‹ Les Clouet et Corneille de LyonChapitre 16 sur 27 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Corneille ou Cornélis de La Haye, dit Claude (?) Corneille de Lyon.

La confusion entre ce peintre et les Clouet. — Ses œuvres connues aujourd’hui.

On a parlé jusqu’ici de Corneille de Lyon comme on parlait autrefois de Zeuxis ou d’Apelle, sur la foi de récits contemporains qui lui donnaient une bonne place dans la portraiture française. Robert-Dumesnil, dans son Peintre-Graveur', lui attribuait de maigres et pénibles effigies des rois de France, sur la signature C C (Claude Corneille, croyait-il) rencontrée en marge de ces portraits. Il le diminuait inconsciemment. D’autres le grandissaient sans y voir plus clair, et, comme M. le comte L. de Laborde, dans la Renaissance en France , lui donnaient, sans préambule et de bonne grâce, plusieurs peintures parmi les meilleures du xvie siècle. Je voudrais avoir fait un peu de lumière dans ce fouillis d’expressions contradictoires, et avoir ramené à ses proportions vraies cet artiste estimable et consciencieux, dont la séparation d’avec les Clouet, pour n’etre point encore bien établie, n’en est pas moins très grande, ainsi que je le vais dire.

Longtemps Corneille ne fut connu que par un passage de Brantôme, où le conteur rapporte un voyage fait à Lyon, en 1 5 64? Par Ia cour de France. La reine Catherine, venue autrefois à Lyon, en 1548, avait retrouvé à son second voyage les portraits peints de tous les seigneurs et dames qui l’avaient accompagnée alors, et cela chez un homme de métier modeste, le peintre Corneille, qui avait eu loisir de les dessiner lors de la première visite. Corneille avait dû se contenter de crayons, car la reine, qui ne s’était jamais vue « parachevée », témoigne son étonnement féminin de sa toilette d’autrefois. Elle prend à témoin le duc de Nemours de la vérité de ces modes, lui qui était un des compagnons du premier voyage

1. Robert-Dumesnil, le Peintre-Graveur, VI, p. 7. Est-ce Robert-Dumesnil qui avait inventé ce nom de Claude, qu’on ne voit jamais accolé à celui de Corneille dans les pièces authentiques?

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