‹ Les clubs contre-révolutionnairesChapitre 32 sur 73 · DE L'IMPRIMERIE NATIONALE · texte numérisé non relu

DE L'IMPRIMERIE NATIONALE

Une seconde liste et une liste supplémentaire parurent en octobre 1791, à l'époque où ce club modéré était en pleine vigueur, c'est-àdire une année environ après sa formation.

Seconde liste des Feuillants, sans date, suivie d'une liste supplémentaire, en date du 4 octobre 1791. Total, 798 noms (7),

(1) En 1791, il combattit la réclamation relative à la séquestration des biens des émigrés.

(2) Protesta contre le 31 mai, à Bordeaux, et fut exécuté le 2 novembre 1793.

(3) A été membre du Conseil des Anciens.

(4) A été un des membres les plus actifs du club.

(5) A été député de la Manche au Conseil des Anciens, puis membre du Tribunal, enfin conseiller à la Cour des comptes,

(6) Fut accusé, en 1792, d'avoir menacé la garnison de Verdun de la faire fusiller, si elle résistait aux Prussiens.

(7) Bib. Nat., Lb 40/805, in-8°. Le Comité de police et de surveillance trouva la

Liste des membres composant le Club des Feidllans, dont d'André

étoit président :

Angot (Louis-Hector-Amédée), député, rue de Lafayetle.

Aubry-Dubochet, député, rue Caumartin, 18.

Allart-Thévenin, entrepreneur de bâtiments, rue d'Argenteuil, 139.

Aubert, député, rue de l'Université, hôtel de Rome.

Armand, député, rue Saint-Honoré, 339.

Alquiert (sic), député, rue de Richelieu, hôtel de la Paix.

Audinet (Antoine), rue du Roule, 21.

Allut, député, rue Montmartre, hôtel d'Angleterre.

Adam, député, hôtel de Picardie, rue de Seine, faubourg Saint-Germain.

Adam de Sarguemisnes, député de la Mozelle, rue tie Rohan, 2.

Allart {sic], député de la Vienne.

André (Jean-Jacques), hôtel d'Espagne.

Allart, député, rue Saint-Honoré, café Militaire (1).

Admirault, négociant, rue Saint-Marc, 15.

Agasse, employé à l'Assemblée nationale, rue Croix-des-Petits- Champs, 51.

Audinet, ecclésiastique, rue du Roule, 21.

Arnaud de Corio, hôtel de Valois, rue de Richelieu.

Abeille, négociant, rue Porte-Foin. 14.

André de Nisme, hôtel d'Espagne, rue de Richelieu.

André de Gênes, hôtel des États de Réarn, rue Faydeau.

Amiot, rue Faubourg-Poissonnier, 17.

seconde liste dans les papiei's des Feuillants, le 18 août 1792, comme l'indique la mention ci-dessous, imprimée à la fin de cette liste :

« Cejourd'hui, 18 août 1792, l'an 4° de la liberté, le 1" de l'égalité, en vertu des ordres qui nous ont été donnés par les citoyens-administrateurs du Comité de police et de surveillance, nous nous sommes transpoi'tés chez M. l'Evêque, rue de Caumartin, n" 20, d'après sa déclaration; il nous a remis trois registres et une liasse de papiers, qu'il nous a déclaré être chez lui les seuls papiei's appartenant à la Société des Feillans (sic).

« En vertu de quoi nous avons dressé procès-verbal qu'il a signé avec nous.

K Signé : VÉvêque, Mignard, Bouillon.

« Certifié conforme à l'original, par nous, administrateurs de police, séant à la mairie.

« Signé : Lenfant, Duffort, Punis, Sergent, Jowdeuil, Deforgues, Pierre-Jacq, Dupluin. »

(1) Professeur de droit, combattit, à la Législative, toutes les propositions tendant à l'établissement de la République, protesta contre le 10 août 1792, publia des écrits royalistes, fut condamné à mort et exécuté en février 1794.

Ameille, rue Neuve Saint-Eustache, 28.

Abbema, banquier, rue de Menars, 5.

AUcaume, notaire, rue Croix-des-Petits-Champs, 56.

Anfry, homme de loi, rue de la Jussienne, hôtel de Louis-le-Grand.

Boussion (Pierre), député, cloître Saint-Honoré, maison de l'abbé Champeaux (1).

Besnard-Duchêne, député, hôtel Vendôme, rue des Capucines.

Bion (Jean-Marie), député, hôtel de Londres, rue de Seine, 15.

Bignan, député.

Bouchet de la Getière, ci-devant inspecteur-général des haras, rue du Doyenné, 301.

Billette, député, rue Saint-Honoré, 261.

Billecocq, électeur du département de Paris, rue de Ventadour, 13 (2).

Benoist, député, rue et porte Saint-Bernard, café du Garde-Meuble.

Bouchette, député, rue Neuve des Petits-Champs, 31,

Biaille-Germon, député, rue Saint-Thomas-du-Louvre, oi.

Bidault, député, rue Caumartin, 31.

Burnequez, député, rue Saint-Honoré, 291.

Boissy-Dauglas (d'Anglas), député, cour du Manège, 571.

Blancard, député, rue de Richelieu, Bain royal.

Basquiat, député, rue du Colombier, hôtel d'Angleterre.

Babey, député, rue Caumartin, 31 (3).

Biauzat, député, rue de l'Université, 26.

Bonnet, député, rue Saint-Honoré, 16.

Beauperrey, député, hôtel de Bouillon, quai des Théatins.

Beauharnois (Alex.), député, rue des Petits Augustins, 33.

Baillot, député, rue Plumet, faubourg Saint-Germain.

Bazantin, chevalier de Saint-Louis, chez M. Charles Lameth.

Baudoin-Maison-Blanche, député, rue Traversière, hôtel d'Angleterre.

Bonjour, premier commis de la Marine, rue Royale -place-Louis XV, 17.

Becherel, député, hôtel des Indes, rue Traversière.

Buschey-Dersnoës, député, hôtel Charon, rue Saint-Honoré, 343.

Brevet-Beaujour, hôtel d'Espagne, rue de RicheUeu.

(1) Né en Suisse, en 1733, mort à Liège, en 1828.

(2) Suspect pendant la Terreur, proscrit le 13 vendémiaire an IV comme président de la section de Saint-Roch.

(3) Protesta, à la Convention, contre l'arrestation des Girondins, et dut prendre la fuite.

Besson, employé dans les bureaux des vivres de la Marine, rue Saint- Honoré, 291.

Brostaret, député, rue Saint-Tliomas-du-Louvre, hôtel de l'Union.

Baco, député, hôtel de France, rue Coqueron {sic) (1).

Barnier, principal commis de la Marine, grande rue Verte, 1130.

Bouche, député, rue de Savoie, 6.

Béraud, ancien mercier, rue Saint-Honoré, près Saint-Roch, 272.

Beaulieu, homme de lettres, cour des Jacobins Saint-Honoré.

Boisneuf, garde national, rue Porte-Foin.

Bertaud, chirurgien-major, rue de Bourgogne, 5.

Biétrix de Sault, rue Neuve des Capucines, 70.

Béatrix de Rosières, idem.

Boinville, rue Saint-Lazare, 8.

Blanchard, député, rue Saint-Honoré, 313.

Balluc, député, hôtel de Malthe, rue Saint-Nicaise.

Boissel fils, rue Guillaume, faubourg Saint-Germain.

Buob, juge de paix, rue Basse-Porte-Saint-Denis, 7.

Baigneres, rue des Champs-Elysées, 3.

Bergon, rue de la Michaudière.

Bouchett, chevalier de Saint-Louis, rue du Doyenné, 301.

Breteuil, ancien mousquetaire, rue des Rosiers-au-Marais, 37,

Bonfils, député, place des Victoires, 3.

Brulley, député de Sezannes, rue du Petit Carreau, 27.

Beaupin, homme de loi, hôtel des États-Unis, rue Gaillon.

Baert, député.

Boiettard, député, rue de Chartres, 347.

Brunck, député, hôtel Vendôme, rue Neuve des Capucines, 65.

Bruley (Prudent), député, hôtel Verneuil, rue des Filles-Saint-Thomas.

Béjot, député, hôtel d'Angleterre, vis-à-vis le Palais-Royal.

Bernier, député.

Boulogne, Chaussée d'Antin, 18.

Baumlin, député, rue Saint-Honoré, 291.

Barnave.

Bertrand (Louis-Marie), député, grand hôtel des Tuileries, rue Saint- Honoré.

Bayard, hôtel de Loi, rue Saint-Honoré, 374,

(1) Fut accusé plus tard de fédéralisme, incarcéré à l'Abbaye jusqu'au 9 thermidor,

Boscary, négociant, rue Feydeau, 14 (1).

Borie, chef d'escadre de l'Académie des sciences, quai Gonti, 6.

Brunet, architecte, quai de Grevres (sic), 18.

Belle, député, rue et vis-à-vis l'hôtel de l'Université, 28.

Beugnot, député, rue Traversière Saint-Honoré, 19 (2).

Bergera, député, rue Saint-Victor, 136.

Bounemese, député.

Becquet, député, rue de l'Échelle Saint-Honoré, 18.

Boisrot-la-Gour, député, rue Bourbon Saint-Germain, 37.

Brunet (Charles- François-Camille-Cantin), vérificateur des droits de

l'enregistrement, rue Jean- Robert, 22.

Broglie (Joseph), rue Saint-Dominique, près Saint-Thomas-d'Acquin. Bertrand, vieille rue du Temple, 75.

Bénigne Cœur-de-Moi, rue de l'Arbre-Sec, 82. Badin, électeur, rue Croix des Petits-Champs. Bocquillon, juge de paix, à l'Estrapade.

Boyer, rédacteur de la Gazette universelle, rue Saint-Honoré, 317. Bart, rue de la Soudière {sic), 36.

Bresson (Casimir), négociant, rue de Richelieu, hôtel de Chartres, 31 . Bayneres, hôtel de la Grande-Bretagne, rue Jacob. Brousse Desfaucherets, rue de Paradis au Marais, 7 (3). Brouin, rue du Vert-Bois, 60.

Beaurepaire, rue de Bussy, maison du notaire. Berard l'aîné, rue de Grammont, 10.

Barthélémy, négociant, rue de Chabanois, 3. Boissel, député.

Behic, place Vendôme, 16.

Bergeras, député, rue Saint- Victor.

Bailly, membre du tribunal de cassation. Bréard, rue et île Saint-Louis, 18.

Bertinazi, dit Carlin, rue de Mirabeau, 67. Bénard, homme de loi, à l'Arsenal.

Baert, député, rue de Mirabeau, 18.

Blanchet (Martin), marchand de vin, faubourg Saint-Denis, 47. Branthomme, homme de loi, hôtel et rue de Lameth.

(1) Boscary fut dénoncé comme accapareur au Club des Jacobins, le 24 janvier 1792.

(2) Dénonça Marat et sou journal; siégea avec les constitutionnels.

(3) Littérateur, membre de la municipalité de Paris, etc., quitta la vie politique après le 10 août 1792.

Bonomé, notaire, rue de Chabanois, 13.

Bourgueil, rue Feydeau, 16.

Barrin, rue de Touraine au Marais, 3.

Bochet, régisseur de l'enregistrement, rue faubourg Montmartre, 19.

Boulogne, rue de Mirabeau, 18.

Berthicr, adjudant-général, hôtel de la Guerre, rue Grangue(s/c)-Batelière (1).

Balduc, agent de l'administration des domaines, rue Croix des Petits- Champs, 35.

Butot, banquier, rue Feydeau, 28.

Barre de Saint-Venant, chevalier de Saint-Louis, rue de Bourbon Saint-Germain, 32,

Buffault, rue Chariot au Marais, 13.

Benard (Pierre-François), orfèvre, rue Saint-Martin, 17.

Barranon, régisseur de l'enregistrement, place Victoire.

Bondeville, négociant, ancien officier municipal, liAtel de la Cour de France, rue Vivienne, 16.

Boulland, architecte expert, rue de la Feuillade, 2.

Bonneau, commis à l'administration de la ville, rue Neuve des Petits- Champs, 131.

Cavailhès, député, hôtel de la Dauphine, rue Cocqhéron. Chamseru, médecin, rue du Hasard, 12.

Château-Renaud, député, rue Gunégaut (sic), 28. Carondelet, député, rue de Bourbon, 120. Chazot, secrétaire de juge de paix, rue des Lavandières, 38. Chevalier, député, rue Caumartin, 31, Couppé, député, hôtel d'Angleterre, rue Traversière. Chaisnoux de Bagneux, député, hôtel de Suède, rue de l'Université. Cochon, député, hôtel de Nisme, rue de Grenelle-Saint-Honoré. Castellanet, député, rue Favart, 2.

Chabroud, député, rue Sainte-Anne, 9.

Colonna, député, rue Neuve Saint-Eustache. Claude, député, rue de Lasourdière {sic)^ 13. Chassey, député, rue Saint-Florentin, 2.

Champas, député, hôtel de Penthièvre.

Cellier, marchand de couleurs, rue Saint-Honoré, vis-à-vis celle des Bons-Enfants.

(1) Fut ministre de la guerre sous le Consulat et maréchal sous l'Empire.

Chambon, député, rue Croix-des-Petits-Champs, hùtel du Dauphin.

Coudere, député, rue de Mirabeau, 64.

Gluzel, apothicaire, au Palais-Royal, cour des Fontaines.

Combert, garde-national, rue Saint-Honoré, 344.

Chavoix, député, rue Mazarine, hôtel Brunswick.

Castaignède, député, hôtel Necker, rue de Richelieu.

Grillon, le jeune, député^ place Louis XV.

Cointreau, de la Bibliothèque nationale, rue Golbert, 280.

Gombette, bachelier en droit, secrétaire-greffier de la justice de paix de la section du Roule, rue Verte, H30.

Courandin (Aimé), procureur de la commune d'Angers, hôtel d'Espagne, rue de Richelieu.

Garné, pâtissier, rue Neuve Saint- Roch, 11.

Garoillon-Vaudeuil, citoyen, rue de Bourbon, 152.

Castellane, député, rue d'Anjou-Saint-Honoré.

Gomps, citoyen de Paris, hôtel de Gharol, faubourg Saint-Honoré.

Glerget, député, rue Mêlée, 68.

Gomteval, chevalier de Saint-Louis, rue Vivienne, 30.

Ghabot, capitaine de cavalerie, hôtel de la Rochefoucault, rue de Seine, faubourg Saint-Germain.

Choisy, citoyen actif, hôtel de Genève, rue Saint-Thomas-du-Louvre.

Ghâteau-Neuf-Randon, rue Basse-Porte-Saint-Denis, 16.

Goudere de Lyon.

Ghouard, chez M. Leboucher, commandant de la garde-nationale du Val de la Haie, sur le port, à Rouen.

Ghesnier (sic) (André), rue du Ghanticr, 24.

Ghéron, député, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 116 (1).

Ghéron, fils, homme de loi, idem.

Gastel, député, rue de la Ville-l'Évêque, 47.

Gottin, ancien aide-de-camp de Lafayette, rue Mirabeau, 6.

Goustou, fds, ancien correcteur des comptes, place du Louvre.

Gannac-Saint-André, faubourg Saint-Martin, 40.

Gartier-Dovineau, député, rue Louis-le-Grand, 2.

