LE CABINET DES INTIMES
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« Ou ne vieillit pas à table. »
Grimod de La Reynièue.
Mon cher Docteur1,
Voici l’ouvrage que nous devions dédier , Carême el moi , à voire excellent frère. Celui qui en a eu la pensée, qui aurait dirigé tous les choix , el celui qui devait en recevoir l’hommage , l’un et l’autre ont déjà disparu; — moi , le survivant , je sais quels amis j’ai perdus, quelles intelligences rares, et j’ose à peine reprendre leur premier dessein... —
Carême souhaitait faire de ce livre un Cours de littérature pour les jeunes gens de sa profession qui 11e nous arrivent plus seulement des classes pauvres et du village, mais du collège et d’excellentes maisons d’éducation ; il le souhaitait encore pour délasser et même pour instruire tout homme qui quitte l’activité des affaires et de la vie pour la retraite.
L’esprit profond et si net de votre frère avait saisi toute l’importance du choix des aliments pour le jeu de la vie , et il ne se laissait pas détourner de ces études pleines d’intérêt par le soin de sa pratique et par sa collaboration avec Broussais : « Attendez , disait-il dans les dernières années de sa vie, attendez que j’aie terminé le monument à la gloire de mon maître , et je m’efforcerai de tracer l’histoire de l’estomac; je ferai sentir que la bonne médecine et l’ai t de vivre se touchent par plus de points qu’on ne croit , que le traitement des maladies chroniques est illusoire sans une entente approfondie des soins