‹ Les clématitesChapitre 38 sur 46 · EX · texte numérisé non relu

EX

LES BIGNONES 133

sur les murs des habitations el sur les clôtures, Il en existe plusieurs variétés dont voici les principales :

— aurantiaca, à fleurs un peu plus petites que dans le type et rouge orangé pâle.

— flava, à fleurs presque jaunes,

— major, à leurs plus grandes que celles du type.

— minor, à fleurs moins grandes, mais de couleur plus foncée.

— præ&coz, à floraison plus hâtive.

— Prince, à fleurs très grandes et d’un rouge vif; feuillage petit; variété américaine ayant les apparences du B. grandiflora.

— speciosa, peu grimpant et devenant arbustif quand il manque de support; très florifère.

— rubra, à fleurs presque rouge vif.

— Thunbergu, Sibth., à fleurs petites, rouge foncé et tardives. Variété introduite du Japon, sans doute à l’état cultivé, car le type est nord-américain. Peu grimpant.

Bignonia grandiflora, Thunb. 2, chinensis, Lamk ; Tecoma grandiflora, Delaunay. Bignone à grandes fleurs. — Arbrisseau moins élevé que le précédent, quoique très sarmenteux et à gros bois rougeàtre. Feuilles opposées et composées de trois à cinq paires de folioles plus grandes que dans l'espèce précédente, ovales-lancéolées où acuminées, dentelées et d'un plus beau vert. Fleurs également disposées en bouquets au sommet des rameaux de l'année, bien plus grandes et à tube plus court que celles du B. radicans. Calice plus évasé et à limbe beaucoup plus ample, formé de cinq grandes divisions étalées, arrondies et d'un beau rouge écarlate brillant; les

134 LES BIGNONES

pédicelles sont en outre pourvus de deux glandes. La floraison commence en juillet. Cette belle espèce est originaire du Japon, d'où elle à été introduite en 1800. Quoique un peu moins rustique et moins robuste que le Bignone de la Virginie, on lui accorde souvent la préférence en raison de l'élégance et de l'ampleur de ses fleurs. $es principales variétés sont:

— rubra (T. radicans rubra X T. grandiflora atropurpurea), à fleurs plus rouges et plus florifères que le type. 18583.

— Me Galen (T. grandiflora rubra X T. Manglesü), très florifère et seul réellement remontant. Il se forme sur tige et sa floraison est remarquable et de très longue durée 1889,

— sanguinea (atropurpurea), fleurs d'un beau rouge pourpre ; très florifère.

Les deux premières variétés ont été obtenues par M. Sahut, de Montpellier, à qui nous devons les indications de leur origine.

Bignonia capreolata, Linn. Bignone orangé, Bignone à odeur de café ; Bignone à vrilles. — Arbrisseau grimpant, à rameaux rudes, eflilés et allongés, à feuilles persistantes ; les inférieures composées de trois folioles ovales, cordiformes à la base, acuminées au sommet et à bords entiers, tandis que les feuilles supérieures ne présentent que deux folioles opposées, Ja troisième étant remplacée par une petite vrille trifide. Les fleurs sont pédicellées et fasceiculées par deux-cinq à l'aisselle des feuilles ; le calice est membraneux, presque entier ou à cinq dents courtes ; la corolle est rouge orangé en dehors et jaune en dedans. La floraison a lieu en juin-juillet.

LES BIGNONES 135

Introduit de la Caroline en 1710, — Cette espèce est plus rare dans les jardins que les précédentes, sa rusticité n'étant pas absolue, mais ses fleurs sont intéressantes par les deux couleurs qu'elles présentent et son feuillage est persistant. Le PB. capreolata s'accroche à son support à l’aide de vrilles, comme le B. radicans.

Une quatrième espèce est mentionnée par Lavallée, sous le nom de 2. lucida, Lodd, comme originaire de l'Amérique du Nord et sa variété sempervirens a dû être cultivée autrefois. Miller la décrit dans sen « Dictionnaire des jardiniers » sous le nom de « Bignonia à fleur jaune ».

Des nombreuses espèces de Bignones exigeant la serre sous notre climat septentrional, quelques-unes, celles de serre froide, résistent en plein air sur le versant méditerranéen, dans le Var et les Alpes- Maritimes surtout, où tant d’autres plantes exotiques prospèrent du reste d'une façon parfaite.

La portée de ce livre n'étant pas exclusivement limitée au nord de la France, nous croyons devoir mentionner ici quelques-unes des espèces demirustiques les plus remarquables.Ces espèces sont, du reste, recommandables pour orner les serres froides et les jardins d'hiver quand elles peuvent y être plantées en pleine terre.

Toutes les espèces ci-après décrites appartiennent botaniquement au genre Tecoma,

B. australis, R. Br. Syn. Tecoma australis, R. Br. ; T'. diversifolia, G. Don ; Bignonia Pandorra, Vent. — Grand arbrisseau grimpant, à feuilles composées ordinairement de neuf folioles étroitement oblongues,

136 LES BIGNONES

presque linéaires et entières où à peu près. Les fleurs, réunies en panicules làches et terminales, sont blanc jaunâtre et teintées de pourpre rougeà-

tre à l’intérieur, avec de larges lobes. Fleurit en juin. Introduit de l'Australie en 1793.