Grillon (Balbe), rue Ville-l'Évêque, 52.

Ghatenay-Lanty, ancien député, rue Royale-Louis XV, 18.

Ghazot, député, rue et hôtel J. J. Rousseau.

Gomteval, capitaine de dragons, rue Vivienne, 30.

Gasatix, rue Groix des Petits-Ghamps, hôtel de Bourbon.

(1) Littôrateur, incarcéré pciulaiit la Terreur jusqu'au 9 thermidor; mort préfet lie la Vienue, eu 1807.

Croichet, député, hôtel et rue Saint-Thomas-du-Louvre.

Champion, député, hôtel et rue Saint-Thomas-du-Louvre.

Chasteau, député, rue des Petits-Augustins, hôtel d'Orléans.

Cinot, négociant, rue de la Verrerie, 37.

Gottin, chef d'escadron.

Claye, député, rue d'Argenteuil, 14.

Chas, homme de lettres, rue Haute-Feuille, 31.

Collet, député, rue des Fossés Monsieur le Prince, hôtel d'Harcourt.

Constans, rue de Bourgogne, 21.

Crottet, chez M. Drugeon, notaire, rue Sainte-Marguerite.

Cernon, ex-député, hôtel de Hollande, rue de BouUoy.

Chirat, député, rue des Champs-Elysées, 8.

Cramail, père, rue de Moulins, 35.

Chompré, homme de lettres, rue Neuve des Capucins, 18 (1).

Cerisier, homme de loi, rue Saint-Honoré, 317.

Chanovrier, rue des Fossés-Montmartre, 29.

Carteron, négociant, rue des Mauvaises Paroles.

Chauchard, payeur de rentes, rue du Temple, 45.

Caille, médecin, rue de Tournon, 6.

Coubé, député, hôtel de Calais, rue Cocquillière.

Canap, marchand, rue Saint-Martin, 324.

Certain, rue Neuve Saint-Eustache, 28.

Coquebert-Montbret, consul de France, rue de Tournon, 5.

Cholet, rue Royale, porte Saint-Honoré, 17.

Charton, capitaine, rue des Saints-Pères, au coin de celle Ver-

neuil.

Couecou, médecin, rue Saint-Marc, 14.

Carteron-Barmond, rue Saint-Thomas-du-Louvre, 51. Coffmhal.

Cheffontaine, capitaine de la deuxième division des chasseurs, rue

de Mesnil-Montant, 3.

Casaux, homme de lettres, hôtel de Bourbon, rue Croix-des-Petits-

Champs.

Courtin, député, quai de la Mégisserie, 28. Chauvin, hôtel Wasingthon, rue du Chantre-Saint-Honoré. Cavillon, négociant, rue des Fossés-Saint-Germain-UAuxerrois, 62. Cavaignac, greffier des bâtiments, rue de la Planche-Mibray. Caron, grenadier-volontaire, rue Saint-Honoré, 112.

(1) Fils de Pierre Chompré, l'auteur du Dictionnaire de la Fable; il a été consul à Malaga en 1793.

CLUB DKS FEUILLANTS 301

Ghomel, négociant, place Victoire, 6.

Choron, ancien notaire, rue Saint-Se vérin, ou rue Saint-Dominique- Faubourg-Saint-Germain, 27.

Carmentraud, homme de loi, rue du Fouare. Gain, marchand épicier, rue de la Poterie-Saint-Méry. Ghampbelt, étudiant en droit, hôtel du Lycée, rue Saint-Honoré. Gouret, imprimeur, rue Christine, 2.

Carie, ancien commandant du bataillon d'Henri IV, place Dauphine. Clermont, député, rue et hôtel Ventadour.

Daoust, député, rue du Faubourg-Montmartre, 17.

Dandré, député, rue Royale-Butte-Saint-Roch (1).

Darembert-de-Lamark, député, hôtel de Gharol, rue du Faubourg- Saint-Honoré.

Dufau, député, rue Neuve Saint-Roch, 48.

Doraison, député, rue de Grenelle-Saint-Germain, 55.

Delattre, député, rue de Richelieu, 118.

Drevon, député, rue de Bourbon-Faubourg-Saint-Germain, 152.

Duval-Grandpré, député, hôtel de Malthe, rue de Richelieu.

Desaulnay, garde de la Bibliothèque nationale, à la Bibliothèque.

Defontenay, député, hôtel de Bouillon, quai de Voltaire.

Dumesnil, membre du tribunal de Cassation, rue de Seine, 4.

Daubert, député, hôtel de Béarn, rue de Richelieu, cour Saint-Guillaume.

Dupré, député, hôtel de la Paix, rue de Richelieu.

Dosfant, député, rue de l'Arbre-Sec.

Decretot, député (de Rouen), rue Neuve des Bons-Enfants, 7 (2).

Desandrouins, député, rue Ghantereine, hôtel Desandrouin.

Delavigne, député, rue du Plâtre-Saint-Jacques, 12.

Dumas, chevalier de Saint-Louis, rue Croix-des-Petits-Champs, 26.

Dedellay, député, rue Grenelle-Saint-Honoré, 35.

Darche, député, au café du Palais-Royal.

Darnaudat, député, passage des Petits-Pères, 5.

Ducouedic, cultivateur, rue Jacob, 21.

Demeunier, député, rue Sainte-Anne, 87.

Dillon (Arthur), député, hôtel de Bourbon, rue Jacob.

(1) Dandré fut dénoncé comme accapareur au Club des Jacobins, en janvier 1792.

(2) Fut un des premiers commerçants qui oli'rirent de l'argent au Directoire pour organiser une descente en Angleterre.

Dumangin, médecin, rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, au

cul-de-sac.

Detremouillcs, assesseur du juge de paix de la section du RouUe, rue

de Valois, faubourg du Roulle.

Delaporte , sellier-carrossier , rue de l'Anglade , au coin de celle

l'Évêque.

Destutt de Tracy, député, rue de Bourbon, faubourg Saint-Germain,

Ai (1).

Desperiers, militaire d'Orbecq, place Louis XV, chez M. Perronnet. Ducancel, homme de lov, rue de la Harpe, 20. Delarue, garde national, rue Thevenot, 37. Degay, ingénieur de la marine, rue Neuve des Petits-Champs, 99. Dherbes, vicaire de l'évèque de Paris, à l'hôpital militaire au Gros-

Gailloù.

Ducos, rédacteur du Journal des Débats, rue Saint-Thomas du Louvre,

hôtel de la Réunion.

Duport, député, ri;e du Grand-Chantier, au Marais. Decombis, major de vaisseaux, rue Saint-Pierre-Montmartre, hôtel de

la Providence.

Duquesnoy, député.

Dumesnil fils, rue de Seine, 4.

Duplanil, médecin, rue de Bourbon, 162.

Depont, citoyen, rue des Filles-Saint-Thomas, 11. Deverey, homme de loi, rue Mazarine, 41. Daiguillon [sic], député, rue de l'Université. Demandre, député, rue Saint-Honoré, 291.

Deliancourt [sic), ancien député, rue de Varennes. Delalain fils, libraire, rue Saint-Jacques. Depange, place de la Nation, 7.

Domergues de Beauregard, député, rue et hôtel J. J. Rousseau. Delon, député, rue du faubourg Saint-Denis, 2, à l'Écu. Deuzy, député, rue Saint-Honoré, 313.

Deraime, ordonnateur de la marine, rue Saint-Florentin, 4. Dubois fils, rue des Champs-Elysées.

Depinay (George), régisseur des douanes nationales, rue Saint-Honoré, 346.

David, chevalier de Saint-Louis, rue Saint-Honoré, maison du Notaire,

vis-à-vis les Feuillans.

(1) En 1791, il demanda à rAsscmblée de déclarer illégale l'arrestation de Mesdames à Arnay-le-Duc, Mort membre de l'Institut, en 1832.

Debelair, chef de légion de Paris, rue Sainte-Croix delà Brelonnerie.

Dufresne, agent de change, rue Yivienne, maison du Notaire.

Dupertuis, député, hôtel d'Angleterre, rue Traversière-Saint-Honoré .

Delarue, garde national, rue Thévenot, 37, aide-de-camp.

Debray, député, rue Mirabeau, 3.

Dalmas, député, rue des Frondeurs, hôtel Montpensier.

Dussy, citoyen, rue du Théâtre-Français, 3.

Demonchanin, liquidateur, place Vendôme.

Dallot, député, rue de la Sourdière, 8.

Dumolard, député, rue Saint-Thomas du Louvre, 124 (1).

Dongois, député, rue Saint-Honoré, 492.

Dufresne de Saint-Léon, liquidateur, place Vendôme.

Destrée, député, hôtel d'Auvergne, rue Saint-Honoré,

Dolomien (Dolomieu), commandeur de Malthe, Jardin du Roi (2).

Defranc, citoyen, rue de l'Antéchrist.

Desportes, député, rue de Chartres, hôtel de Nantes.

Delamardelle, commandant de la garde nationale, rue du Mail, hôtel \ des Indes.

Damarie, rue Neuve N. D. des Victoires, 11.

Devaisnes fds, rue Royale.

Delaferté, Chaussée d'Antin, 52.

Demestre, capitaine de gendarmerie, rue du Colombier.

Delafleury, lieutenant de grenadiers des Filles-Saint-Thomas, rue de Louvois, 1.

Delarivière, juge de paix, au Palais.

Dubois (Alex.), rue des Champs-Elysées, 9.

Duprat, chevalier de Saint-Louis, rue de Bondy.

Dangirard, administrateur de la Compagnie des Indes, rue de Mirabeau, 71.

Datilly, rue Saint-Antoine, 311.

Destor, employé à la mairie, rue Montmartre, 262.

Desenne, ofhcier de garde nationale, rue de Richelieu, 180.

Dijon, canonnier volontaire.

Delaroue, négociant, rue Sainte-Anne.

Dumas-Fulcrand, rue Thévenot.

Duchanoy, médecin, rue Saint-Marc, 14.

(1) Voir plus bas, Club de Clichy.

(2) Tancrède de Gratet-Dolomieu, minéralogiste, membre de l'Institut dès sa fondation.

Deponti, hôtel de Lussan, rue Croix-des-Petits-Champs.

Deville l'aîné, place Vendôme, 17.

Desoteux, médecin, rue Colbert.

Daubignan, cour du Palais, vis-à-vis la Sainte-Chapelle.

Dewitt, rue de Mirabeau, 75.

Dutailly, marchand bonnetier, rue Champ-Fleury.

Dupuis le jeune, rue Saint-Louis, 62.

Demontmoran, député extraordinaire, présenté par M. Gilles pour M. Grillon.

Desjobert, commissaire à la conservation des forêts, rue du Jardinet.

Desaulnay (Gard).

Dechaseaux, négociant, rue Saint-Sauveur, au coin de celle des Deux Portes.

Defranc, citoyen, rue de la Magdelaine, 7.

Disbarrast, place Vendôme, 16.

Decourouble^ receveur du droit d'enregistrement, rue du Gros-Chenet, 5.

Destimoville, capitaine de gendarmerie, rue du Faubourg-du-Roulle,

Debray, député, rue Mirabeau, 3.

Delacoste, ex-député, rue du Mont-Parnasse.

Datais, chevalier de Saint-Louis, hôtel de Bourbon, rue Croix-des- Petits-Champs.

Dupereux, lieutenant de gendarmerie nationale, rue du Faubourg- Saint-Martin, 2.

Drugeon, notaire, rue Sainte-Marguerite, faubourg Saint-Germain.

Dutaillis, rue Poissonnière, 169.

Expilly, député, place du Palais-Royal (1).

Exjubault de la Roche, député, hôtel du Roi au Carrouzel.

Esmenard, homme de loi, rue Traversière.

Emmery, ancien député, rue Saint-Honoré, 163.

Escanye, député, hôtel d'Artois, rue Traversière.

Esperon, député, hôtel de Calais, rue Coquillière.

Espolard, chez M. Mautord, rue Vivienne, 30.

François, député , hôtel de Saxe, rue du Colombier.

(.1, Accusé de fétléralismc, l'évoque Expilly fut guillotiné en 1794.

Franconville, député, rue de l'Arbre-Sec, -41.

Feydel, homme de lettres, rue Saint-Honoré, 262.

Foniier, citoyen de Paris, rue des Jeûneurs, 6.

Fulchiron, banquier, rue Sainte-Anne, 105.

Fermond, député, rue Saint-Nicaise, 302 (1).

Fricaud, député, rue Feydeau, 21.

Frochot, député, rue de FUniversité, 19 (2).

Forest, secrétaire -commis de l'Assemblée nationale, rue Sainte- Anne, 37.

Fontaine (Gaspard), ci-devant administrateur des finances de M. d^Orléans, rue Neuve des Petits-Champs, 83.

Froidure, secrétaire-commis de l'Assemblée nationale, rue Saint-Honoré, vis-à-vis Saint-Eustache.

Fassin, député extraordinaire, hôtel d'Angevilliers, près le Louvre, 15.

Formey, ancien payeur de rentes, place du Louvre.

Fâche, député, rue Saint-Honoré, 310, chez M. Moreau, ancien notaire,

FayoUe, député, rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, 43.

Ferri, homme de lettres, rue Saint-Dominique, hôtel d'Aguesseau.

Froudière, député, quai Gonti, 8, près l'hôtel de la Monnoie.

Fénis-Saint-Victour père, rue de Ménars, 9.

Fénis-Saint-Victour lils, idem.

Fulcran-Dumas, rue Thévenot, 19,

Formé père, rue de l'Observance, 8.

Fournier, agent de change, rue Feydeau, 28,

Fassin, médecin, hôtel Conti, rue d'Angiviller.

Félix, citoyen, rue Sainte-Anne, 41.

Fournier, liquidateur, rue des Vieilles -Thuileries, 120.

Fontenay (Devin) fils, rue et tle Saint-Louis, 89.

Fourcault, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie.

Ferrers (Pierre-Marie), homme de lettres, rue du Croissant, 4.

Fleuriel, employé chez le ministre de la justice, à l'abbaye Sainte- Geneviève.

Finguerlin, banquier à Lyon, rue Neuve des Mathurins, 46,

Gidoin, député, rue d'Argenteuil, 14.

Gassendy, député, hôtel de Provence, rue Traversière.

(1) Accusé (le modcrantisiiic, dénoncé par Marat; i: a été comte de l'Empire. {■1) A été préfet et cuiute de l'Empire.

Girerd, député, rue Saint-Martin, 207.

Gallot, député, hôtel d'Anjou, rue Dauphine.

Gilles, limonadier, rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Gautherot, professeur de musique, rue de la Vrillière, 11.

Gorguereau, juge au département de Paris, rue Bar-du-Bec, 7.

Geoffroy, député, rue Saint-Honoré, vis-à-vis le café des Amis de la loi (1).

Girod (le jeune), député, rue de Clioiseul, 15.

Grenot, député, rue du Bacq, 18.

Guincbaud, député, rue des Petiles-Écuries-du-roi, 25.

Girot, député, rue Saint-Honoré, 30().

Graffan, député, rue Neuve Saint-Eustache, 40.

Goudart, député.

Greling, député extraordinaire, hùtel de Valois, rue de Richelieu.

Guillotin, député, rue Croix-des-Petits-Champs.

Goupilleau, député, hôtel de Nisme, rue Grenelle-Saint-Honoré.

Grivel, banquier, rue Sainte-Anne, 105.

