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PARASITES ANIMAUX

4° Pucerons.

Des pucerons de différentes espèces attaquent les Clématites. On en débarrasse facilement les plantes à l’aide de pulvérisations à la nicotine, à raison de un décilitre pour deux litres d’eau (nicotine à 12° ou à 15° Baumé). Les pulvérisations doivent toujours être faites le soir, dès que l’ardeur des rayons solaires n'est plus à craindre. Le lendemain matin, on devra bassiner les plantes à l’eau claire.

On peut aussi employer la solution suivante, dont M. le D" Delacroix a bien voulu nous communiquer la composition :

Ajouter après dissolution :

Pétrole WEUP. mes en UE noie 10 gr.

Si les plantes sont jeunes et en serre ou sous chàssis, on pourra les fumiger modérément el à plusieurs reprises au besoin.

2° Anguillules.

Ce terme un peu vague désigne les petits vers microscopiques qui vivent aux dépens des plantes, en piquant leurs racines, où ils se logent en colonies nombreuses. Leurs piqûres provoquent sur les racines des sortes de kystes ou galles caractéristiques. Les anguillules appartiennent à un genre de Nématode, l’Æeterodera, et les diverses recherches qui ont été faites sur les kystes d’un grand nombre de plantes ont fait retrouver partout la même espèce: l’Heterodera radicicola. M. Ed. Prillieux a résumé les constatations faites à ce sujet par MM. Magnus, Warming, Licopoli, Max. Cornu, Jobert et Franck, dans les Annales de la Science agronomique, année 1885, LOT p.129:

M. Ch. Jullien, maître de conférences à l’école nationale d'agriculture de Grignon, a observé, en 1896, l'Æeterodera radicicola sur les racines des Bégonias. Mais c’est en 1890 qu'il a été reconnu sur les Clématites par le P' Arthur. Le journal américain Garden and Forest a publié à cet égard, sous la signature autorisée du professeur Comstock, un article bien documenté.

La présence de la maladie est facile à constater.

Les racines portent de petites excroissances noueuses ou alles, que la plupart des praticiens

ont sans doute observées el dans lesquelles sont lo-

gées les femelles de l'insecte. En coupant une de

ces galles, on voit, à l'aide d'une simple loupe, noyés dans le tissu de l’excroissance, des corpuscules pyriformes, de même teinte que le tissu végétal, mais néanmoins bien apparents, car leur surface est polie et luisante. En examinant plus soigneusement ces corpuseules, on remarque qu'ils abritent chacun un

ver très fortement renflé par les œufs quil ren-

ferme.

La nature excessivement polyphage de cet insecte microscopique rend sa destruclion particulièrement difficile, sinon presque impossible ; sa faculté d'adaptation est si grande qu'on ne peut songer à l'affamer, puisqu'on ne connaît pas encore de plante sur laquelle il ne puisse vivre.

M. Ch. Jullien, après s'être livré à de nombreux essais de traitement différents, présente les conclusions suivantes (1) qui, les dernières en date, marquent le point exact où sont arrêtées actuellement les mesures prophylactiques :

« D'après ce que j'ai pu constater par observation directe, l'immersion des racines, porteuses d'anguillules, dans l’eau ordinaire pendant un séjour de vingt-quatre à quarante-huit heures serait suffisante pour tuer tous les individus non enkystés.

Par conséquent, il y a lieu d’expérimenter, je crois, dans ce sens etil est à espérer qu'en pratiquant l'im-

mersion convenablement prolongée des plantes infestées

Bi

on réussirait à se débarrasser de cet ennemi de nos plantes ornementales. Ce serait un traitement à la portée de tout le monde et qui aurait l'avantage d’être mi coûteux, ni difficile à mettre à exécution. »

(4) Journal de la Société Nationale d'Horliculture de France, avril 1896, p. 380.

Nos expériences personnelles sur les Clématites nous ont fait conclure qu'en effet, ces plantes, ayant les racines charnues, ne pouvaient aucunement souffrir d’une immersion de vingt-quatre heures.

