‹ Les Clouet et Corneille de LyonChapitre 15 sur 27 · MARIE STUART · texte numérisé non relu

MARIE STUART

D’après la miniature de Windsor.

eût été mille fois plus à l’aise et mieux servi par ses moyens. Même dans les crayons, les meilleurs ne sont pas toujours ceux des puissants du monde. Catherine de Médicis, fière de ses arts florentins, traitait les peintres français avec une brusquerie et un dédain capables de paralyser les plus braves. Rarement trouvait-elle un portrait de son goût, parce que sa façon d’envisager, toute féminine, différait absolument de celle d’un imagier habitué à copier le vrai, et incapable d'embellir. Clouet s’imposait à elle par son titre officiel, mais il ne paraît pas qu’elle l’ait tenu en plus de considération que les autres. Une fois, elle refuse l’effigie de son fils, destinée à la frappe d’une médaille, parce que ce jeune garçon, encore mal formé, n’avait pas l’air assez

LES ARTISTES CELEBRES

royal1. Il y a de ces choses dans ses Lettres. Pour nous, qui n’avons plus les memes raisons de discuter les ressemblances, et qui ne jugeons que sur la prodigieuse somme de talent dépensée par les deux grands artistes dont nous venons d’écrire cette notice un peu sommaire, nous saluons en eux les précurseurs de nos grands portraitistes modernes, eux qui, tout naïfs encore et un peu primitifs qu’ils fussent restés, n’auraient guère à apprendre à l’heure présente s’ils ressuscitaient et reprenaient leurs crayons.

i. Lorsque Claude de Héry, tailleur général de la monnaie, avait fourni sur ordre un poinçon à l’effigie de Charles IX, Clouet fut mandé au bureau de la cour pour en donner son avis. 11 trouva le tout très bien « et fort approchant du roy en l’eaige qu’il estoit à présent ». Charles IX ne fut point de cet avis, et il transmit ses remarques au président de Mesmes, le 7 février 1570. Comme il avait été malade entre le temps de la gravure et celui de la réception, il ne se ressemblait plus. « Monsieur, écrit de Mesmes à Héry, vostre paquet a esté présenté au roy longtemps après mon arrivée, à cause de sa maladie, laquelle a faict aussi peult-estre juger vos testons moins ressemblants à son visage. La royne (Catherine) en a faict le jugement, qui n’a garde de trouver bonne aucune portraicture de luy, car à ce que nous avons veu et voyons à toute heure, nul peinctre peult suffire pour le représenter... » Archives nationales, Monnaies, Z. 3176, fol. 3e5.)

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