Gallois, député extraordinaire, rue Saint-Jacques, 25.

Guinguené (.sic), homme de lettres, rue Neuve des Petits-Champs, 83(2).

Goupil-Préfelne, hôtel de l'Assemblée nationale, rue Saint-Thomasdu-Louvre.

Gougenot, administrateur de la Compagnie des Indes, cul-de-sac

Saint-Hyacinthe.

Goetz fils, ci-devant receveur particulier des finances, rue de la Sour-

dière, 35.

Guinot, marchand épicier, rue du Faubourg-Saint-Germain, en face

de la Foire.

Ginoux, directeur de l'enregistrement, place du Petit Carrouzel. Grillon-Deschapelles, payeur de rentes, rue Montmorency, 8. Gentil (Louis), député, rue de Richelieu, près le Boulevard, 150. Granet de Toulon, député, hôtel Wasington, rue du Chantre. Girardot, banquier, rue Mirabeau, 6.

Goujon, député, rue Traversière-Saint-Honoré, hôtel des 13 Cantons. Gouy-d'Arcis [sic], ex-député, rue de Provence. Guillion, député, hôtel Vendôme, vis-à-vis les Feuillans. Gausseraud, député, cour des Capucins-Saint-Honoré, 426. Gressier, hôtel de la Marine, rue Croix-des-Pelits-Champs.

(1) Émigréj il fut suspenda de ses fonctions de députéi

(2) Arrêté eu 1793; il a été membre du ïribuuut;

Guiraudet (Toussaint), rue Royale-place-Louis XV, hôtel de la Marine (1).

Grammont, garde national, hôtel de Noailles, rue Sainl-Honoré, 8.

Gondonin, citoyen, rue de Cléry, 38.

Grenier, négociant, rue Saint-Louis-au-Palais, 78.

Girault, hôtel de Bullion, rue J. J. Rousseau.

George-d'Épinay, régisseur des douanes nationales, rue Saint-Honoré, 341.

Gomhault, liquidateur, rue Hauteville, 397.

Grenus, négociant, boulevard Montmartre.

Gauthier, banquier, rue Neuve des Capucines, 21.

Gendrier, citoyen, colonnades de la place Louis XV, 2.

Gerin, négociant, rue Neuve Saint-Méry, 30.

Gobert(Gh. Jos. Bernard), liquidateur, rue projetée Michodière, i.

Guérin, assesseur du juge de paix, rue Basse-Porte-Saint-Denis, 7.

Garnier, commissaire du roi, rue Saint-Florentin, 678.

Guérin, liquidateur, rue Neuve Saint-Martin, 49.

Gaubert, étudiant en médecine, hôtel de Suède, rue Feydeau.

Gramagnac, négociant, rue Saint-Honoré, 324, vis-à-vis le petit hôtel de Noailles.

Hugonnenc, négociant, hôtel de la Paix, rue de Richelieu.

Herwyn, député, hôtel des Trois-Evêchés, rue des Filles-Saint-Thomas (2).

Muguet, député, rue de Lafayette, 2.

Huot-Goncourt, député, rue du Bacq, hôtel de Bourgogne.

Hautier, employé au garde-meuble de la couronne, rue Saint-Honoré, 372.

Hombron (Bernard), citoyen, rue du Petit-Pont, 22.

Hélais, homme de loi, rue Traversiez, 61,

Hurel, payeur de rentes, rue Sainte-Avoye, 2(3.

Huart-Duparc, homme de loi, rue Saint-Benoist, 29.

Hondelette, secrétaire de l'Assemblée nationale, à F Abbaye-Saint- Germain.

Huet-Froberville, député, rue Saint-Honoré, 213 (3).

Heyden, patriote hollandais, Palais-Royal, 160.

(1) Littérateur, mort à Dijon en 1804. Traducteur de Machiavel.

(2) Agronome, chef de bataillon do la garde nationale, arrêté pendant quelques mois en 1793. Il a été sénateur, comte de l'Empire et pair de France*

(■'{) Écrivain et législateur!

Houin, peintre de Monsieur, marché des Innocents, 10.

Hébett, député, rue des Bons-Enfants, 19.

Hébert-Deprecy, député, rue de Bourbon, 33.

Hochet, garde national, faubourg Saint-Honoré, 535.

Huguet, chez M. Alleaume, notaire, rue Croix-des-Petits-Champs.

Hulin, capitaine de chasseurs, rue des Petites-Écuries-du-Roi, au

coin de celle de Mertet, 8.

Hautefeuille, négociant, rue de Beaune, au coin de celle de Verneuil. Hautefeuille l'aîné, ancien négociant, rue d'Argenteuil, 27.

Jaucourt.

Jourdan, ci-devant président du district des Petits-Augustins, rue Taranne, 2.

Joubert, député, hôtel du Roi, place du Carrouzel.

Jac, député, hôtel de la Paix, rue de Richelieu.

Jaume, député, rue Traversière-Saint-Honoré, 21.

Jacot, architecte, rue de la Madelaine-Faubourg-Saint-Hoiioré.

Jouve, homme de loi, rue de Richelieu, hôtel des Deux-Siciles.

Jahan, député, rue de Seine, hôtel de Picardie, faubourg Saint-Germain.

Jobert, rue du Four-Saint-Honoré, 10.

Jounault [sic], député de Thouars, hôtel d'Orléans, rue des Petits- Augustins (1).

Juglar, député, hôtel Wasington, rue du Ghantre-Saint-Honoré.

Jouffret, député, rue de Chartres, hôtel de Bordeaux, 87.

Jollivet, député, rue de Bourbon-Saint-Germain, 53 (2).

Jauge, chaussée d'Antin, 6 (3).

Jourdan (Charles), député-suppléant, cloître Saint-Méry, 177.

Jully, régisseur des domaines nationaux, rue de Mirabeau,. 7.

JeaufFret, auteur de la Gazette des Tribunaux, rue des Mathurins-Sorbonne.

Kervelegan, député, hôtel de la Marine, rue Gaillon. Kauffmann, député, rue de Duras-Faubourg-Saint-Honoré.

(1) Officier de gendarnici-ic, s'opposa à rarmemeut de piques pour les citoyens.

(2) Constitutionnel, dénonça les préparatifs d'insurrection du Club des Jacobins, à la veille du 10 août 1792. Il fut conseiller d'État après le 18 brumaire.

(3) A fait partie du Club de Valois. Guillotiné le 29 prairial au II, comme complice de la conspiration de l'étranger.

Lehouclier (Michel), libraire, rue Saint-Honoré, près Sainl-Rocli, 278.

Leleu (Claude-René), député, rue Saint-Honoré, 339.

Lallemand-Defontenoy, électeur, rue du Vieux-Colombier, 7.

Larade, député, rue Saint-Thomas-du-Louvre, 23.

Livré, député, rue Saint-Honoré, 317.

Lecarlier, député (1).

Larevellière, député, hôtel de Picardie, butte Saint-Roch.

Lavalette, citoyen, rue Saint-Honoré, 692.

Lasnon, député, hôtel de Hollande, rue du Boulloy.

Lelay, député, rue de Rohan, i20.

Lavenue, député, rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés (2).

Lâchasse, médecin, rue Montmartre, 272.

Lefloch, député, quai de la Ferraille, 8.

Lanjuinais, député, rue Saint-Nicaise, 502.

Larue, directeur de l'enregistrement, rue du Rocher, 487.

Lametherie, député, rue Saint-Nicaise, 10.

Lavie, député, rue Caumartin, 29.

Leleu, négociant de Paris, rue Thévenot, 32.

Ledéan, député, rue Gaillon, hôtel de la Marine.

Lucas-Bourgerel, député, hôtel Warvich, rue du Chantre.

Lepoutre, député, hôtel de la Réunion, rue des Moineaux.

Lacharmie, député, rue de Seine, 4.

Lesterp aîné, député, rue de la Limace, 21 (3).

Lacroix (Théodore), rue de Grammont, 6.

Lechapelier, député, cul-de-sac de la Corderie, en face de la rue de la Sourdière (4).

Legrand, député, rue du Colombier, 1.

Lacépède, de l'Académie des sciences, au Jardin des Plantes.

Lépidor, homme de loi, cul-de-sae Saint-Jacques.

Laguiante, commis à la trésorerie nationale, passage des Petits- Pères, 5.

Leguen, député, rue Caumartin, 30.

Lancelot, député, rue la Madelaine-Ville-l'Évêque, 20,

(1) A été ininistro de la police sous le Directoire.

(2) Protesta contre les événements du 31 mai. Arrêté comme fédéraliste et exécuté à Bordeaux, le 2 novembre nO.'L

(3) Accusé de fédéralisme, fut guillotiné le 31 octobre 1793.

(4) Condamné à mort comme constitutionnel réactionnaire, exécuté le 3 lloréal an TT.

Liancourt, député, rue de Varennes.

Lambel, député,

Lesterpt (Benoîtj, député, rue des Saints-Pères. 12.

Larochefoucault (La Rochefoucault), député, rue de Seine, faubourg

Saint-Honoré, -42.

Lebreton, député, rue et grand hôtel Mirabeau (1). Laignier, député, rue des Vieilles-Étuves, hôtel de Lusignan. Leroy, de l'Académie des sciences, Galleries du Louvre. Lemercier, député, hôtel Montpensier, rue des Frondeurs (2). Lecomte (Jean), négociant, passage de Beaujolais et Palais-Royal, 137, Lefebvre, notable, rue du Pot-de-Fer.

Lacretelle, cadet, hôtel de Suède, rue Feydeau (3). Lameth (Charles), député, cul-de-sac Notre-Dame-des-Ghamps. Lombard-Taradeau, député, rue et hôtel Ventadour. Lusignem, député, place Vendôme, 8.

Lehodey, citoyen, rue des Bons-Enfants, 42, Lelegard, rue des Champs-Elysées, 3, Lauzeran de Fressac, député, rue et hôtelJ. J. Rousseau. Lafont, boulevard de la Magdeleine.

Lecouteux-Canteleu, commissaire à la caisse de l'extraordinaire. Leroy, rue du Bouloy, 29, Labaher, ancien négociant, rue de Cléry, 8, Lancel (Jean-Antoine), rue Sainte-Appoline, 13. Lepayen de Metz, petit hôtel d'Arras, place du Carrouzel. Lo])joy, député, rue du Bacq, hôtel de la Correspondance des Arts. Laurent le Couteul.

Larroque-Labécède, député, maison Bidel, rue de la Barillerie. Lacretelle, député, hôtel de Suède, rue Feydeau (Constitutionnel). Lameth (Alexandre),

Lavallette, commandant en second du bataillon de l'Oratoire, Lecouteux de la Noraye, place Vendôme, Leroy de Bayeux, député, hôtel Fleury, rue Sainte-Anne. Laureau, député, rue de la Michaudière, 4. Laborde-Méreville.

(1) Protesta contre le 31 mai. Attaché aux Girondins, il dut sortir de la Convention, où il ne rentra qu'après le 9 thermidor.

(2) Plus tard, il présida les Anciens et aida Bonaparte, le 18 brumaire. Il fut sénateur et comte de l'Empire.

(.3) Collaborateur au Journal des Débuts, au 13 vendémiaire, combattit la Convention dans le Précurseur; emprisonné. Membre du bureau de la presse en 1801, censeur dramatique.

Lefrancq. député, rue Saint-Honoré, 377.

Lucas, député, hôtel des Victoires, rue des Fossés-Montmartre.

Lefebvre, agent de change, rue Thérèse, 11.

Levavasseur, député, rue Neuve des-Petits-Champs, 129.

Lahhaerd, ancien négociant, rue de Cléry, 38.

Lecoq, citoyen, rue Saint-Honoré, 335.

Lamardelle, rue des Prouvaires, 54.

Lesbeaupin, homme de loi, rue Gaillon, hôtel des États-Unis.

Luce, rue du Doyenné, sous-chef de l'administration des contributions publiques.

Langibon, citoyen, rue du Mail, 41.

Larochette, député, hôtel d'Auvergne, rue Saint-Honoré.

Lahousse, ancien mousquetaire, rue des Rosiers au Marais, 37.

Lucas, négociant, rue Saint-Honoré, 226.

Lacombe, hôtel d'Aligre, rue Saint-Honoré, 9.

Lavit, négociant, passage des Petits-Pères, hôtel d'Europe, rue Notre-Dame des Victoires.

Larochefoucault, garde national, rue de Cléry, 9t).

Lameth (Théodore), député.

Lagausse, secrétaire de Théodore Lameth.

Lacoste, régisseur des domaines nationaux, rue Caumartin, 6.

Labroue, rue Guénégaud, 22.

Levacher-Duplessis, rue du Temple, vis-à-vis le Temple.

Lafont, chez M. le Coûteux, place Vendôme.

Lubin, avoué, rue du Chaume, 4.

Lebrun, architecte de l 'Hôtel-Dieu, à l'Hôtel-Dieu.

Lesourd, rue Saint-Honoré, 332.

Legendre, entrepreneur de la manufacture des cuirs anglais, rue des Fossés-Montmartre, 27.

Leprince, rue Faubourg-Poissonnière, 18.

Ligier, grenadier volontaire, bataillon des Petits-Pères, rue de la Feuillade.

Lefoin, soldat volontaire de la section de Montmorency, rue Montmartre, 164.

Leroi-Fontigny, major du bataillon des vétérans, rue Phélipeaux, 13. Latané, député, hôtel des Deux-Siciles, rue de Richelieu. Lepigeon, député, rue Saint-Thomas du Louvre, à l'hôtel de l'Union. Letellier, secrétaire de correspondance au département de la justice,

rue Caumartin, 31.

Labrosse, prêtre, ci-devant agent aux Capucins Saint-Honoré, rue Saint-Louis au Marais, 1.

Mortier, député, rue des Moineaux, hôtel de la Réunion (1).

Merlin, député, rue Saint-Honoré, 510.

Maupetit, député, rue Saint-Honoré, 27, ci-devant 420,

Monnel, député, hôtel de Rome, rue de l'Université.

MoUien, député, hôtel de Hollande, rue du Boullois.

Moyot, député, rue Saint-Nicaise, 502.

Millanois, député de Lyon, rue Saint-Honoré, 343.

Maugras, de l'académie de chirurgie, rue d'Argenteuil, 57.

Mousnier, abbé, rue du Hazard, 2.

Milel-la-Membre, député, rue Saint-Honoré, 4C3.

Méjean, homme de lettres, rue Neuve Saint-Roch, 18.

Maillot, député, petite rue Saint-Roch, 4.

Menard-Lagroye, député, rue Sainte-Anne, 1 (2).

Maison, médecin, rue du Roule, 5.

Maret, rédacteur du Moniteur, rue du Dauphin, 597 (3).

Maies, député, rue des Mauvaises-Paroles, G.

Montmorency, député.

Martin, député, rue Saint-Honoré, passage du Grand-Charois, 291.

Meynier, député, rue des Jeûneurs, 6 (4).

Massien, député, hôtel de Lameth, rue Notre-Dame des Champs.

Moreau de Saint-Merry, député, rue Caumartin, 3,

Muguet, député, rue Saint-Honoré, vis-à-vis les Jacobins (5).

Merceret, député, rue et hôtel Saint-Thomas du Louvre.

Menuret, médecin, rue Saint-Honoré, près celle de l'Échelle, 510.

