‹ Les classiques de la tableChapitre 89 sur 282 · POÈME EN QUATRE CHANTS · texte numérisé non relu

POÈME EN QUATRE CHANTS

Il est bien difficile de ne pas faire de mécontents quanti on entreprend de donner à dîner au public. Quelques personnes ont trouvé mon repas trop long, et quelques autres l’ont trouvé trop court. J’ai songé seulement à contenter ces dernières; car, les premières étant maîtresses de s’arrêter au premier service, et même de n’en pas tâter du tout, elles ne peuvent être incommodées que par leur faute. J’ai donc augmenté mon dîner de plusieurs plats nouveaux, que j’ai tâché d’accommoder de mon mieux. J’ai consulté les meilleurs cuisiniers, les artistes les plus distingués; j’ai dîné chez Véry, chez Rose, chez les Frères Provençaux et autres , avec des amateurs et des beaux-esprits qui m’ont aidé de leurs lumières, et avec qui je me suis enivré pour me perfectionner dans mon art. Du reste, j’ai lieu de me féliciter de ce qu’un assez grand nombre de personnes a bien voulu s’asseoir à ma table et y prendre quelque plaisir. Je vois avec satisfaction que, si on peut accuser la faiblesse de mon talent, on a du moins une très-grande estime pour la matière que j’ai traitée.

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