Il. — PARASITES VÉGÉTAUX.

1° Champignons.

Un champignon microscopique du genre Ærysiphe (groupe Oidium) sévit sur les Clématites. Ce champignon est vulgairement connu sous le nom de « blanc » ; il est analogue à celui qu'on observe sur plusieurs autres végétaux, notamment les Rosiers et les Pêchers. Le « blanc » se répand principalement sur les plantes lorsqu'elles restent en serre et qu’elles y sont trop longtemps privées de lumière. En plein air, il n’attaque que les sujets placés à une exposition constamment ombragée, où l'air est raréfié par une cause quelconque (le voisinage de bâtiments, par exemple).

Le seul remède qui se soit montré efficace jusqu'à présent contre cette maladie consiste en soufrages préventifs. Mais si ce traitement n’a pas été pratiqué assez tôt, pour enrayer complètement sa marche, on devra avoir recours à l'application de la solution suivante :

Sulfate de cuivre.... 71 à 8 grammes par litre d’eau Carbonate de soude.. 10 à 12 — —

dissous à part et ajoutés au moment de se servir de la solution.

Lorsque, malgré toutes les précautions prises, les plantes n’ont pu rester indemnes, il est indispensable, à l'automne et avant que les plantes ne soient

complètement desséchées, de recueillir avec soin, toutes les feuilles et toutes les tiges contaminées et de les brûler. Faute d'opérer aussi scrupuleusement que nous l’indiquons, nombre de spores hivernantes et à l’état de repos se conserveront sur le sol pour germer au printemps suivant et se multiplier en répandant de nouveau la maladie.

2° Bactériacées (1).

La maladie qui attaque le plus gravement les Clématites est de nature bactérienne, c'est-à-dire qu'elle est causée parlapullulation d’un microbe au travers de ses tissus. Malheureusement, l'infection débute d’une manière insidieuse, et ce n’est la plupart du temps que lorsqu'il est trop tard pour y remédier qu'on s'aperçoit de sa présence. Sans qu'il y ait trace de maladie caractérisée ni d’ennemi animal ou végétal, dans un sol qui parait pourtant approprié à la culture, alors que les plantes sont en pleine végélation et parfois même en complète floraison, elles sont tout à coup frappées d'un rapide dépérissement. Les fleurs et les feuilles se fanent, les Liges se dessèchent et la plante meurt enfin malgré tous les soins qui lui sont prodigués. Ce sont les espèces les

(4) L'opinion universellement admise aujourd'hui par les savants est que les organismes microscopiques qu'on désigne vulgairement sous le nom de « microbes », et plus scientifique- ment sous ceux de bacilles ou de bactéries, constituent tout un groupe d’Algues infiniment petites, qui sont aux Algues ordinaires ce que sont les « blancs », le « mildiou » et autres champignons microscopiques aux gros champignons connus et dont quelques-uns sont comestibles. L'un des ouvrages qui résume le mieux les connaissances acquises sur les Bactériacées au point de vue botanique est le Traité de Botanique générale du professeur Van Tieghem.

plus jolies qui sont le plus souvent attaquées : telles les Patens et les Lanuginosa; les autres genres: /ackmani, Viticella, etc., en sont beaucoup plus rarement atteints, ce qu'il faut sans doute attribuer à leur grande vigueur. Enfin, les plantes y sont d'autant plus sensibles qu’elles sont plus jeunes ou de contexture plus herbacée. C'est dire que les sujets parvenus à l'état ligneux y sont beaucoup moins exposés.

Le seul signe extérieur qui décèle l'infection consiste dans le noircissement de la base des tiges, un peu au-dessus du sol. Successivement, derrière l’'épiderme noircie, le parenchyme, le liber, puis la zone génératrice où circule la sève deviennent visqueux et se décomposent. On comprend qu'ainsi attaquée dans la source mème de sa vie, la plante meurt subitement. Tous ces effets sont analogues à ceux qu'on à observés sur un certain nombre d’autres plantes.