Miot, commis de la guerre, rue Montmartre, 90.

Muguet de Morron, rue Bergère, 16.

Montmirel, rue Croix des Petits-Champs, 15.

Menard, député, faubourg Saint-Denis.

Moutard, libraire, hôtel de Cluny, rue des Mathurins.

Meinvielle, citoyen, rue Thérèse, 13.

Morel, député, rue du Petit-Carreau, 72.

Mathieu (Jacques), député du Bas-Rhin, rue Ville-l'Évêque.

Merveiljeux, député, hôtel d'Orléans, rue des Augustins, 59.

(1) Père (lu maréchal Mortier.

(2) Fut conseiller au présidial du Mans. 11 devint président de la cour d'Aufïer?.

(3) Plus tard secrétaire du Consulat et de Napoléon, et duc de Bassano, académicien, ministre, etc.

(4) Se déclara pour les Girondins, et fut exécuté lo 13 mai 1791. (3) Membre du Comité des recherches.

Maison, médecin.

Marin, député, au Bain d'Albert, quai d'Orçay. Montault des Isles, député, rue Clos-Jourgeot, 3. Michon, député, hôtel d'Artois, rue du Coq-Saint-Honoré. Morivaux, député, hôtel de Louis XVI, rue de Richelieu. Marie, député, hôtel d'Artois, rue Traversière. Montesquiou, ex-député, hôtel de Roquefort, rue de Grenelle. Mouysset, député, rue de Rohan, 25 (1). Michoux, député, rue Saint-Honoré, petit hôtel de Vendôme. Masson, capitaine d'infanterie, rue du Mail, 25. Menou, ex-député, boulevard, vis-à-vis l'hôtel Montmorency. Mouette, citoyen, rue du Temple.

Marseille, négociant, rue Chabanois.

Michel, député, rue de Bellefont, 4.

Metman, homme de lettres, rue de Seine, 112. Mourgues, de la Société d'agriculture, rue Grammont, 17. Michault, homme de lettres, hôtel de la Réunion, rue des Moineaux.

Malleville, président du tribunal de cassation, rue de la Harpe, 54. Moulnier, rue du Hazard, 6.

Minvielle, ancien négociant, rue Thérèse, 13. Marialla, rue Neuve Saint-Roch, 40.

Mejan (Etienne), rue de la Sourdière, 14. Meignotte, agent de change, place Victoire, 18. Marignier père, place Vendôme, 3. Marinier fils, même demeure.

Morin, électeur de 1791, rue du Colombier, 27. Manet, homme de loi, rue du Mail, 28.

Masson, rue de la Ferme des Mathurins, 13. Maraise, rue Mêlée, 31.

Michel, négociant, rue Aux-Fers, 50.

Maillet (Antoine), rue Croix-des-Petits-Champs, 62. Magnan, rue Neuve des Mathurins, Chaussée d'Antin, 47. Maron, ministre protestant, rue Saint-Roch-Poissonnière, 9. Musnier-Desclozeaux, rue de Fourcy-Saint-Antoine, 5. Monclard, capitaine d'artillerie, grande rue de Chaillot, 178. Marsilly, chevalier de Saint-Louis, rue Mirabeau, 54. Mautort, notaire, rue Vivienne, 30.

Maloigne (Jean-René), rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, 7,

(1) Ju»e au tribunal de Villenouvp.

Metman, premier clerc de notaire, chez Etienne, notaire, rue Saint- Jacques.

Naudeville, électeur de 1791, première porte cochère quai de la Mégisserie, près le Pont-Neuf, Nioche, député, rue de l'Échelle, 13 (1). Nolf, député, h(Hel de la Réunion, rue des Moineaux. Nau-Belisle, député.

Nadal de Paintrac, député, rue Sainte-Anne, 21. Niel, assesseur déjuge de paix, rue de l'Université, 19 (2). Nogaret, député, rue de Bourgogne, 421.

Nicolle, rue du Four-Saint-Germain, 147.

Oudot, député (3j.

Pervinquière, député, luHel de Nismes, rue Grenelle-Saint-Honoré.

Prieur, député, rue Notre-Dame-dcs-Victoires, 20.

Pain, député, hôtel Vendôme, rue et près les Capucines,

Pinccpré, député, rue Royale-Louis XV, 17.

Pères, député, petit hùtel Vauhan, rue de Richelieu.

Pelfieger, député, hôtel des Indes, rue Traversière.

Pincemaille, ci-devant sous-directeur du bureau des passeports, ù Thôtel des Fermes, rue Saint-Florentin, 2.

Pémartin, député, rue Saint-Honoré. 235.

Pignere-de-la-Boulloy, ancien trésorier de France, rue des Tournelles, 47,

Pouret, député, rue Saint-Hyacinthe, 4.

Pomaret père, banquier, hôtel de Chartres, rue de Richelieu, 31 .

Pourcher, député, rue Croix-des-Petits-Champs, 45.

Perisse-Duluc, député de Lyon, rue Neuve Saint-Marc, hôtel d'Orléans (4).

Parisot, député, rue Saint-Honoré, 590(5).

(1) Refusa, dans la Couveation, de se prononcer comme juge dans le procès de Louis XVL

(2) Désavoua son inscription sur la liste par une lettre adressée, le 16 décembre 1792, à la section de la Fontaine-de-Grenelle.

(3) Était, avant la Révolution, commissaire du roi du tribunal de Beaunc.

(4) Imprimeur, membre du Comité de Constitution.

(5) Nommé, en 1792, capitaine de la garde constitutionnelle du roi, qu'il défendit au 10 août; il fut blessé dans cette journée.

CLUB DES FEUILLANTS 31b

Pougeard-Dulimbert, député, rue Sainte- Anne , hôtel de la République de Gènes (1).

Périer, entrepreneur de la manufacture d'armes blanches, rue Neuve des Capucines.

Poutrain, député, hôtel de la Chine, rue Neuve des Petits-Champs.

Prévost, député, place Vendôme, 8.

Paris, citoyen, rue Montmartre, 151.

PouUain (Célestin), député, rue Chariot, 37.

Poncet-Delpech, député, hôtel Pondichéry, rue Traversière-Saint- Honoré.

Pères, député, hôtel des treize Cantons, rue Traversière-Saint-Honoré.

Pomaret (Jules), commis de banquier, rue de Richelieu, 31.

Papin, député, rue Neuve des Petits-Champs, 31.

Pinchinal, maître des comptes, rue Traversière, 32.

Pezous, député, rue de la Poterie, 10.

Ponce, graveur, rue Saint-Jacques, 238.

Pétrie, député extraordinaire de Tabago, rue Neuve des Capucins, 6.

Populus, député, rue des Petits-Augustins, 22.

Pressac-Desplanches, député, hôtel Bourgogne, rue Croix-des-Petits- Champs.

Payen, rue Faubourg-Saint-Honoré, hôtel en face de la rue d'Anjou.

Pieyre, député, hôtel d'Espagne, rue de Richelieu (2).

•Pitra, électeur de 1789, rue Croix-des-Petits-Champs, 55.

Parisot (Marc-Antoine), abbé, place Louis XV, 2.

Petit, homme de loi, rue des Vieilles-Ëtuves-Saint-Honoré.

Paigis, député, rue des Grands-Augustins, 31,

Poitevin, député, hôtel Wasington, rue du Chantre-Saint-Honoré.

Perroteau-de-la-Nause, négociant, rue Montmartre, 219.

Praslin, ex-député, rue du Bacq, 469.

Poncet, rue des Filles-Saint-Thomas, 6.

Picquais, citoyen, rue Neuve des Petits-Champs, Si.

Plainville, chevalier de Saint-Louis, rue Montmartre, 243.

Périer, administrateur du département d'Eure-et-Loir, rue Mirabeau.

Parent, rue Sainte-Anne, 64.

Prault-Saint-Martin, imprimeur, hôtel de la Trésorerie, cour de la Sainte-Chapelle.

(1) Avocat, fut, par la suite, préfet de la Chareuto, membre du Tribunat, préfet de l'Allier sous l'Empire, député sous la Restauration.

(2) Poète, auteur dramatique ; siégeait au côté dioit. Après le 9 thermidor, il fut procureur-syudic du district de Nîmes, puis préfet de Lot-et-Garoune, et, sous l'Empire, préfet du Loiret.

Puget, rue Saint-Martin, 384.

Petit, rue Saint-Pierre-Montmartre, 8.

Pache, rue Bergère, vis-à-vis les Menus. Penuchet, maitre perruquier, rue de Richelieu, 139. Pilet (sic), rue du Parc-Royal, 3.

Pecoul, cul de sac du Doyenné, 7.

Prony, ingénieur des ponts et chaussées, aux Invalides (1). Plassan, lihraire, rue du Cimetière-Saint-André, 11. Prudhomme, rue Pavée-au-Marais, 13.

Procter, professeur de langues, rue Basse-du-Rempart, 13. Peyre, architecte, et ancien aide-de-camp de Lafayette, rue des Poitevins, 18. Petit-Radel, architecte, rue Bourhon-Villeneuve, 49, Pemoret, homme de loi, hùtel d'Angleterre, rue Saint-Honoré. Petit, liquidateur, rue Basse du-Rempart-de la-Madelaine, 17, Perignon, notaire, rue Saint-Honoré, bâtiment des Feuillans.

Quesnay, juge de Saumur, rue de Grenelle-Saint-Honoré, hôtel d'Orléans.

Quéru de Lacoste, député, rue de la Madelaine, 26. Quatremère-de-Quincy, député, rue des Fossés-du-Temple, 23 (2). Quinquet, vicaire de Notre-Dame-de-Lorette, rue de Provence.

Rose, huissier à l'Assemblée nationale, rue Basse-du-Rempart, 21.

Riccé, adjudant-général, rue de Grammont.

Ricard de Toulon, rue de Guénegaud.

Roger, député, hùtel de Monsieur, rue du Petit-Bourbon.

Regneault (Charles), député, hôtel d'Antin, rue Gaillon.

Régnier, député, rue Feydeau, hôtel des États du Béarn (3).

Ricard de Castres, député, hôtel de Châtillon, rue du Petit-Bourbon.

Riberolles, député, rue Saint-Florentin, 2.

Rewbell, député, rue de la Ville-l'Evéque, au coin de celle d'Anjou,

faubourg Saint-Honoré.

Roca, député, rue Neuve Saint-Eustache, hôtel Carignan. Rostain, député, rue Bourbon-Villeneuve, 49.

(1) Cf'ilèbre mathématicien, plus tard membre de l'Institut,

(2) Soutint la royauté constitutionnelle en 1791.

(3) Prit part au coup d'État du 18 brumaire, fut nommé Grand-Juge en 1802, puis ministre de la justice.

Ramond, homme de lettres, rue de Clichy, 351.

Uoussillon, député, hôteV de Béarn, cour Saint-Guillaume, rue de Richelieu (1).

Rousselot, député, rue de TUniversité, hôtel de Rome, 10.

Renaud de Saint-Jean-d'Angely, député, rue Caumartin, 30.

Rivet, entrepreneur des bâtiments du roi, rue Neuve et près Saint- Roc h.

Roche, ci-devant agent de change, petite rue Neuve Saint-Roch- Poissonnière, 4.

Renaud d'Agen, député, rue Saint-Honoré, vis-à-vis les Jacobins, 454.

Rodât, député, hôtel des Etats de Béarn, rue Feydeau.

Ringard, homme de loi, rue de la Bucherie, 8.

Rataud, député, place Vendôme, 12.

Rochoux, député, rue Saint-Honoré, 439.

Riot.

Rabusson-Lamothe, député, rue Fromanteau, hôtel du Louvre.

Rubat, député du département de TAin, rue et faubourg Saint-Honoré, 17.

Raffin, député, hôtel de Valois, rue Ventadour.

Roucher, auteur, rue des Noyers, 24.

Ruet, député, rue de Chartres, hôtel de Bordeaux.

Rogniat, député, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 3.

Ravel (Louis), banquier, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, 9.

Ravel (Antoine), banquier, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, 9.

Rondel, chirurgien-major de la cavalerie, place de Grève, 35.

Renard, député, quai des Ormes, au grand Balcon.

Raguet, régisseur-général, rue Ventadour, 9.

Rilliet (Hubert), rue Montmartre, 145.

Raguideau, notaire, rue Saint-Honoré, 332.

Rouiller (François), ancien négociant, rue Montmartre, 319.

Roullier, ancien négociant, rue Montmartre, 219.

Rigaud (Jean), grenadier volontaire, place Vendôme, 16.

Rulhièfe, rue Mêlée (^ic), 29.

Rogier (Guillaume), homme de loi, rue de la Huchette, 13.

Rebecour, député, place Vendôme, 8.

Rillet aine, négociant, rue Montmartre 157.

Ravart, rue Saint-Denis, maison de M. Quartier, près l'ancien Chà-

telet.

Rogeard, négociant, rue Saint-Méry, ou cloitre Saint-Médéric.

(1) .\ccusaplus tard Robespierre d'entretenir une correspondance avec ["armée.

Rouille Ducoudray, lieutenant-général des armées françaises, place Royale.

Soustelle, député, rue du Bacq, 8.

Simon de Troyes, homme de lettres, rue Traversière-Saint-Honoré,68.

Sclîwend, député, rue Caumartin, 31.

Salle, député, rue Gaillon, hôtel des États-Unis.

Salicetti, député, hôtel de Strasbourg, rue Neuve-Saint-Eustache.

Salomon, député, cloître Notre-Dame, chez M. Chap.

Six, architecte, rue d'Anjou-Dauphine, 6.

Simon de Troyes, iils, grenadier volontaire, rue Traversièrc-Sainl- Honoré, 68.

Soubeyran, citoyen actif, rue de Savoye, 2o.

Simon le jeune, député extraordinaire, rue de Richelieu, hôtel Louis XVI.

Saillant, rue Vivienne, 11 (1).

Sage, député, rue du Bouloy, 02, vis-à-vis la Douane.

Sainemard, citoyen de Paris, au Palais-Royal, 100.

Sian {sic), ancien négociant, rue des Capucines, 74.

Sancerre, député, cour des Jacobins, chez M. Perchet.

Serisiat, homme de loi, rue des Saints-Pères, 124.

Sevene, député, rue de la Croix, 13.

Sneedorff, professeur d'histoire à Coppenhague, rue de Louvois, hôtel Henri IV.

Serre de Saint-Romans, capitaine au dixième régiment de cavalerie, rue Vivienne, 11.

Servelle, rue Quincampoix, 23.

Sinot, négociant, rue de la Verrerie, 37.

Saint-Tray, capitaine de gendarmerie, rue des.Gravilliers.

Serson, ci-devant homme de loi, rue Saint-Hyacinthe,

Saugrain, rue du Jardinet, 9.

Simonot, bibliothécaire du dépôt de la guerre, rue Thévenot, 37.

Salvan, rue des Filles-Saint-Thomas, 15.

Thibault, député, rue de la Michaudière, 7 (2).

(Ij Ou du Saillant (lo comte), plus tard un des organisateurs du camp de Jalès. Tué à Bannes, dans l'Ardèche, avec plusieurs de ses complices.

(2) Curé de Souppes, donna, on 1793, sa démission d'évêque constitutionnel. 11 accueillit avec faveur le coup d'État du 18 brumaire, et fut pendant quelque temps membre du Tribunat: -

Thomassin, marchand de draps, rue Saint-Honoré, 665.

