CH;AP ITRE II
François Glouet, dit Janet, successeur de son père en titre de peintre à la cour (1540-1 572).
Son art et ses œuvres.
François Glouet, fils de Jean Clouet et de Jeanne Boucault, était né à Tours avant l’année i522. Suivant toute apparence, il approchait de la trentaine lorsque son père mourut, et il s’était assez instruit et perfectionné dans l’art du portrait pour qu’on lui continuât tout naturellement l’office paternel. Aussi bien les lettres du roi datées de 1 5 4 1 , en lui faisant don des meubles et immeubles de Jean Clouet, échus à la couronne par droit d’aubaine, lui décernaient dans leur préambule un véritable certificat d’aptitude : tout en reconnaissant le grand talent du père en son métier, François Ier ajoutait : « en quoi sondict fils l’a desja très bien imyté et espérons qu’il fera et continuera encores de bien en mieux cy après. »
Mais, en dépit de ce document assez précis, l’entrée de François Clouet à la cour n’avait point été fixée encore à la date juste. Suivant M. de Laborde, cela avait dù être aux environs de 1 5q5 ; d’autres disaient 1 5 4 1 . Le manuscrit français 21450 à la Bibliothèque nationale le montre positivement installé à 240 livres de gages annuels dès 1640, au lendemain de la mort de son père. Il y a même cette particularité qu’il s’y trouve tout seul jusqu’en i5q6, époque à laquelle on lui adjoint Léonard Limousin, l’émailleur, à 1 20 livres de gages. Lors du décès du roi François, il touche six aunes et demie de drap noir à 4 livres l’aune pour porter le deuil. (Ms. Clairambault, 1216, fol. 60.) Puis il devient peintre du roi Henri II aux mêmes prérogatives, avec un sous-ordre, Guillaume Boutelou, peintre de Blois. En i55i, il est nommé commissaire au Châtelet, en survivance du sieur Nicole Durand. (B. N. Ms. fr. , 5 1 28, p. 59), sans pour cela quitter son office de peintre. En décembre 1 5 5 9, on le crée contrôleur général des effigies de la monnaie en remplacement de Claude de Héry; il précédait Germain Pilon dans cette charge. Le 21 septembre, il faisait son testament en présence du curé de Saint-Merry, dans la maison qu’il possédait rue Sainte-Avoye ; on voit qu’il n’avait point été marié, qu’il laissait