SECTION I'°. — PATENS
Cette section, de beaucoup la plus importante du
genre au point de vue horticole, renferme les types
à grandes fleurs étalées, desquels sont sortis, par croisements et métissages successifs, le plus grand nombre des magnifiques variétés cultivées aujourd'hui.
C. patens, Morren et Dene {Syx. C’. azurea, Lindl.). Clématite azurée. — Plante très vigoureuse, susceptible d'atteindre une grande hauteur à feuilles àtroiscinq folioles (plus rarement simples), ovales, lancéolées et entières, à pétioles et pétiolules allongés et accrochants. Fleurs généralement solitaires, axillaires, naissant sur le vieux bois, à six-huit sépales
de 7 à 8 centimètres de long, onguiculés et ne se
recouvrant pas à la base, puis ovales, oblongs ou
lancéolés, mucronés {au moins dans le type), d'un
bleu variable, glabres en-dessus et poilus-aranéeux en-dessous, surtout sur les trois nervures prineipales; étamines nombreuses, à filets aplatis et blanchâtres. Achaines ou fruits mürs elliptiques,aplatis, brunâtres et surmontés d’une longue aigrette courtement plumeuse et contournée. Fleurit en maijuin. Introduit du Japon vers 1836.
Cette magnifique espèce était cultivée par les Japonais bien avant que Von Siebold introduisit en Europe les formes suivantes: Amalin, Monstrosa, Helena, Louisa, Sophia, qui sont devenues classiques, ayant servi aux premières hybridations (on en trouvera la description à la liste des variétés). Ce n'est que plus tard qu’onrecueillit la plante sauvage dans l’île de Nipon.
CG. lanuginosa, Lindl. Clémalite laineuse. — Plante peu sarrnenteuse, ne s’élevant pas très haut ; à feuilles caulinaires toujours simples, tandis que celles des rameaux florifères sont à trois folioles longuement pétiolulées, toutes de dimensions semblables, vert france en dessus, mais fortement velues-laineuses et grisätres en dessous ainsi que les pétioles. Fleurs terminales, réunies généra-
lement par trois, les plus grandes du genre, à six segments très amples, ovales, se recouvrant à la . base, acuminés el mucronés au sommet et longs de
Fig. 2, — CLeMariISs HAKONENSIS (C. Jackmani, type).
1 à 8 centimètres, lilas clair,luisants en dessus, avec les trois nervures rapprochées et fortement veluslaineux en dessous, ainsi que les pédoncules. Les étamines et les achaines diffèrent peu de ceux de
l'espèce précédente; les aigrettes sont cependant plus longues. Fleurit à la fin de mai sur le vieux bois et remonte successivement jusqu'en automne, sur les pousses de l’année. Découvert en Chine, près de Ningpo et introduit par Robert Fortune en 1850.
Cette espèce, la plus belle du genre, se distingue facilement de la précédente par ses fleurs plus grandes, à sépales plus larges, se recouvrant à la base et fortement velus (ainsi que les feuilles) sur la face inférieure. Par hybridation avec les C. patens, elle a donné naissance à un grand nombre de variétés aux fleurs presque toutes simples, mais très larges, très étoffées, à coloris magnifiques, variant du lilas bleu clair au mauve, au carné et au blanc; quelques variétés sont bicolores.
C. hakonensis, Franch. et Savat (C. Jackmani, Hort.) (1). — Plante excessivement vigoureuse, à
(1) L'origine de cette plante, devenue aujourd’hui très populaire sous le nom de Jackmani, a été contestée. Dans leur ouvrage « The Clematis as a garden flower », p. 9, MM. Moore et Jackman lPindiquent comme un hybride obtenu par ce dernier, dans son établissement horticole de Woking, en Angleterre, du croisement du C. lanuginosa par les C. Hendersuni et C. Vilicella atrorubens, opéré en 1858. La plante fleurit en 1862, fut présentée à la Société d'Horticulture de Londres l’année suivante et décrite pour la première fois en 1865 dans la « Flore des Serres ». Vers 1880, le Dr Savatier découvrit sur les collines de Hakones (d’où le nom hakonensis) dans l'ile de Nipon, au Japon, une Clématite qui fut décrite par MM. Franchet et Savatier dans leur « Enumération des plantes du Japon », sous le nom de C. hakonensis. M. Lavallée vit dans la plante japonaise une ressemblance si parfaite avec la Clématite de M. Jackman qu'il déclara, dans sa remarquable monographie, « Les Clémattes, p. 10 »,que celle-ci lui était identique, et il mit ainsi en doute son origine hybride.
. Notre observation personnelle, basée sur la remarquable constance de tous ies caractères de cette plante, qui constitue un type très distinct, nous font partager l'opinion de feu Lavallée.
rameaux longuement sarmenteux et atteignant une
très grande hauteur. Feuilles le plus souvent à cinq folioles ovales, atténuées ou sub-cordiformes à la
base, longuement acuminées au sommet et presque toujours entières, vert foncé et glabres en dessus, tandis que la face inférieure est velue ainsi que les longs pétioles contournés et les pédoncules. Fleurs ternées et disposées en cymes trichotomes sur les rameaux de l’année, longuement pédonculées, penchées en bouton, puis dressées, à quatre sépales étalés, de 6 à 7 centimètres de long, rétrécis et écartés à la base, puis élargis, ovales et mucronés au sommet, bleu-violet purpurin,avec trois nervures rapprochées et glabres sur la face supérieure,tandis que l’inférieure est velue, surtout sur les bords; élamines moins nombreuses que chez les espèces précédentes, à connectif prolongé en pointe hastée au-dessus de l’anthère ; achaines élargis, aplatis, à aigrette longue et courtement plumeuse.