Trchot-Clermont, député, rue Neuve du Luxembourg, 25

Tellier, député, rue Caumartin, 30.

Trudaine, commandant de bataillon, colonnade place Louis XV, ;2,

Tuzin, homme de loi, rue des Bons-Enfants, 42.

Ternois, contrôleur de l'entreprise des voitures anglaises, rue Neuve

des Capucines.

Turrel, homme de loi, rue Neuve-des-Petits-Champs, 110. Travanel, président du district de Gonesse, rue de Grammont, à son

hôtel.

Thuet, maître charron, rue de Duras, faubourg Saint-Honoré. Troubat-Chabert, citoyen, rue de la Sourdière, 11. Trudon, administrateur du département, rue Sainte-Anne, 70. Thelusson, chaussée d'Antin, chez M. Laferté. Trudon (Charles), membre du département, rue Sainte-Anne, 70. Thiériot, député.

Turin, homme de loi, petite rue Saint-Louis, près le Palais-Royal. Thorel, payeur des rentes, rue du Gros-Chenet, 11. Tastel, rédacteur du Journal des Débats, rue Sains-Tliomas-du-

Louvre, 237.

Thévenin, rue J. J. Rousseau, 38.

Tassin, commandant de bataillon, rue des Petits-Champs. Texier, rue et faubourg Poissonnier, 15. Trudon (Joseph), officier municipal, rue de TArbre-Sec. Thouret, ex-député, hôtel de Bouillon, quai de Voltaire. Tassin (Louis), officier municipal, rue Neuve des Petits-Champs. Tannevot, membre du tribunal de paix du premier arrondissement,

rue Neuve du Luxembourg, 23.

Thion de la Chaume, administrateur du déparlement, rue de Reuilly. Thory, agent de change, cloître Saint-Merry, Maison-Neuve. Thouret, médecin, commissaire des hôpitaux du département de

Paris, rue Pavée au Marais, 12.

Vergnet, député, cloître des Bernardins.

Varin, député, rue Montorgueil, près le passage du Saumon (1). Vouland, député, hôtel Dauphin, rue Croix-des-Petits-Champs. Vyaud-Baudreuille, député, rue des Bons-Enfants, 39.

(1) Avocat de Rennes, il fit décréter qu'il n'y avait pas lieu à accusation contre le comte de Toulouse-Lautrec, quij disait-on, avait fait circuler de faux assignats .'i tlerlin.

Villars, homme de lettres, rue Neuve des Petits-Pères, 1.

Vieillard, député de Coutances, rue Vivienne, hôtel de l'Empire.

Vernier, député, rue Caumartin, 31.

Vauchelle, premier commis de la guerre, rue de Miraheau, 10^2.

Vesset, citoyen, quai de la Mégisserie, 8.

Vampraet [sic], garde de la Bibliothèque du roi, à la Bibliothèque.

Vieillard, administrateur du département, rue Traversière, 35.

Vallart, député.

Voisin, député, grand hôtel des Thuileries, rue Saint-Honoré.

Vincent, député, rue des Bons-Enfants, 42 (1).

Vivier, député, hôtel de l'Amérique, rue de Chartres, 85.

Vimar, député, rue de Richelieu, 305.

Vallier, député de l'Isère, rue Neuve-Saint-Augustin, 14.

Valadier, rue de Paradis, faubourg Poissonnier.

Vidal, président de l'administration du district de Senar, département de l'Aveiron, rue de Bourgogne, 421.

Vincent, directeur général de la Caisse d'escompte, rue Sain t-Marc, 15.

Vieillart, membre du tribunal de cassation, rue des Saints-Pères, 124.

Vergennes, administrateur au département, rue Neuve-Saint-Eustache, 4.

Vasselin, rue Neuve des Mathurins, vis-à-vis le n" 19.

Viallon, bibliothécaire de Sainte-Geneviève, à Sainte-Geneviève.

Vandoeuille, administrateur de la Caisse d'escompte, rue de Bourbon, faubourg Saint-Germain, 152.

Il semble presque inutile de faire remarquer que, chez les Feuillants plus que chez d'autres membres de clubs, nombre d'hommes politiques, affdiés ou non à la Société , marchaient avec eux. C'étaient des modérés dans le camp monarchique. Nommons, par exemple, le comte de Vaublanc qui, en novembre 1791, rédigea et porta à Louis XVI le message qui menaçait de la guerre les souverains étrangers. Nous pourrions citer bien d'autres personnages parmi les modérés, impartiaux, monarchistes, membres de la Société de 1789, etc.

Si l'on compare la seconde liste des Feuillants avec la première, on se rend compte du nombre de .lacobins qui figurent dans la première, mais non dans la seconde, c'est-à-dire qui sont revenus dans la Société des Amis de la Constitution séante aux Jacobins. Nous y voyons :

Barère. — Boissy d'Anglas. — Châteauneuf-Randon. — Cochon. —

(1) Protesta contre la loi du 31 mai, et l'ut proscrit lui-même. 11 siégea au conseil des Anciens.

Dubois-Crancc. — GobeL — Grégoire. — Le duc d'Orléans. — Prieur (de la Marne). — Rabaut Saint-Étienne. — Sieyès. — Talleyrand, etc. Rewbel et Salicetti restèrent membres du Club des Feuillants.

Dans les deux listes, que de noms oubliés ou inconnus! Nous avons reproduit ces listes telles quelles, avec les fautes d'orthographe dans les noms, sans y rien changer.

Nous arrivons à la liste supplémentaire.

Liste des députés qui, de V Assemblée nationale, réunis dans l'église des Feuillans, le dimanche 4 octobre i 791, ont pris la résolution de se présenter à la Société des Amis de la Constitution :

Département de l'Aisne : MM. Fâche. — L'Objoy. — Bei*nier. — Le carlier.

Département de l" Allier : MM. Jouffret. — Ruet. — Destrée. — Boisrot-la-Cour.

Département des Hautes-Alpes : MM. Amat. — Faure. — Dougeois.

Déparlement des Basses Alpes : Raffîn. — Ghauvet. — Inglad.

Département de rArdèche : M. Dalmas.

Département des Ardennes : M. Golzart.

Département de Vxiriège : M. Cambèze.

Département de VAveiron : M. Nogaret.

Département du Calvados : MM. Leroy de Bayeux. — Castel.

Département du Cantal : M. Henry.

Département de la Charente- Inférieure : M. Merveilleux.

Département de la Creuse : M. Voisin.

Département du Gard : MM. Delon — Menard. — AUut. — Pieyre,

— Leiris. — Giraudy.

Département de la Haute Garonne : MM. Cailhasson. — Dorliac. — Rouede. — Gonin. — Gazes de Saint-Béat. Département de Lindre (sic) : MM. Collet. — Turquet de Mayesne.

— Crublier. — Dupertuis. — Rochoux. — Vivier.

Département de Lindre (sic) et Loire : MM. Bruley. — Adam. — Jahan. — Cartier Doineau. — Belle.

Département de Vhère : MM, Rogniat. — Guillioud. — Michoud, — Dumoulard.

Département du Jura : MM. Champion, — Croichet, — Dallaz, — Théodore Lameth. — Maurivaux — Clermont.

Département du Loir en Cher (sic) : M. Savonneau.

Département delà Loire Inférieure : M. Benoiton.

Département du Loiret : MM. Genty. — Huet de Proberville.

Département du Lot : M. Dupuy-Montbrun.

Département du Lot et Garonne : M, Mouyssen.

Département de la Lozère : MM. Moiiestier, — Lozuray de Fressac.

— Ghazot. — Sevène. — Domesgne de Beauregard. Département de Maine et Loire : MM. Quesnay. — Bonne-Mère. Département de la Manche : MM. Euvreiner. — Letellier. — Lepi-

geon de Boival.

Département de la Marne : MM. Morel. — Bruley de Sezanne. — Dorizy.

Département de la Mayene (sic) : MM. Paigis. — Richard de Villiers.

Département de la Mozelle : MM. Marin. — Adam.

Département du Vard (sic) : M. Coppens.

Département de VOise : M. Goujon.

Département de Paris : MM. Gouvion. — Quatremer de Quincy. — Ramont. — Delbry. — Lacrelelle.

Département du Pas-de-Calais : MM. Wallar. — Legressier. — Lefranc. — Deusy. — Baert. — Blanchard.

Département du Puy de Dôme : M. Robiisson-la-Mothe.

Département des Hautes-Pyrénées : M. Darneuilh.

Département du Haut-Rhin : MM. Schirmer. — Baumlin.

Département du Bas-Rhin : MM. Mathieu. — Brunck.

Département de Rhône et Ivoire: MM. Sage. — Lemontey. — Miciion.

Département de la Haute-Saône : M. Creslin.

Département de Seine et Oise : MM. Hua. — Dumas. — Courtin. — Legras. — Cheron.

Département de la Seine hiftrieure : MM. Ducastel. — Chrislinal. — Hochet. — Langlois. — Vimar. — - Letailleur. — Boulenger. — Frondière. — Levasseur. — Desportes. — Lucas.

Département de Seine et Marne : MM. Hébert de Précy. — Sédillez.

— Jaucourt. — Renard Claudin. — JoHvet. — Vaublane. — Rataud.

— Bejon.

Département des Deux Sèores : MM. Chasteau. — Jouneau.

Département de la Somme : MMi Dehaussy-Robecourt. — Massey. — t)ebray-Chamont. — Balluc.

Département du Tarn : MM. Gausserand. — Sancerre. — Goubé. — Èsperon. — Larôque-Labécède.

Département du Var : MM. Muraire. — Phihbert. — Roubeaud. — Granen de Toulon. — Poitevin.

Déparlement de la Vendée : MM. Thierriot. — Giraiul.

Département de la Vienne : MM. Allard. — Pressac des Planches. — Montault.

Département des Vosges : M. Delpierre.

Département de l'Yonne : MM. Laureau. — Davigneau. — Bonnerot. — Fayolle. — Malus.

Département du Finistère : M. Bonestard.

Département de l'Aube : M. Beugnon.

Département des Basses-Pyrénées : M. Bergeras.

Département de V Ain : M. Rubat.

Département d'Eure et Loire (sic) : M. Claye.

Département de la Haute-Marne : M. Bequet.

Département des Pyrénées Orientales : MM. Marie. — Escanye.

Département de VOrne : M. Beugnon.

Département de l'Eure : M. Hébert.

Cette liste, indiquant des députés, avec les noms de leurs départements respectifs, parut après la première séance de l'Assemblée législative.

Le grand nombre d'adhérents au Club des Feuillants eut pour résultat de rendre les modérés très confiants dans leur réussite à venir, d'encourager leurs prétentions à vaincre les Jacobins.

Nous avons dit plus haut (1) la première cause de la scission dans la Société des Amis de la Constitution^ issue de l'ancien Club breton. Entrons maintenant dans les détails de la lutte qui suivit cette scission, dont les journalistes, d'opinions diverses, se préoccupèrent à tout instant, depuis la naissance du schisme établi entre les citoyens qui se déclaraient également défenseurs des principes constitutionnels, véritables amis de la Constitution sans épithète, séant les uns aux Jacobins, les autres aux Feuillants.

Le 17 juillet 1791, le Club des Feuillants envoya aux sociétés correspondantes des Jacobins l'adresse suivante, sorte de manifeste hostile aux membres qui continuaient à siéger dans le couvent des Jacobins :

« Adresse de la Société de% Amis de la Constitution, séante aux Feuillants, aux sociétés qui lui sont affiliées,

(t Frères et amis, une circonstance importante, dont nous avons jugé nécessaire de vous informer sur-le-champ, nous a obligés de

(1) Voir plus haut, pi 279;

prendre hier (16 juillet) l'arrêté dont vous trouverez ci joint copie. Son objet principal est de ramener la Société des Amis de la Constitution de Paris à sa formation originaire et primitive; de lui assurer les avantages que les députés, ses fondateurs, avaient eu en vue en la formant; de conserver à cette institution la destination utile de préparer les travaux de l'Assemblée nationale ; de s'y borner à discuter les questions, sans rien arrêter par les suffrages; de propager les lumières, de servir de centre commun aux opinions constitutionnelles; enfin, de donner dans la capitale l'exemple, si glorieusement imité depuis dans toutes les parties de l'empire, de la plus entière liberté d'opinion lors de la discussion des projets de loi, mais du plus profond, du plus inaltérable respect pour les lois faites.

« Ces principes ont été religieusement observés aux Jacobins, jusqu'au moment où, étant devenue extrêmement nombreuse par l'admission de personnes étrangères, même à l'empire, cédant à des influences exagérées, elle a combattu ouvertement les principes constitiïtionnels, s'est portée à des actes en opposition directe avec des décrets rendus, et s'est, par là, entièrement écartée de l'esprit de son institution,

« Dans ces circonstances pénibles, sans doute, les députés de l'Assemblée nationale, fondateurs de cette Société, n'écoutant que leur devoir, et fidèles au titre d'Amis de la Constitution, n'ont cru avoir d'autre parti à prendre que de se réunir aux Feuillants, auprès de l'Assemblée nationale, et de s'y rassembler sous la présidence du même député qui avait obtenu les suffrages dans la Société des Amis de la Constitution, séante aux Jacobins.

« Ils ont conservé pour secrétaires et pour membres du comité de correspondance, ceux de leurs collègues qui l'étaient aussi dans la Société des Jacobins, et les ont chargés de continuer, avec les Sociétés des Amis de la Constitution affiliées, les relations fraternelles et intimes qui ont existé jusqu'à ce moment, et dont l'interruption, ne fût-elle que momentanée, serait, dans les circonstances actuelles, tout à la fois contraire au vœu des vrais amis de la Constitution, et nuisible à la chose publique.

« Nous espérons, frères et amis, que cette communication franche de nos démarches, de nos sentiments, que cette déclaration authentique de notre dévouement inaltérable pour une constitution que vous avez si utilement servie, établira entre nous des relations plus intimes que jamais, que nous nous ferons un devoir d'entretenir, et qui nous assurera de nos droits à votre estime.

« Signé: Boucue, président; Salle, F.-P.-N. Antoine, secrcf ««■?*,■,

« p, S. — Vous voudrez bien nous adresser vos lettres à la Société des Amis de la Constitution, séante aux Feuillants, rue Saint-Honoré. »

L'arrêté dont il est parlé dans cette lettre porte qu'il sera fait un scrutin épuratoire pour écarter de la Société les étrangers connus pour ne pas professer sa doctrine (1).

Le journal V Orateur du Peuple écrivait : « Bailly, La Fayette, les Lameth, Barnave, Goupil, et toute la clique contre -révolutionnaire (2). » Il les traitait « d'infâmes coquins vendus au parti autrichien. » Huit ou dix membres des Feuillants étaient soupçonnés « d'être en même temps les directeurs du comité autrichien (3). »

Le Club des Feuillants invoquait la liberté d'opinion, en même temps que l'idée des fondateurs de la Société des Amis de la Constitution.

La Chronique de Paris, qui avait l)eaucoup de lecteurs, inséra :

« Presque tous les membres de l'Assemblée nationale qui étaient de la Société des Amis de la Constitution se sont retirés et s'assemblent aux Feuillants. On leur a adressé une députation pour leur faire connaître la pétition, qui, dit-on, n'est pas contraire aux principes de la Constitution (4). »

La feuille de Millin et de Noël semblait vouloir rester neutre.

