SOT-CORROMPU
Procureurs, advocatz, procureurs, advocats.
Sot-Glorieux représente ici les seigneurs qui guerroyaient sans cesse avec leurs voisins et qui opprimaient leurs vassaux. Je ferai plourer maintes larmes, est un joli vers ; l'auteur probablement ne s'en doutait pas quand il l'écrivit.
Tous ces personnages se mettent à reconstruire un nouveau monde qui doit être supporté par des piliers. On commence par celui de Sot-Dissolu , c'est-à-dire par celui de l'Église. On veut y placer d'abord Dévotion, qui ne convient pas , et qui est remplacée par Hypocrisie , puis par Chasteté; mais rien ne peut tenir, tout tombe; enfin il s'achève après de nombreux essais.
Le rôle de Sot-Glorieux, ou plutôt de la noblesse, est peut-être encore plus violent par l'audace de la critique. Il ne faut pas perdre de vue que cette pièce se jouait sous un monarque qui favorisait par calcul les représentations
théâtrales :
Libéralité interdite Est aux nobles par avarice; Le chief mesme y est propice , Et les subjects sont si marchans Qu'ilzse font laiz, sales marchans ; Nobles suyvent la torcherie (1).
Le chief mesme y est propice. Ce vers s'adressait à
Louis XII , qui ne se fâcha pas :
« J'aime mieux les faire rire avec mon avarice que si
mes dépenses les faisaient pleurer. »
(1) Pillerie, torcherie, signifiaient pillage et bataille.
L'avarice de Louis XII était plutôt l'économie avec laquelle il administrait les finances de l'État. Cette critique est un trait qui l'honore plus encore que son indulgence pour les bazochiens.
Le pilier de la Justice, représenté par Sot-Corrompu , est construit de la même manière que les précédents. Abus , s'adressant à lui : Voicy votre tour. — Preneç Justice pour en établir le fondement , dit Sot-Corrompu.