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théâtres , avaient accordé au Prince des Sots une loge particulière dans la salle où ils donnaient leurs représentations. Est-ce la même loge dont il est ici question ? et le Royaume de la Bazoche avait-il le droit de se servir de cette loge comme appartenant à un de ses suppôts? Il est à croire que c'était une loge spéciale, car il est dit, dans les statuts conservés par l'historien anonyme , que cette loge avait été accordée à la prière du Prince des Sots. Chaque année , vers le carême, les trésoriers de la société se rendaient à l'hôtel de Bourgogne pour y prendre une collation et fournir les tapisseries et armoiries nécessaires à l'ornement de la loge. Ils invitaient les administrateurs de l'hôtel à se rendre au Palais de justice pour assister à la plaidoirie de la cause solennnelle , et à donner à la Bazoche la représentation à laquelle ils étaient obligés.
Cette obligation, comment avait-elle été imposée aux administrateurs de l'hôtel de Bourgogne? Ce fut, sans doute, un accord entre eux et les bazochiens, en vertu duquel ceux-ci renoncèrent complètement à jouer la comédie.
Un arrêt du Parlement, du 16 septembre 1639, rapporté par l'historien anonyme et par Brillon, maintient non-seulement à la Bazoche son droit à la loge de l'hôtel de Bourgogne , mais il reconnaît encore formellement la juridiction des clercs, tant au civil qu'au criminel.
L'intervention de la corporation des clercs dans le mouvement dramatique des XVe et XVIe siècles paraît avoir été toujours considérée par les sociétaires euxmêmes comme un divertissement sans importance. Cela çst tellement vrai que l'auteur anonyme des statuts ne
regarde pas comme digne d'attention la partie historique de la société qui touche aux spectacles; il ne s'en occupe pas , et considère cette question comme bien au-dessous de l'importance de son sujet. Il cite avec complaisance les cérémonies de la plantation du mai et des montres générales de la corporation entière, mais pas un mot sur les pièces de théâtre. Il aurait pu rapporter un des nombreux arrêts du Parlement relatifs à cette partie intéressante de la société; mais il semble qu'il cherche à éviter tout ce qui a trait à cette question.
« J'omettais, dit-il, de parler d'un autre privilège, celui d'avoir une loge à l'hôtel de Bourgogne; » mais il n'explique pas comment ce privilège fut concédé. C'est qu'avant l'époque où il écrivait son essai, malheureusement trop incomplet , les comédiens étaient tombés dans un grand discrédit. « Maintenant, dit-il, que la comédie est en grande recommandation , que les acteurs sont entretenus par Sa Majesté , ils cherchent à s'exempter de nous donner la comédie le premier jour de carême. » Ce sont à peu près tous les aveux que fait l'historien anonyme sur ce côté éminemment curieux de la société dont nous esquissons l'histoire.