Le Babillard (supplément du n° du 19 juillet 1791) approuva les Feuillants; le Journal de la Révolution (n° 341, mardi 19 juillet 1791) les blâma, et espéra une « réconciliation parfaite », ce que nombre de Jacobins désiraient, ce que peu de Feuillants pouvaient espérer.

Pas de réconciliation possible, soit en considération des principes, soit en considération des personnes. Dans l'un et l'autre camp, il y avait des personnalités rivales; dans l'un et l'autre camp, on parlait au nom de principes contraires, en voulant que les uns l'emportassent sur les autres.

Les journaux modérés, ou royalistes, inclinaient vers les Feuillants, à quelques exceptions près.

D'autre part, le Patriote françois, journal de Brissot, défendit les Jacobins contre les accusations portées par les Feuillants, sans aller aussi loin que ï Orateur du peuple, mais non moins vigoureusement.

(1) Journal des CIu/js, t. III, p. S21 à 527.

(2) Tome VII, n» 8.

(1!) Voir plus bas, Comité autrichien.

(i) Chronique (te faris, numéro du 18 juillet 1701.

« A tous les Jacobins, sur le schisme qu'on élève parmi eux.

« Un schisme scandaleux s'est tout à coup (^péré parmi les Amis (le la Constitution de Paris : il faut en dévoiler et les causes et les auteurs,

« On le doit aux intrigues de ces ambitieux qui, désespérés d'avoir perdu leur crédit dans la Société, cherchent à s'en venger.

« Ils accusent la Société d'être tumultueuse et intolérante. L'ont-ils quittée, quand elle était intolérante dans leur sens et à leur gré?

(( Ils accusent les clubs d'être des foyers de sédition, et, dans cette accusation, ils enveloppent môme cette Société. Mais avez-vous donc cessé un seul momient de respecter et de maintenir la Constitution? Un décret a été rendu contre les principes que vous avez défendus. Vous avez arrêté d'obéir au décret, mais vous en avez blâmé les bases. Obéir est le devoir d'un bon citoyen; juger et censurer un droit de l'homme libre : voudroit-on nous enlever le droit de censure? Mais vous ne seriez plus libres, vous ne seriez plus que de misérables esclaves, forcés de vous agenouiller devant la tyrannie de vos représentans. Les Anglois, on le sait, sont loin de la hauteur oti nous avons porté la liberté, et cependant ils ont conservé l'inaliénable faculté de censurer les lois du parlement, d'en demander constamment la réforme jusqu'à ce qu'elle soit obtenue...

« Les députés patriotes qui se sont réunis aux Feuillans sont dupes ici de l'intrigue de quelques hommes que la soif de dominer tourmente. Ils ont longtemps voulu régner sous le nom du peuple : alors ils vantoient sa souveraineté; ils veulent aujourd'hui régner sous le nom d'un fantôme de roi, qu'ils retiennent prisonnier, après l'avoir déclaré inviolable, et ils prêchent son inviolabilité absolue. Ils vouloient régner par les clubs et ils vantoient les clubs. Ils les dénoncent, ils les persécutent, aujourd'hui qu'ils sont démasqués. Lorsqu'ils défendoient la bonne cause, ils prêchoient la réunion entre tous les patriotes ; ils excitoient tous les esprits contre une société schismatique qui se formoit. Aujourd'hui ils arborent eux-mêmes l'étendard du schisme; et pourquoi? Parce que vous n'avez pas adopté aveuglément leur opinion, parce que vous avez eu l'audace d'en avoir une autre ; dès lors ils vous appellent des hérétiques et des factieux. J'avois, depuis longtemps, prévu le dénouement de la comédie qu'ils jouaient. Un patriote, disais-je, qiii sacrifie une seule fois la cause de la liberté,- la sacrifiera dans tous les cas où son intérêt le lui commandera. Déliez-vous, ajoutai-je, des hommes qui, sous le prétexte de raisons d'état, capitulent avec les principes; c'est le ca-

ractère du faux patriote; le vrai patriote est inflexible, invariable dans sa conduite; cette homogénéité de principes et de conduite, cette constante probité est son trait distinctif.

« L'événement a démasqué ces faux patriotes et ne laisse plus à découvert que leur ambition de dominer. On vouloit, par vous, commander l'opinion publique. Cette opinion se déclare contre eux, et aussitôt ils veulent briser l'ouvrage même de leurs mains ; ils veulent élever autel contre autel...

«... Vous n'avez donc rien à redouter de ce schisme; il dévoile vos adversaires; il prouvera votre force...

»< Ne redoutez donc rien des manœuvres de la coalition : l'incapacité, les perfidies, les intérêts opposés de ses chefs les renverseront très promptement...

«... Laissez encore l'intrigue s'agiter au dehors pour tromper, et les départemens, et nos sociétés affiliées...

«... Or, dans cette question, la lumière a été portée au plus haut degré : elle l'a été par les journaux dans lesquels les départemens ont placé leur confiance; car, et je dois m'en féliciter ici avec tous les amis de la liberté, il n'y a qu'un cri sur cette question parmi tous les journalistes patriotes; le reste, composé de feuilles infectées par l'aristocratie, ou de feuilles sans couleur ou insignifiantes, déshonore plus nos adversaires en les louant, »|u'en les blâmant (1). »

Peu de jours après, le 27 juillet 1791 (2), la même feuille récriminait ainsi sur l'envoi d'une adresse des Feuillants aux Sociétés des départements :

« Qui est-ce qui a payé les frais de l'envoi des courriers de la Société des Feuillans dans les quatre-vingt-trois départemens? estce le salaire de la députation? est-ce la liste civile, ou la caisse de l'extraordinaire ? Au reste, ces courriers n'ont pas été généralement bien reçus. On a suspecté cet empressement.

« La Gazette universelle a déjà annoncé comme un grand triomphe l'affihation d'uNE société de département aux Feuillans. >>

La Société des Amis de la Constitution séante aux Jacobins ne pouvait manquer d'affirmer, elle aussi, le bien fondé de son attitude et de publier les raisons qui militaient en sa faveur.

Les Jacobins avaient, le 17 juillet 1791, pris un arrêté et rédigé une Adresse de leur Club aux patriotes de France, auxquels ils décla-

(1) Patriote françois, n» 709, 19 juillet 1791.

(2) Patriote français, n" 717. 27 juillot 1791.

raient catégoriquement l'influence de certaines personnalités dans la scission, en s'élevant contre les calomnies dont eux-mêmes étaient l'objet :

« La question de la royauté a divisé en deux parties la Société des Amis de la Constitution, séante aux Jacobins. Ceux que l'exagération outrée de l'esprit de la Société a forcés à se retirer, ont formé une seconde Société d'Amis de la Constitution séante aux Feuillans. L'ancienne Société ménage peu la nouvelle; suivant elle, MM. Barnave, Duport, Lamelh^ etc , ont établi un schisme parce qu'ils ne pouvoient plus dominer. Sans examiner encore la justesse de ces reproches, après avoir remarqué que la nouvelle Société est en ce moment environnée de l'approbation des bons patriotes et vrais amis de la Constitution, nous nous bornerons à présenter l'arrêté de l'ancienne Société dans sa séance du 17, avec l'adresse qu'elle envoie aux sociétés des départemens, et l'adresse qu'envoie de son cCAô la nouvelle Société aux mêmes sociétés des départemens. »

«■ Arrêté de la Société séante aux Jacobins, du f 7 .

« La Société des Amis de la Constitution, délibérant sur les circonstances présentes ; considérant que les ennemis du bien public ont profité de cette occasion pour redoubler leurs calomnies contre des citoyens uniquement et constamment dévoués au salut de la chose publique; considérant qu'on a particulièrement répandu avec profusion, comme des productions de la Société, plusieurs imprimés, ou entièrement faux, ou insidieusement falsifiés : déclare qu'elle dément formellement et ces faux bruits et ces faux imprimés. Déclare, de plus, que les membres qui composent ladite Société, fidèles à l'engagement que leur impose le titre qu'ils ont pris d'Amis de la Constitution, jurent de nouveau de la maintenir de tout leur pouvoir, et d'être, ainsi qu'ils l'ont toujours été, soumis aux décrets rendus par l'Assemblée nationale. — En conséquence, elle a arrêté, à l'unanimité, d'envoyer la présente déclaration à toutes les sociétés qui lui sont affiliées, et de lui donner la plus grande publicité par la voie des journaux et par tous les autres moyens autorisés par la loi. »

« Dans la même séance, il a été arrêté encore qu'il seroit envoyé une adresse aux sociétés affiliées.

« Adresse de la Société des Amis de la Constitution aux Sociétés

affiliées.

« Au moment où nous croyions, après avoir vaincu tous les ennemis de la Constitution, voir l'Assemblée nationale toucher au tei'me

de ses grands travaux, un triste événement vient suspendre notre joie et nos espérances. Un schisme se manifeste au sein même de cette Société, qui se glorifioit de posséder dans son sein les plus intrépides défenseurs de la Révolution, et de rallier autour d'elle les vœux de toutes les sociétés patriotiques de la France. En vous en exposant les causes, pardonnez-nous de jeter un voile sur la plupart; il est triste pour des amis de la patrie d'accuser ceux qu'ils ont chéris comme leurs frères. — Vous avez vu les combats soutenus sur la grande question de l'évasion du roi et son inviolabilité absolue. L'opinion de la Société vous est connue; elle se glorifie de la partager avec presque toutes les Sociétés du royaume. — Constante dans la marche loyale et franche qu'elle a toujours suivie dans ses discussions, elle avoit ouvert une arène libre à toutes les opinions. Le parti pour lequel penchoit la Société n'étoit pas celui qui triomphoit dans les comités. La plupart de leurs membres se sont abstenus d'y paroilre. Le décret a été rendu contre les principes soutenus par la Société. — Soumise aux décrets, elle a respecté la décision de l'Assemblée nationale. Mais ce succès n'a point découragé les hommes qui, désespérés d'avoir perdu dans la Société un ascendant qui n'est dû qu'à la raison, ont cherché à se venger en essayant de briser l'autel même sur lequel ils avoient tant de fois soutenu la cause de la patrie. Se fondant sur une protestation contre les décrets (protestation qui n'a jamais existé), ils ont effrayé, égaré les esprits des membres de l'Assemblée nationale qui étoient restés attachés à cette Société, et, dans une séance particulière tenue aux Feuillans, la scission a été résolue. Elle nous a affligés, sans nous décourager. Ce schisme est le fruit de la surprise, de l'erreur, et l'erreur n'a qu'un tems. L'Assemblée nationale renferme dans son sein une masse respectable de patriotes vertueux qui veulent sincèrement la Constitution : or, il est impossible qu'éclairés sur les manœuvres par lesquelles ils ont été séduits, entraînés par l'exemple de ces députés qui ont toujours été fidèles aux vrais principes, des Pétion, des Robespierre, etc., qui nous restent invariablement unis, ces Amis de la Constitution se séparent longtemps d'une Société qui peut se glorifier d'avoir été son berceau, d'avoir été constamment son boulevard, qui persévère et persévérera toujours dans les mêmes principes. Non, nos frères ne croiront pas qu'une Société qui a donné des preuves aussi frappantes de son patriotisme les efface en un moment et déchire son propre ouvrage. Nous vous conjurons donc, au nom de la patrie, de ne point précipiter votre décision sur ce schisme, d'attendre les lumières que l'avenir vous fournira, de comparer notre

conduite, nos principes, avec ceux de nos adversaires. Nous vous conjurons de continuer une correspondance si nécessaire, dans un temps où nos divisions peuvent relever les espérances des ennemis de la chose publique. Son salut tient à la réunion de tous à la Constitution. Que ce mot nous serve de ralliement : il ne peut nous égarer. Nous avons juré de mourir fidèles à cette Constitution. Vous avez prêté le même serment. Des frères qui n'ont que le même objet ne peuvent rester longtemps désunis... (1). »

La presse révolutionnaire, se mettant de la partie, ne parlait pas plus haut de patriotisme que ne le fit la presse contre-révolutionnaire. Le Babillard écrivit :

(( Société des Amis de la Constitution^ séante aux Feuillans.

« Tous les membres patriotes de l'Assemblée nationale, à l'exception de cinq ou six, se sont réunis à cette Société. Les dernières séances des Jacobins n'ont pas ou cent personnes : tous les honnêtes gens étaient depuis longtemps fatigués de l'empire que les factieux avaient usurpé, et tous, avec le plus vif empressement, ont abandonné la place à cette bande effrénée. Les véritables Amis de la Constitution s'assemblent aux Feuillans, oîi les sociétés des départcmens vont bientôt reconnaître les seuls affdiés et les seuls correspondans qu'il leur importe de conserver (2). »

Cette assertion était absolument contraire à la vérité, ainsi qu'on l'a vu plus haut. Le mot de factieux., ceux de hande effrénée trompaient le public patriote.

Dans la séance du 18 juillet 1791, aux Jacobins, Pétion annonça, comme « l'opinion particulière de quelques-uns des membres des Feuillants, que l'intention de ces messieurs était d'admettre parmi eux les membres des Jacobins qui voudraient se soumettre à la formalité d'usage pour la réception (3). » L'objet fut ajourné; personne ne prit la parole en faveur de cette opinion.

Quelques jours après, \e Babillard démasquait ses batteries; il ne

(1) Adresse de la Société des Amis de la Constitution séante aux Jacobins de Paris, aux Sociétés affiliées (17 juillet 1791). — Le Patriote français, du 20 juillet 1791, reproduit cette adresse, avec quelques; variantes dans la rédaction.

(2) Le Babillard, numéro du 21 juillet 1791.

(3) Séance du 18 juillet 1791 aux .lacnbins, présidence de M. Bouche.

pensait qu'aux prérogatives de la royauté, en fait de régime constitutionnel, et il traçait l'apologie de Le Chapelier dans les phrases qui suivent (1):

« Société des Amis de In Constitution, séante aux Feuillans. Dans la séance du 19 du courant, M. Chapelier a fixé l'attention de l'Assemblée sur les mesures à prendre pour assurer la liberté du roi, quand on lui présentera l'acte constitutionnel. Il a dit que le comité de constitution présenterait un projet de décret par lequel l'Assemblée nationale déclarerait à toute l'Europe que Louis XVI est libre d'accepter ou de refuser la charte constitutionnelle du peuple françois; l'Assemblée déclarerait encore à Louis XVI qu'il est libre de conserver la couronne ou d'y renoncer, de choisir telle ville du royaume qu'il jugera convenable pour y examiner l'acte constitutionnel, et de prendre pour la sûreté de sa personne telle garde qu'il jugera nécessaire.

« Les Amis de la Constitution, en applaudissant à ces mesures, ont montré des inquiétudes sur la liberté qu'on laissait au roi de s'environner d'un nombre infini de gardes qui ne seraient pas désignés. MM. Salles et Chassey ont observé que si les aristocrates et les contrerévolutionnaires pouvaient entourer Louis XVI, ils dicteraient sa réponse et se rendraient maîtres de toutes ses volontés. M. Chapelier a répondu que le roi ne devait pas avoir la faculté de choisir ses gardes parmi les ennemis de la France qui sont aussi les siens; mais seulement parmi les citoyens armés qui composent la force publique. Cette explication a dissipé toutes les craintes, et l'opinion de M. Chnpelier est devenue celle de la Société. »

A moins d'être décidés à se lancer dans la réaction, les dissidents devaient regretter parfois leur acte séparatiste.

