

J’ai vu des bosquets que je quitte Sous l’été les roses mourir ;

J’y vois planter la marguerite :

Je ne l’v verrai pas fleurir.

Ainsi tout passe, et l’on délaisse Les lieux où l’on s’est répété :

« Ici luira sur ma vieillesse » L’azur de son dernier été. »

Heureux, quand on les abandonne ,

Si l’on part en se comptant tous ;

Si l’on part sans laisser personne Sous l’herbe qui n’est plus à nous.

Casimir Delavigne.

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