C'est la plus vigoureuse et la plus résistante des Clématites à grandes fleurs aussi est-elle très répandue dans les jardins. Il en existe plusieurs formes horticoles, dont les coloris varient du violet au grenat el au blanc. Par croisement avec les espèces précédentes et les Viticelles, elle a produit un très grand nombre de beaux hybrides.
Section [I, — FLORIDÉES
C. florida, Thunb. Syx. Atragene indica, Desf.; A. florida, Pers.; Viticella florida, Spach. — Plante grimpante, atteignant 3 à 4 mètres, à branches grèles, striées, purpurines quand elles sont jeunes. Feuilles généralement bipinnatiséquées, c'est-à-
dire composées de meuf folioles ovales-arrondies, subcordiformes à la base, longuement atténuees au sommet, vert clair et parseméessur les deux
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Fig. 3. — CLEMATIS FLORIDA.
faces de poils mous et couchés ; les feuilles des rameaux florifères sont simples, parfois trilobées; les pétioles sont très longs, plus ou moins contournés, et les derniers pétiolules sont très courts. Fleurs
solitaires sur le vieux bois, à longs pédoncules
. munis de deux bractées foliacées et composées de cinq à six pétales étalés, obovales, se recouvrant à la
base, longuementmucronés au sommet, longs de 4à 5 centimètres, finement poilus sur ka face externe. Leur couleur est blanc crémeux, mais M. Lavallée croit qu'au contraire, chez le type (qu on ne retrouve
Fig, 4. — CLemaris ViriceLzLa VENOsA (Rev. Hort.).
plus en culture), ils sont pourpre violet; les étamines sont étalées, à filets blancs etanthères brunàtres. La floraison est estivale et assez prolongée, mais non franchement remontante. Les achaines sont très nombreux, petits, elliptiques, plats, à stvle court, dressé, graduellement rétréci et garni de petits poils soyeux.
Cette belle plante, la première introduite des espèces à grandes fleurs, nous est venue du Japon en 1776, sous une forme déjà améliorée par la culture.
L'auteur précité rapporte à cette espèce, comme
simples variétés, les C. venosa et C’. insignis, données |
comme hybrides. La première, qui est une fort belle plante, présente, outre la couleur des fleurs, lesquelles sont disposées par trois, quelques différences dans son feuillage. Le C’. bicolor, Steud. (C'. bicolor Sieboldii, Hort.), introduit du Japon en 1836, n'est qu'une variété semi-double, dont les sépales internes sont purpurins et petits, tandis que les externes sont blancs, beaucoup plus amples et forment une élégante collerette. Il en existe, du reste, quelques autres variétés également doubles par transformation des étamines en organes pétaloïdes. D'après le D' Le Bèle, il n’existerait qu'une seule florida double, le C!. forida alba plena, qui encore n’est pour lui qu'une fleur prolifère. Les Floridées étant seulement pollinifères, les hybrides sont, pour ce même auteur, si rares qu'ils se réduisent à un seul, obtenu d’un semis de Viticella, répandu dans les jardins sous le nom de Viticella venosa, mais qui est néanmoins une véritable Florida. — Cette assertion renforce les raisons qui nous ont engagés à créer la section des ?altens à fleurs doubles, que l’on trouvera au chapitre des Variétés horticoles.
Les C. florida ont un feuillage persistant assez tard et leur rusticité n’est pas très grande. La floraison principale a lieu en mai-juin et certaines variétés remontent à l’automne.
SECTION III. — VITICELLES
Les plantes qui composent cette section sont surtout caractérisées par leurs fleurs de dimensions moyennes, tantôt solitaires, tantôt trichotomes, à
quatre sépales toujours campanulés, réfléchis au
4 sommet. Les unes sont simplement sarmenteuses et
Lu
peu élevées, tandis que les autres sont volubiles et même Menoment grimpantes.
C. Viticella, Linn. Syx. Viticella delloidea, Mœnch. Clématite bleue. — Plante n’atteignant que 2 9 à 3 mè-
tres, à rameaux grèles, nombreux, sarmenteux el
dressés ou parfois couchés. Feuilles caulinaires biternées, à cinq-sept folioles ovales ou lancéolées, obtuses oumucronées, entières ou lobulées, finement pubescentes sur les deux faces, vertes en dessus, pâles et fortement veinées en dessous ; pétioles cirrhifères au sommet ; feuilles bractéiformes, simples ou trifoliolées. Fleurs solitaires le long des rameaux et ternées au sommet, à pédoncules grêles, pourvus de deux bractées campanulées, de 3 à 5 centimètres de diamètre, à quatre sépales disposés en croix, ovalescunéiformes, tronqués et mucronés au sommet, qui est recourbé en dehors, tandis que les bords sont ondulés et plus ou moins réfléchis, avec trois nervures saillantes ; leur couleur est violet-bleu variable, purpurine, blanche ou plus ou moins teintée; étamines très petites, à filets faiblement poilus et à anthères apiculées. Achaines nombreux, arrondis, surmontés d'un style dressé, graduellement rétréei en pointe, court et glabre. Fleurit de juin à septembre. Habite toute l'Europe méridionale et s'étend jusqu'en Orient.
Cette Clématite a été introduite dans les jardins dès 1569. Il en existe de nombreuses variétés dont quelques-unes à fleurs doubles. Avant l'introduction des espèces de la section précédente, elle a beaucoup servi à la production des hybrides, comme plante mère surtout, parce qu'elle mürit facilement ses,
PTE Te
graines sous notre climat. Elle est en outre très rustique et nullement délicate.