Plusieurs Feuillants demandèrent à rentrer dans la Société des Amis delà Constitution^ séante aux Jacobins. Sur la motion de Robespierre, appuyé par le girondin Guadet, la Société vota à l'unanimité l'exclusion de ses membres devenus Feuillants.

11 y eut pourtant des pourparlers entre les deux Sociétés. On espérait toujours une réconciliation complète ou partielle.

A la lin de juillet, YOrateur du peuple imprima : « Barnave, Lameth, fondateurs du Club des Jacobins, sont parvenus à semer la division parmi celte Société. Clermont-Tonnerre, qui a eu à sa solde, pendant l'hiver dernier, dix à douze auteurs faméh'ques, à .'JOO li-

(1) Le Bahlllard, numéro du 2.3 août 1791.

vres par mois, est membre de ce nouveau Club monarchique (1). »

Le 20 juillet 1791, les Jacobins nommèrent une première députation pour se rendre aux Feuillants. C'étaient Mendouze (2) et Kersaint (3). Le premier avait formulé et fait adopter cette motion : « Que les membres composant la Société séante aux Feuillans soient rappelés aux Jacobins, et qu'il soit nommé trente commissaires, dont quatorze appartenant à l'Assemblée nationale, pour procéder à la réforme du régime intérieur du Club. » Le second partageait l'opinion de Mendouze, mais sans enthousiasme.

Cette avance prouvait la bonne volonté des Jacobins, regrettant la division, et revenant sur leur décision indiquée plus haut, disposés à vivre en bonne intelligence avec les personnes, sans rien céder quant aux principes.

Comment répondit la Société des Feuillants? Par un moyen dilatoire imaginé par Goupil de Préfeln, qui avait présidé les Jacobins en mai 1791, et dont les opinions, pendant toute sa vie, ont été tantôt monarchiques, tantôt républicaines; qui, plus tard, siégea au Tribunal, après avoir appuyé le coup d'État du 18 brumaire.

Goupil de Préfeln présidait alors le Club des Feuillants. Il répondit que la Société n'était pas assez nombreuse en ce moment pour délibérer sur un objet si important; qu'elle examinerait, dans sa prochaine séance, la proposition des Jacobins.

La députation rendit compte immédiatement de sa mission. C'était le mercredi 20 juillet 1791. Les Jacobins virent bien que leurs anciens collègues, devenus Feuillants, affectaient à leur égard l'indifférence et le mépris, que la majorité s'obstinait.

Le 22 juillet, un membre des Jacobins proposa d'envoyer une seconde députation aux Feuillants. Santerre et plusieurs membres représentèrent cette mesure comme indigne de la Société. Bourdon, deux jours après, lut un projet d'adresse aux Feuillants. Robespierre exposa que l'on devait « décider, avant tout, que la Société avait été et serait toujours celle des Amis de la Constitution. »

Le 24 juillet, aux Jacobins, on comprit que la Société des Feuillants « se considérait comme la vraie et légitime Société des Amis de

(1) L'Orateur du Peuple, t. VU, n" 9. — Voir plus haut, Club monarchique.

(2) Mendouze faisait partie, aux Jacobins, du comité de présentation et de vérification.

(.3) Armand Guy, comte de Kersaint, futur conventionnel. Guillotiné le 4 décembre 1793.

la Constitution. » La réponse des Feuillants au président des Jacobins l'ut lue :

« Monsieur, la Société des Amis de la Constitution, délibérant sur les propositions qui lui ont été faites de la pari de celle que vous présidez, a décidé qu'elle ne pouvait pas les admettre. Elle a cru cependant devoir prendre des moyens faciles et sûrs pour recevoir dans son sein ceux d'entre vous qui pourraient désirer de s'y réunir. La Société, Monsieur, vous fait passer un extrait des articles qu'elle a arrêtés, dans cette intention, à sa dernière séance, afin que vous en donniez connaissance à la Société que vous présidez.

« Goupil-Préfkln, ^)m?'(/e/j/. »

Cela ressemblait fort à un refus.

Parmi les articles dont parlait Goupil de Préfeln, on trouvait celuici : « Les seuls citoyens actifs seront reçus par les Feuillants. » Ceux-ci excluaient donc les « pauvres », observait-on. La presse patriote s'occupa des tentatives de réconciliation, des conditions inconvenantes faites par les Feuillants.

Le Courrier de Gorsas contenait ces phrases dans un de ses numéros :

« La Société des Amis de la Constitution réunis aux Jacobins députa, avant-hier, plusieurs de ses membres vers le Club des Feuillans pour les (sic) proposer de mettre lin à toutes les divisions. « Nous sentons, a dit à peu près l'orateur, la nécessité de purger notre Société d'un amas d'intrigans et d'aristocrates; mais quelques membres gangrenés ne doivent pas relâcher les liens des vrais amis de la Constitution. Nous vous supplions, frères et amis, de ne pas perpétuer un schisme funeste pour la cause publique. Réunissonsnous, et, par le moyen d'un scrutin épuratoire, repoussons les membres suspects qui pourroient nous diviser encore. » — M. Bouche, président de la Société, répondit que « l'on délibéreroit sur cette demande. Puisse une démarche aussi louable n'être pas infructueuse!... (1). »

Mais, d'après une lettre adressée à Corsas, les Feuillants firent la réponse suivante aux Jacobins, réponse remise par un commissionnaire à un censeur :

« Nous ne pouvons acquiescer à vos propositions. Nous vous envoyons notre règlement... (2). »

(1) Courrier de G.orsas, 1791, 22 juillet, ii" XXII. (2j Courrier de Gorsan, 1791, 29 juillet, ii" XXiX.

Los Annales patriotiques constatèrent : « Le Club des Jacobins a t'ait, pour la réunion, les propositions les plus amicales et les plus justes à celui des Feuillants. Elles ont été rejetées avec hauteur par ces derniers. Quelle sera la suite de cette scission? Je Tignore, Mais je dois dévoiler aux Sociétés des départements le projet secret et (juc je puis affirmer. On veut dissoudre tous les clubs de France, leur vigilance importune. Que les amis de la liberté, dans ces clubs, se rallient autour des principes et s'opposent à cette dissolution. Ce serait le signal de la perte de la liberté (1) »

Le môme jour, le Patriote franmis invitait toutes les Sociétés des départements à correspondre avec les deux de Paris et à imiter celle de Versailles, qui a témoigné qu'elle resterait attachée à celle des deux qui serait « la plus fidèle aux principes de la Constitution, fondée sur la déclaration des droits. »

La veille, le Journal de la Révolution émettait cet avis : — «... Si la réunion ne s'opère pas, les Jacobins, par leurs rapprochements fraternels, se seront mis du moins à l'abri de tous reproches. Si les dissidents persistent à faire schisme, il est vraisemblable qu'il s'étendra sur tout le royaume, et qu'ainsi les liens qui, d'un bout de la France à l'autre, unissaient tous les amis de lat^onstitution et entretenaient sur la surface de l'empire une masse imposante de lumières, de vigilance et de patriotisme, il est probable, disons-nous, que ces liens seront brisés; et c'est ce que nos ennemis désirent et préparent depuis si longtemps En effet, parmi les sociétés affdiées, les unes pourront s'attacher aux Feuillants, les autres aux Jacobins, d'autres rester neutres; et, dès lors, plus d'union, plus de cette correspondance suivie, qui, d'un moment à. l'autre, surveillait, éclairait les complots perfides, et en a tant déjoué depuis le commencement de la Révolution... (2). »

Imitant les Feuillants, les Jacobins épurèrent leur Société; ils voulurent que ses membres donnassent des gages d'attachement complet aux principes qu'ils professaient.

On lit dans les Révolutions de Paris^ du 23 au 30 juillet 1791, n" 107 :

« La Société des Amis de la Constitution, séante aux Jacobins, a arrêté que tous les membres qui désirent rester dans son sein seront tenus de signer la déclaration suivante :

(1) Annales patriotiques de Carra, numéro du 25 juillet 1791. (à) Journal de ta Révolution, numéro du 24 juillet 1791;

w Je déclare que j'ai l'intention de rester membre de la Société des « Amis de la Constitution, séante aux Jacobins, et que je me soumets « à tout mode d'épreuve épuratoire déterminé par elle. »

« En vain la coalition a-t-elle déserté cette Société, elle n'en a emporté que les erreurs et les préjugés, le patriotisme y est resté. Les coalisés réunis aux Feuillans calomnient de toutes parts la Société des Jacobins... »

Tout individu qui voulut faire partie du Club des Jacobins dut préalablement adhérer à la note ci-dessus, citée aussi par le Courrier de Gorsas, qui publia cet avis :

« Avis à loutes les Sociéli's affiliées aux Jacobins.

« Les sociétés affdiées qui désirent que leurs paquets parviennent aux Jacobins et non aux Feuillans, sont priées de mettre l'adresse suivante : « A l'adresse des Amis de la Constitution, séante aux Jacobins. » — Sans cette précaution les paquets s'engloutissent dans la boëte des amis de la liste civile. — Les journaux patriotes sont priés d'insérer cet avis (1). »

Parmi les Sociétés de province, les unes demandèrent la réunion des Jacobins et des Feuillants; d'autres adhérèrent à ceux-ci, d'autres, enfin, continuèrent leur affiliation avec les Jacobins seuls.

Comparons les totaux — pour la réunion, — pour les Feuillants, — pour les Jacobins.

Jusqu'au 31 juillet, pour la réunion se prononcèrent les Sociétés d'Artonne, de Versailles, de Melun, du Havre, de Poitiers, d'Aire, de Villeneuve -le-Roi, de Rennes, de Bernay, de Beaune, de Noyon, de Beaugency, de Riom, de Semur, de Louviers, d'Alençon, de Verneuil, de Dijon, de Valence, de Lorient, de Saint-Sever, de Valan, de Montauban, d'Huningue, de Givry, de Chartres, d'Orléans, de Maubeuge, d'Autun, de Saint-Malo, de Troyes, de Courtenay, de Bordeaux, d'Angers, de Bléré, de Grenoble, de Saint-Etienne, de Beauvais, de Sèvres, de Faouet, de Château-Renard, d'Argentan, de Bergerac, de Villefranche (Rhône-et-Loire), de Tournus, de Saint-Denis, de Baycux, de Nantes, de Belfort, de Chinon, de Port-Louis, de Besançon, de Mer, de Pont-de-Vaux, de Meyssac, de Mugron, de Montpellier, de Romans, de Saint-Servan, de Charolles, d'Ornans, de Guingamp, de Turenne, d'Annonay, de Saint-Brieuc, de Saint-Gengoux-le-National, de Condrieux, de Cadillac, de Beausset, de Castelnaudary, de

(1) Courrier de Oumas, du 31 juillet 1791, ii° XXXI.

Tonneins, de Mâcon, de Guérande^ de l'Ile-en-Jourdain, de Reims, de Bœchiseiler, d'Alais, de Soissons, d'Aubagne.

Soit au moins soixante-dix-neuf Sociétés de province.

Firent adhésion aux Feuillants les Sociétés : de Chàlons-sur-Marne, de Tours, de Lyon, de Nevers, d'Auxerre, de Brie-Comte-Robert, de Valognes de Bar-sur-Seine, de Cherbourg, de Saint-Omer, de Péronne, de DiMe, de Les Riceys, de Saint-Dié, d'Agen, de Cholet, de Marmande, de Vienne, de Vimoutier, de Colmar, de Verneuil, de Villeneuve-d'Agen, de Merin, d'Alby, de Fontenay-le-Comte, de Souillac, de Nimes, de Bagnols, d'Auch, de Saint-Lô, de Guéret, de Muretj de Toulouse, de Tarascon, de Calais, de Clairac, de Castél- Sarrazin, de Rouen, de Mirande, de Limour, de Tartas, de Montfaucon.

Le 14 août, quatre Sociétés se rallièrent aux Feuillants : celles de Rouen, de Commercy, de Cambray, et d'une ville indiquée par ces mots : proche Cambray.

Soit, au total, quarante-six Sociétés.

Plusieurs Sociétés de province attaquaient vivement les Feuillants, reprochaient à l'Assemblée nationale de garder dans son sein quatrevingt-quinze députés qui avaient voté contre ses décrets après la fuite du roi.

Firent union pure et simple avec les Jacobins : les Sociétés de Châlon-sur-Saone, d'Effiat, de Brest, la Société populaire de Lyon, les sociétés de Tulle, de Riom, de Versailles (déclaration du 29 juillet), de Pontoise, de Chàteaudun, de Strasbourg, d'Artonne (qui prit parti pour les Jacobins), de Nogent-le-Rotrou, d'Amiens, d'Argental, de Moissac ; (it enfin plusieurs Sociétés de Paris. Ajoutons que d'autres Sociétés se prononcèrent nettement : Meaux, Marseille, Toulouse, Lille, Toulon, Bordeaux, Nancy, Limoges, Saint-Omer, Metz, Evreux, Dieppe. Le nombre des affiliations augmenta de jour en jour.

Les Sociétés de Calais et de Chinon, faisant des vamx pour la réunion, correspondirent provisoirement avec les Feuillants et les Jacobins.

Les Nomopkiles envoyèrent, en août 1791, une adresse aux Jacobins et aux Feuillants pour les engager « à se tendre réciproquement les bras. »

Mais la querelle s'envenimait, aussi bien dans la presse que dans les deux clubs.

Les Feuillants se croyaient sûrs de la victoire, et ils appuyèrent sur l'exclusion des Jacobins de leur Société, n'imaginant pas que

celle-ci éprouverait des défections. Mais les choses tournèrent à leur désavantage.

Le Courrier de Gorsas (1791, n" V, 5 août) annonça :

« Sociélé des Feuillans.

« La Société des Feuillans ayant arrêté qu'on ne pouvoit pas appartenir en même temps à la Société séante aux Jacobins, plusieurs membres se sont retirés; de ce nombre sont MM. Kervelegan (1), Buzot, Anthoine et l'évêque de Blois (2), etc. (Ils étoient en môme temps des deux Sociétés.) Ce qui les a encore déterminés à prendre ce parti, est le résultat du scrutin épuratoire, au moyen duquel la Société des Jacobins se trouve complètement purgée. »

Ce fait est rapporté aussi par Carra (3). .

Aux Jacobins tentant une réconciliation, les Feuillants répondirent qu'ils n'admettraient parmi eux que les Jacobins qui accepteraient leurs nouveaux règlements. Or, nous le savons, un des articles de ces règlements interdisait de recevoir quiconque n'était pas « citoyen actif », ne payait pas d'impôt direct. C'est alors que, selon la motion de Robespierre, les Jacobins adressèrent à leurs correspondants de province une adresse établissant que la scission entre les deux clubs provenait de l'exclusion des « pauvres « par les Feuillants. Un règlement nouveau des Jacobins épura et réorganisa leur club, qui prit une extension de plus en plus considérable.

En août 1791,1e Courrier de Gorsas proclamait le triomphe des Jacobins, auxquels les Feuillants « éclairés enfin » se rendaient en grand nombre, comme on l'a vu par la comparaison de la première liste avec la deuxième (4).

