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LE LAC DES QUATRE-CANTONS ET SES ENVIRONS

Les bords de ce lac , le plus pittoresque de la Suisse, présentent de nombreuses localités favorables pour des malades ; les unes sont bien abritées, comme Waeggis (740), et ont un climat aussi doux que celui deMontreux.

D'autres, plus élevées et tournées vers le nord, participent jusqu'à un certain point de la température des montagnes qui les environnent. Passons en revue celles qui jouissent d'une atmosphère alpestre et peuvent être choisies par les personnes débilitées , nerveuses ou gastralgiques, en faveur desquelles nous avons entrepris ce long voyage au travers de nos Alpes.

Au premier rang, quant à l'altitude, vient le Kaltbad (1456) sur le Righi, où de nombreux malades viennent chaque année respirer un air vif et essentiellement tonique, et par conséquent très-bien adapté aux constitutions délabrées, aux estomacs paresseux, aux personnes atteintes de faiblesse musculaire , aux hypocondriaques assombris par leurs souffrances de chaque jour, et à tous ceux dont l'hématose incomplète doit être stimulée par un air alpestre constamment renouvelé. Mais toutes les personnes qui ont des palpitations ou sont disposées aux hémorragies, aux congestions céphaliques et pulmonaires, devront éviter un séjour trop excitant pour elles. Il en est de même des phthisiques dont la maladie est déjà bien avancée. L'eau froide est un précieux adjuvant du séjour au Kaltbad.

En face du Righi et sur un promontoire élevé de 295 mètres au-dessus du lac de Lucerne, se trouve Seelisberg ; (733) village admirablement situé non loin du Griitli et de la portion du lac qui s'étend de Brunnen à Fluelen, dans l'une des positions les plus ravissantes de ce pays où les beaux sites abondent de toutes parts. L'hôtel du Sonnenberg est adossé vers l'ouest contre une paroi de rochers, et flanqué à droite et à gauche de deux contre-forts boisés qui le protègent contre les vents froids. Il résulte de cette position abritée que le climat de Seelisberg est tempéré quoique participant de celui des montagnes qui l'en«

tourent. Au reste, le voisinage des belles forêts de sapins permet de trouver la fraîcheur et de se promener à Pombre et sans fatigue. L'abord, depuis le lac, n'est pas trèsfacile , il faut y arriver à pied ou se faire porter dans d'excellentes chaises que Ton trouve au bas de la colline. Seelisberg est très-recherché par les Bâlois, les Zuricois et les Lucernois, qui retiennent leurs chambres une année à l'avance pour y passer quelques semaines de l'été. Les logements et la nourriture sont simples mais suffisants.

Le climat et la position d'Engelberg (1033) forment, à quelques égards, un contraste parfait avec le précédent. Situé au pied du Titlis, non loin des glaciers et au fond de la vallée de PAa. Ce village jouit d'un climat vif, tonique, peu variable et convient aux convalescents ^ aux chlorotiques et aux hypocondriaques, qui peuvent ajouter aux bons effets de l'air ceux d'une cure de petit lait de chèvre. Les logements de l'hôtel de l'Ange sont propres et la nourriture ne laisse rien à désirer, en sorte que tout concourt pour faire d'Engelberg une excellente station sanitaire qui mérite pleinement sa réputation.

Si nous remontions l'Unterwald, nous trouverions beaucoup de sites favorables, mais qui jusqu'à présent n'ont point été choisis dans un but médical. Il en est de même de l'Entlibuch où existent de grands et beaux villages, tels que Schupfheim (737) et Enthbuch (734) qui sont l'un et l'autre , et principalement ce dernier, bien situés et à l'abri des vents du nord.

Dans les environs de Zoug, il existe un établissement de bains, le Geissbad (714), où l'on va faire des cures de petit lait et dont Pair plutôt tempéré et peu excitant, convient aux personnes délicates dont la poitrine exige certains ménagements.

Enfin, la dernière localité que je doive mentionner dans ces environs est le Stossberg (2127), où l'on vient de construire un bon hôtel dans une position favorable pour les valétudinaires affaiblis et délabrés.

7° SAINT-GALL, APPENZELL, THURGOVIE ET SCHAFF-

HOUSE. Ces divers cantons sont situés dans la partie la plus septentrionale des Alpes suisses, et présentent de nombreuses localités propres à remplir le but sanitaire qui nous occupe,

La ville de Saint- Gall (676) est presque un séjour de montagne, vu son altitude et le voisinage des hautes sommités ; l'on peut en dire autant d'Appenzell (763), d'Hérisau (756) et surtout de Trogen (905), qui en sont situés plus près encore. Mais pour passer à des lieux vraiment recherchés par les malades dans ces environs, nous devons mentionner Gais (924), où l'on vient passer les mois chauds pour y respirer un air tempéré et y puiser des forces , tout en faisant la cure de petit lait de chèvre qu'affectionnent particulèrement les habitants de ces contrées. Trois autres stations sont aussi très-fréquentées, ce sont Heiden (787) , Heinrichsbad (767) et Weissbad (820), où l'on trouve aussi des établissements du même genre que celui de Gais.