L'espèce de bactérie ou de bacille qui s'attaque aux Clématites n’a pas encore été déterminée. Il est cependant possible que les savantes recherches dont nous parlons ci-dessous aient eu le mérite de faire entrevoir la vérité.

MM. Prillieux et Delacroix ont fait connaître, dans un mémoire communiqué à l'Académie des Sciences en 1890 (1), le résultat de leurs observations. Ils ont pu démontrer que l'infection d’un certain nombre de végétaux cultivés, caractérisée de la même façon chez tous, était due au Bacillus caulivorus, de la Pomme de terre. À cet égard, nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici une note de M. le D: Delacroix, parue en 1894, dans la Revue horticole :

(1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. CXI, p. 208, juillet 1890.

NP el Pen LS En CE

« Ce microbe, dit-il, est le même que celui qui attaque les Pélargoniums et la Pomme de terre sur laquelle il produit une maladie nommée la gangrène de la tige. Le Bacillus caulivorus, c'est le nom du microbe, attaque aussi les Gloxinias, les Clématites et sans doute aussi d’autres plantes, Ajoutons que les réactions qu'il donne lorsqu'on le cultive en milieu stérilisé, sur gélatine, suivant la méthode pastorienne, font supposer qu'il pourrait bien être identique à une espèce qui a été, dans ces dernières années, minutieusement étudiée par le D' Charrin, le Bacillus pyocyaneus.

On le voit proliférer dans les cellules des plantes qu'il tue, par les proauits toxiques qu'il sécrète, mais l'intensité de son action nuisible est en rapport direct avec la portion de la plante qu'il attaque.

Sur la Pomme de terre, les Clématites, assez souvent aussi sur les Pélargoniums, c’est la base de la tige qui est envahie au débutet toute la portion située au-dessus, privée de communication avec les racines par la mortification de la portion intermédiaire, se dessèche et meurt,

Le germe de la maladie réside dans le sol. Des plantes saines, plantées dans une terre qui a donné asile à des sujets malades, ne tardent pas à s’infecter ; mais la maladie doit également se transmettre par l'air, le mode d'attaque le prouve surabondamment.

Il n’y a pas de traitement à opposer à cette maladie et cela se concoit, car la destruction du bacille entrainerait celle du tissu qui lui donne asile. On doit se borner à éviter l’envahissement des jeunes plants, »

Nos observations et la pratique constante de la culture des Clématites nous ont amenés à penser que plusieurs des maladies examinées plus haut étaient consécutives les unes aux autres. Il ne serait pas impossible que la présence des Nématodes sur les racines, provoquant un affaiblissement constitutionnel, ne prépare ainsi un champ de culture favorable soit à l'infection bactérienne, soit à la pro-

pagation des champignons. De même que, probablement, l’une de ces deux maladies doit s'implanter à la faveur de la décomposition ou de la dépression végétative occasionnée par l’autre.

Quoi qu'il en soit, nous sommes en mesure d'affirmer qu'un ensemble de moyers préventifs permettra de préserver les Clématites des maladies auxquelles elles sont exposées. Il ne faudra pas craindre, dès leur plus jeune âge, de leur distribuer des soufragesrépétés, comme nous l'avons indiqué plus haut. On complétera ces précautions par les sulfatages à la bouillie bordelaise. Une pincée de soufre, jetée au pied des plantes, dès leur entrée en végétation et renouvelée de temps à autre, sera encore un préservatif et efficace. Les terres employées pour la confection des composts devront être exemptes de tous débris organiques en voie de décomposition humide ou plutôt de pourriture. Il faudra être certain que la terre franche n'aura reçu, depuis quelques années, ni Pomme de terre, ni Betterave ou tout autre végétal pouvant entretenir les bactéries. On pratiquera la plantation comme nous l'avons indiqué au chapitre V, p 78. La substitution du sol plus ou moins usé ou encombré de matières humiques, par une terre analogue en tous points à celle du compost, est surtout nécessaire. Enfin on devra se garder de tolérer dans le voisinage des Clématites tous les corps, quels qu'ils soient, en voie d’une décomposition quelconque. | |

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