B. capensis, Lindl. Syn. 7. capensis, Lindl, — Arbrisseau de 4 à 5 mètres, à feuilles composées de quaire paires de folioles ovales, dentées et poilues à l'aisselle des nervures de la face inférieure, Les fleurs sont d'un beau rouge écarlate orangé, à corolle longuement tubuleuse, avec les étamines saillantes et réunies en grappes compactes. Fleurit en août. Introduit du Cap en 1824. — Ce beau Bignone est assez répandu, car il s’accommode bien en outre de la culture en caisses. Lorsqu'il est soumis chaque année à une taille courte et à des pincements successifs pendant le cours de l'été, il forme des touffes buissonnantes, qui se couvrent de fleurs pendant la beile saison, époque durant laquelle onle met en plein

air, à exposition chaude. L'hiver, on devra le rentrer en orangerie.

B. jasminoides, A. Cunn. ‘'ecoma yjasminoïdes, Lindi. — Arbrisseau grimpant, atteignant 6 mètres, à feuilles composées de cinq à sept paires de feuilles ovales, acuminées et entières. Les fleurs sont blanches, striées de rouge à la gorge, agréablement odorantes, à lobes très amples, arrondis, étalés horizontalement et ondulés ; elles forment par leur réunion d'élégantes panicules terminales et compactes. Fleurit en août. Introduit de l'Australie en 1850. — Cette belle espèce est assez fréquente dans

| VO À EE Jen {+

Le

Re LA LES BIGNONES 137

les collectionset justement estimée pour la beauté de ses fleurs.

B. Stans, Linn. Z'ecoma Slans, Juss. — Arbrisseau dressé, glabre, à feuilles composées de trois paires de folioles lancéolées, acuminées et profondément dentées. Les fleurs sont jaunes, longues de 3 ou 4 centimètres, disposées en grappes paniculées, terminales, s'épanouissant en été. Introduit de la Martinique dès 1730. — Il en existe une variété apüfolia, Hort., nommée aussi Pignonia incisa, Hort, (Tecoma incisa, Sweet), à feuilles profondément incisées, presque pinnalifides, qui a été introduite du Mexique.

Emplois horticoles. — Les trois premières espèces de Bignones décrites précédemment étant rustiques sous le climat parisien, on les emploie avantageusement, comme ies autres arbustes grimpants, pour orner les murs, les treillages, les grilles, les piliers, les constructions rustiques, les toits de chaume, etc. Tous préfèrent les expositions chaudes et ensoleillées. Le Bignone de la Virginie étant très vigoureux, il faut qu'il puisse disposer d'une surface assez grande pour pouvoir s'y étendre à son aise et c'est surtout lorsque sa ramure est déjà forte qu'il devient très décoratif par l'exubérance de sa végétation et Pabondance de sa floraison. Planté au pied d’un mur brut, ses rameaux s’y fixent d'eux-mêmes et solidement à l'aide de leurs crampons et ne nécessitent alors aucun soin de palissage. Sur les habitations, on peut le faire filer le long des entablements, autour des fenêtres, en forme de guirlandes, comme la Glycine. Seslongs rameaux retombants etterminés

138 LES BIGNONES

chacun par un gros bouquet de fleurs font alors le plus bel effet. C'est, du reste, à cause de ce port retombant qu'il convient d'étendre ses branches assez haut, sur le sommet des grilles par exemple, afin que ses rameaux fleuris produisent tout l'effet dont ils sont susceptibles. Enfin, sa grande vigueur lui permet d'atteindre plus de 10 mètres de haut et, à ce titre,il est tout indiqué pour tapisser, sans secours de treillage, les grands murs nus des habitalions.

Le Bignonia yrandiflora peut aussi atteindre une grande haüteur, mais il n'émet pas de crampons adventifs et a par suite besoin d'un treillage pour pouvoir grimper de toute sa hauteur. Ses fleurs, bien plus grandes et remarquablement plus belles, lui font souvent accorder la préférence, bien qu'il soit moins vigoureux, plus lent à se développer et moins résistant aux grands froids.

Le PBignonia capreolata est une belle plante, très grimpante,recommandable par son feuillage persistant et l'abondance de sa floraison. Il suffit de le

planter dans un endroit bien exposé, dont le sol soit.

léger, sain et d'en couvrir le pied pendant l'hiver.

Culture. — Sous ce rapport, les Bignones sont fort peu exigeants. Presque tous les terrains leur conviennent ; ils préfèrent cependant ceux de nature fertile et qui conservent de la fraicheur pendant l'été. Une fois plantés à demeure, il n'y a pour ainsi dire plus à s’en occuper, si ce n’est pour diriger leurs rameaux dans le sens où l’on désire qu'ils s'étendent et de les palisser s'ils ne se fixent pas d'eux-mêmes.

Les fleurs se développant à l'extrémité des rameaux de l'année, on peut supprimer ces rameaux

Page 1