PORTRAIT DE MADAME DE FLEURY
Crayon du Cabinet des Estampes, présumé de François Clouet.
LES ARTISTES CÉLÈBRES
Et c’était tout, absolument tout. Pour le ravissant portrait de la jeune Elisabeth d’Autriche on raisonnait par intuition ; de même à l’égard de quantité de crayons, de miniatures éparpillées, et qui pour montrer des dames ou des seigneurs du xvie siècle recevaient aussitôt et sans hésitation un état civil péremptoire et indiscuté. A l’heure actuelle, après avoir tourné et retourné dans tous leurs sens la plupart de ces effigies, les avoir étudiées au double point de vue du personnage représenté et de leur fabrication, après avoir consulté tous lesinventaires anciens, ceux de Gaignières surtout, je ne sais guère que deux ou trois pièces indiscutables, et c’est par des raisonnements critiques peut-être un peu subtils que je me permettrai d’y joindre sous le nom de François Clouet une centaine de crayons, hors de pair il est vrai, mais qui souffrent d’un reste d’hésitation.
Admettons sans réserves le Charles IX de Vienne comme une œuvre authentique, il n’y faudrait point chercher une des besognes maîtresses du peintre. Le jeune prince y est représenté en pied, et ce fut sans aucun doute le portrait envoyé à la cour de l’empereur Maximilien II au moment du mariage de Charles IX avec Elisabeth d’Autriche, en i5;o. Né en i55o, Charles avait alors juste vingt ans. François Clouet arrivait au terme de sa carrière; son art, cantonné dans les portraits en buste où la physionomie jouait le plus grand rôle, est moins à l’aise dans un travail où apparaît le corps entier. On retrouve dans le portrait de Charles IX quelques-unes des erreurs qu’on remarque dans le François de Guise du Louvre, également en pied et qui avait appartenu à Gaignières’, une certaine raideur de pose, un embarras à camper justement le corps, peutêtre un manque de proportions entre la tête et les extrémités. Il se trouve cependant que les deux seules œuvres réellement, sûrement de Clouet, sont précisément de celles qu’il faisait le moins volontiers. Ce duc de Guise dont nous parlons avait été dans les galeries de Roger de Gaignières, et cet amateur si prudent, si consciencieux, n’hésite point à le donner à Clouet. Sans doute en rapprochant ces deux pièces authentiques des crayons et des autres peintures attribuées à Clouet par les catalogues, on est forcé de reconnaître un grand air de famille; ce sont les pareils
i. Ce portrait de 23 cent, de haut sur 16 de large porte le n® ii3 du Musée (École française). Il était donné à Clouet sur l’inventaire de 1841. Je n’ai point eu occasion de constater si le cachet de Torcy se trouvait appliqué au revers, mais il doit y être. Il est copié pour Gaignières dans le recueil Oa 17, fol. 24, du département des Estampes de la Bibliothèque, avec la mention de Clouet.
moyens de toucher légèrement, d’écrire à peine son intention, en transparence, sans duretés ni empâtements. Il serait- presque puéril aujour-