Les cantons de Thurgovie et de Schaffhouse ne nous offrent presque rien à noter sur le sujet qui nous intéresse, à l'exception néanmoins d'une pension au Wolffsberg (524) sur les versants boisés qui descendent du côté du lac de Constance et du village de Lohn (598), non loin du point culminant de Riat, dans une bonne exposition, beaux points de vue.

8** LES GRISONS ET LE TESSiN. Nous voici parvenus, après un long voyage, sur les plus hauts plateaux de la Suisse, ceux des Grisons, et dans les régions les plus basses, celles du Tessin.

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Nous ne nous arrêterons pas longtemps sur ce dernief canton, dont les longues vallées contiennent bien des sites montueux, mais qui ne sont point fréquentés dans un but sanitaire , malgré que leur situation répondît à ce que Ton peut désirera cet égard; c'est le cas de Faido(726), dans la vallée du Tessin, et de Olivone (640), dans la vallée supérieure du Bregno, et du site où l'on trouve dans la même vallée Feau ferrugineuse connue sous le nom ù^Aqua Rossa,

Les grandes et belles vallées des Grisons ne nous offrent pas de grandes ressources au point de vue sanitaire. L'on y rencontre, il est vrai, quelques bains secondaires situés à une assez grande hauteur, mais qui ne sont pas tous très-confortables : c'est le cas de Saint-Peters (1436), où l'on a construit, en 1855, un nouvel établissement, qui occupe une belle position au centre d'une vallée large et pittoresque ; de Peiden, près d'Ilanz (725), dans une gorge profonde et sauvage; de Tusis (731), dans la vallée du Rhin postérieur, où il y a de bons hôtels et un établissement très-fréquenté ; à Andeer (976), au nord de la Via Mala, qui possède aussi de bons hôtels et une maison de bains très-bien tenue.

Mais les deux stations les plus élevées des Grisons et qui sont, en même temps, les deux bains les plus hauts placés de l'Europe, sont ceux du Saint-Bernardin et de Saint-Moritz.

Le premier, situé sur la pente méridionale du Saint- Bernardin, à la hauteur de 1754 mètres, est bien pourvu en hôtels, où le logement et la nourriture sont très-satisfaisants. L'air y est vif et cependant plus tempéré qu'on ne devrait s'y attendre, vu l'altitude considérable; en conséquence, sans doute, de son exposition vers le sud. Les eaux du Saint-Bernardin sont ferrugineuses et alca-

liues ; leur emploi couvieiit aux personnes débilitées et dont le sang est appauvri ; mais ce qui doit surtout contribuer au bien-être produit par la cure , c'est Tair vif que Ton respire au St.-Bernardin.

A l'extrémité de la longue et haute vallée de TEngadine se trouvent les bains de Saint-Moritz (1786), dont les sources ferrugineuses ont une réputation croissante et méritée. On y jouit d'un climat essentiellement alpestre, la chaleur est modérée pendant les mois d'été, et les soirées toujours fraîches. Cette atmosphère excite à toute Féconomie une grande activité fonctionnelle, d'où résultent des digestions faciles , des forces musculaires énergiques et une grande liberté de respiration et de circulation. L'on comprend, dès lors, combien les circonstances atmosphériques doivent aider au succès de la cure ferrugineuse. Aussi ne doit- on point être étonné que les eaux les plus chargées en sels de fer que l'on rencontre en Europe, administrées dans l'établissement le plus élevé de notre continent, puissent faire des cures merveilleuses, et que leurs hôtes deviennent chaque année plus nombreux. Saint-Moritz possède , en outre, le privilège d'un excellent directeur des bains, le D"^ Brugger, de Samaden.

Non loin des Grisons et sur le versant méridional des Alpes se trouvent les bains de Saint-Martin, dansla Yalteline. Cette localité sauvage et pittoresque est située à iM5 mètres et tout entourée de hautes sommités couvertes de glaciers. Aussi l'hiver y dure-t-il neuf mois, et l'arrivée tardive de la chaleur ne permet de visiter ces bains que dans les mois de juillet, août et septembre. L'air y est vif et a tous les caractères que nous recherchons pour un séjour fortifiant. Mais les variations de température y sont brusques et considérables, en con-

séquence des courants qui suivent les vallées du Stelvio, du Val Turba et de la Frsela.

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