« Les Feuillans sont presque entièrement abandonnés, remarquait le Patriote Français. Les chefs du schisme n'y reparoissent plus, les meilleurs patriotes se sont réunis aux Jacobins, et il faut espérer qu'avant peu de temps on se souviendra à peine qu'il a existé un schisme (5). »

Néanmoins, les dissidents eurent encore un regain de succès, à cause de leurs relations avec l'autorité municipale de Paris. Plusieurs

(i) Constituant; plus tard conventionnel, membre du conseil des Anciens, des Cinq-Cenis et du Corps législatif.

(2) L'abbé Henri Grégoire, évêque constitutionnel de Blois.

(3) Annales patriotiques.

(4) Listes imprimées plus haut, p. 286 et suiv.

(5) Le Patriote français, 21 août 17'J1, p. "42.

338 LES CLUBS GONTRE-RKVOLUTIONNAIRES

journaux modérés leur prêtèrent assistance, ne leur ménagèrent pas

les réclames, comme on dirait aujourd'hui. ,

La Gazette nationale^ favorable aux Feuillants, inséra la déclaration suivante :

« La Société des Amis de la Constitution séante à Châlons, département de la Marne, déclare qu'à compter de ce jour^ elle n'entretiendra plus de correspondance avec aucune Société de l'empire, si , ce n'est avec la Société des Amis de la Constitution, séante aux Feuillans, et les autres Sociétés qu'elle considérera comme lui étant affiliées (1). »

D'autre part, la Société des Jacobins d'^Effiat déclara qu'elle restait avec la Société-mère ; celles de Chartres, de Brest, de Dieppe, de Sezanne, de Beaugency, de Poitiers, de Lesparre, d'Aire, de Lyon et d'Orléans, opinèrent de même. La Société de Strasbourg- décida qu'elle correspondrait et avec les Feuillants et avec les Jacobins (juillet 1791).

A la fin de juillet, la Société de Riom annonça aux Jacobins qu'une partie de ses membres avait arrêté de correspondre avec les Feuillants, et que, alors, les vrais Amis de la Constitution s'étaient retirés dans la maison des Génovéfains et priaient les Jacobins de correspondpe avec eux (2).

Il paraît que la propagande feuillantine outrepassait de justes bornes. Vavin, architecte, écrivit qu'il rétractait formellement sa signature apposée à la déclaration des Feuillants, qu'on lui avait présentée chez un limonadier, sans lui donner le, temps de la lire.

VU

De graves accusations furent portées contre ces modérés qui s'entendaient avec le monde officiel, ou du moins qui trouvaient des appuis dans les fonctionnaires du gouvernement, humbles ou élevés.

« On sait maintenant, imprimait, le 31 juillet, le Patriote Francah^ et ce fait est certain, que c'est M. Delessart (3) qui a payé les frais des courriers extraordinaires envoyés par les Feuillants pour tromper tous les départements. »

Les Feuillants participèrent à la diplomatie à partir du mois

(1) Gazette nationale, du 27 juillet 1791.

(2) Sçance du mercredi 27 juillet, au Club des Jacobins. (.'}) Ministre de Tintérieur jusqu'au 30 novembre 1791.

d'aoùL 1791. Et cependant leur influence allait s'amoindrissant. « Les Feuillants commencent à jouer de leur reste », écrivait Dusaulchoy (1).

En même temps, leurs .partisans se permirent de critiquer leur façon d'agir, de leur donner des conseils pour arriver au grand public et pour ne pas rester en arrière des clubs rivaux les plus fréquentés.

Un journal du Palais-Royal et des Tuileries, rédigé par Esmenard, monarchiste, et déjà plusieurs fois cité par nous, les critiquait, imprimait ces lignes :

. « On parle beaucoup de la Société deg Amis de la Constitution, sécante aux Feuillans. On se plaint avec raison de ce qu'une assemblée où se réuAissent 400 députés et tout ce qu'il y avait d'hommes honnêtes, éclfiirés, vraiment patriotes, dans le Club des Jacobins, ne publie pas le résultat de ses séances. Plusieurs personnes désireraient que le public y fût admis, ou du moins qu'il fût instruit par un journal des délibérations qu'on y prend. On sait que la révision des décrets doit y être discutée au premier jour. Cette matière est d'un intérêt universel, et l'opinion de la Société ne peut être indifférente. Les Jacobins publient la liste vraie ou fausse des clubs dont ils ont conservé la correspondance ; mais puisque le plus grand nombre a demandé raffîliation à la Société des Feuillans, celle-ci devrait bien faire connaitre les véritables amis de la Constitution et des lois (2). »

D'autres journaux, de nuances diverses, s'occupaient toujours de la scission, constataient les phases de la lutte et ne manquaient pas de montrer combien les Jacobins déployaient d'activité afin de l'emporter sur les Feuillants qui les avaient quittés, et dont ils se p'assaient. »

Contrairement à ce que prétendait le Babillard sur le nombre des affiliés aux Feuillants, la Chronique de Paris se plaisait à constater :

« ... Les Feuillants vont rentrer dans le sein maternel et se i(!Joindre aux Amis de la Constitution et de l'étroite observance, et les Feuillants se trouveront réduits à cette mincjrité de noblesse qui avait corrompu les Jacobins pour y dominer et avait voulu les perdre depuis quelle n'y dominait plus... (3). »

(1) Révolutions de France et <le ISrahant, n" 87, p. 15 et .suiv.

(2) Le Babillard, du 2 août 1791.

(.3) Numéro du 14 août 1791. La Chroni(/ue de Paria parut depuis le 24 août 1780 jusqu'au 23 août 1793.

C'était faire le procès aux meneurs des modérés. Ce journal se iigurait déjà, prématurément dans tous les cas, que la plus grande partie des dissidents reviendraient bien vite à résipiscence et reprendraient leurs places parmi les citoyens plus avancés, en reniant les chefs de la Société feuillantine, qui se bornaient à préparer, par leurs discussions, les travaux de l'Assemblée nationale, sans rien voter, qui formèrent la droite de la nouvelle Assemblée.

Carra annonça :

« il fut question (dans la séance du 17 août, aux Jacobins) de savoir si la Société admettroit en masse le Club des Feuillans, qui se proposoit de venir se réunir à nous dans la même soirée. La proposition étoit délicate ; la Société désiroit bien recevoir en masse ceux auxquels on avoit adressé des lettres particulières d'invitation; mais elle vouloit réfléchir sur l'admission des autres, et principalement de ceux qui avoient prolesté dans un libelle contre la Société-mère; de sorte qu'elle a pris le parti de passer à l'ordre du jour, en maintenant cependant son arrêté sur les invitations particulières, dont le nombre sera augmenté à mesure qu'on connoitra les membres aux(juels cette invitation doit être adressée (1). «

Le Patriote français publia cet article :

« Les Jacobins, pour remplir le vœu des Sociétés des départemens, ont tenté un dernier effort pour se réunir aux Feuillans. Ils ont offert de laisser rentrer en masse tous les députés, quoique beaucoup d'entre eux méritassent d'être à jamais exclus, par leur apostasie des principes, et par les calomnies qu'ils ont répandues contre la Société. Les députés feuillans ont demandé plus; ils veulent faire rentrer avec eux, et sans scrutin épuratoire^ la horde d'étrangers qui les a suivis... Les Jacobins veulent absolument, pour ces externes, un scrutin purificatoire, et ils ont raison; sans cela, le désordre régneroit bientôt dans la Société (2). »

Dans la séance du 21 août, aux Jacobins, M. Chevalier (3) annonça, par une lettre, l'intention de revenir dans la Société-mère.

Un arrêté du même jour porta que les députés à l'Assemblée nationale, <( maintenant séants aux Feuillants, sont invités à rentrer au sein de la Société-mère : ils n'auront besoin, pour y être admis,

(1) Annales patriotiques de Carra, du 20 août 1791; n- G87.

(2) Le Patriote français, 1791, 26 août, no 747.

(3) Son nom se trouve sur les deux listes des membres du Club des Feuittants. (Voir p. 287 et 298.)

d'autre titre que celui de membre de la Société. » Ceux qui n'étaient pas députés seraient réadmis après avoir signé la déclaration et s'être soumis à un scrutin préparatoire.

Dans la séance du 22 août, on résolut d'envoyer aux Feuillants cette lettre : « Frères et amis, la patrie est en danger. Le salut public vous appelle au sein de la Société. Toutes les Sociétés du royaume vous y invitent. Vos frères vous attendent. » Durand de Maillane dit que les commissaires jacobins avaient été bien reçus par les Feuillants.

« Les Amis de la Constitution, séans aux Jacobins, ont fait une nouvelle et honorable démarche auprès des Feuillant pour les inviter à une réunion que les circonstances critiques où se trouve la chose publique exigent impérieusement. MM. Barnave, Lameth et leurs amis ont ajourné à quinzaine cette proposition amicale et civique. Qu'on juge à présent où sont les vrais amis de la Constitution, de la concorde et de la paix! Les aristocrates et les intrigans se flattent que cette scission amènera la dissolution de toutes les sociétés patriotiques : ils se trompent, elles croîtront et multiplieront en raison directe des persécutions ministérielles qu'on leur fera éprouver (1). »

« Nous avons annoncé la dernière et honorable démarche des Amis de la Constitution, séans aux Jacobins, auprès des feuillantins ou feuilles mortes : plusieurs bons patriotes de cette dernière Société vouloient qu'à l'instant la réunion se fit. MM. Barnave et Lameth, qui détestent les Jacobins, depuis l'instant où leurs opinions antimorales et anti-humaines sur nos malheureux frères les gens de couleur libres des colonies leur ont fait perdre l'empire t7'ès tyrannique qu'ils exerçoient dans cette Société; MM. Barnave et Lameth ont rejette, avec une hauteur insultante, la proposition amicale de réunion. Leur refus a été secondé, aux Feuillans, par beaucoup d'hommes que l'on accuse de boire à la fontaine [miraculeuse de la liste civile. Mais les honorables députés qui n'avoient été entraînés que par erreur aux Feuillans^ ou qui s'étoient rendus dans ce club pour y observer les manœuvres et tempérer, par leur influence, celle de la liste civile; ces députés, indignés du despotisme du petit B (Barnave) et des rois de la quatrième race, ont quitté le parc des feuilles mortes et se sont réunis en grand nombre aux vrais Amis de la Constitution séans aux Jacobins. »

M. Anthoine, député, dit, aux Jacobins : « Messieurs, depuis quel- (l) Annales patriotir/ues de Carra, ilu 2fi août iVM, n" 69:L

que temps, plusieurs personnes qui ont concouru à lascmion^ qui se plaçoient ordinairement parmi nous, à une extrémité de la salle [de l'Assemblée), ont pris le parti de se mettre dans un des bas-côtés. De là, ces messieurs régnent; ils font entendre leurs volontés au président. Hier, ils ont fait signe à la partie droite [les noirs) de se lever^,, et, en effet, nous avons remarqué que la partie droite du président {les deux cens (sic) quatre-vingt-dix protestateurs) qui, depuis un mois, s'étoit abstenue scrupuleusement de voter, s'est levée presque toute entière; sans elle, nous l'eussions emporté. » Il s'agissait du décret sur, d'autres disent contre la liberté de la presse (1).

Attaqués par les Feuillants, les patriotes engagèrent avec eux une polémique assez vive. On lit, dans la Réponse de M. Chas à M. Carra, un des auteurs des Annales patriotiques et littéraires (2), l'apprécia-, tion passionnée des malheurs causés par les journalistes révolutionnaires et par les clubs autres que celui des Feuillants, composé « d'hommes honnêtes », suivant le Babillard :

« Plût à Dieu que le législateur eût le courage de créer une loi pour chasser tous ces journalistes vils et stipendiés, et pour détruire ces clubs anti-sociaux qui usurpent les droits de l'autorité et entravent tous les pouvoirs. Tant que ces sociétés existeront, nous n'aurons ni Constitution, ni paix, ni liberté. C'est de ce volcan que partent les foudres qui embrasent la France.

« {En note) : Je ne parle point de la Société séante aux Feuillants, les membres qui la composent sont les véritables défenseurs de la- Constitution et les amis de la paix. J'y vois réunis les vertus, -les lumières, les talens et la pureté du patriotisme. Je sais que dans la Société séante aux Jacobins il y a des citoyens instruits, sages et prudens; mais j'y vois aussi, malgré le scrutin épuratoire, des hommes sans conscience et sans mœurs, des politiques ignorants et stûpides, des motionnaires séditieux, des déclamateurs forcenés, et des républicains féroces (3). » '

Il n'avait pas encore été tracé un tableau aussi exagéré, aussi injurieux de la Société des Jacobins.

Ceux-ci avaient beau jeu, d'après la réalité des faits qui se produisirent et dont l'opinion publique se préoccupait.

Les Feuillants, commfe Barnave, s'intéressaient à la reine (1791),

(1) Annales patriotiques de Carra, du 29 août 1791, n» 696.

(2) Brochure in-S» de 16 p., Pai'is, 14 septembre 1791.

(3) Bib. de la Chambre des députés, recueil, t. LXII Bf-- 222.

après la fuite de Louis XVI. Cela ne faisait pas de doute. Plusieurs d'entre eux ne s'en cachaient pas, au risque de paraître monarchistes.

Le message du 13 septemhre 1791, par lequel Louis XVI fit connaître à l'Assemblée qu'il acceptait la Constitution, était rédigé par des Feuillants. La conduite du roi y était expliquée en ce sens que son éloignement de Paris venait de ce qu'il avait perdu l'espérance de voir se rétablir l'ordre et le respect de la loi. Mais comme l'Assemblée avait réprimé le désordre et modifié certains articles de la Constitution, il promettait de la maintenir.

Ainsi pensaient les Feuillants. Sur la motion^ de La Fayette, l'Assemblée avait mis en liberté les individus détenus à l'occasion de la fuite du roi.

Sur presque toutes les questions traitées par les députés, leS opinions feuillantines semblaient de plus en plus réactionnaires, inspirées soit par la cour, soit par la municipalité de Paris. Elles venaient directement ou indirectement du Club des Feuillants, moindre en nombre d'adhérents, mais ne perdant aucune de ses prétentions et comptant sur la majorité de l'Assemblée nationale, même de celle qui lui succéderait.

Malouet et Barnave furent principalement honnis par les amis des Jacobins pour leur conduite aux Feuillants. Dans une Lettre des Amis de la Constitution d'hsoire, on lisait :

« ... Passez, passez du côté de Malhouet, ou plutôt disparaissez du sanctuaire de législation... C'en est fait, vos noms sont efTacés du tableau de la Révolution... (1). »

Charles Lameth, aussi, fut renié, rayé d'une liste de la Société de Pontoise.

Le Patriote français publiait cette lettre :

« Copie de la lettre écrite à M. Charles Lameth par la Société des Amis de la Constitution de Pontoise, en le rcLyant du tableau de ses membres.

« Monsieur, la Société établie à Pontoise a toujours été et est toujours attachée à celle dés Jacobins. Vous êtes de celle des Feuillans, en conséquence elle a arrêté de vous rayer du tableau de ses membres.

« Signé : Délaissement, vice-président^ Leclerc, secrétaire (2). »

(1) Patriote français, n° 780, du 29 septembre 1791,

(2) Séance du mercredi, 7 septembre, aux Jacobins.

En juillet 1791, Feydel écrivait que sur deux mille quatre cents membres dont était composé le Club des Amis de la Constitution, dix-huit à dix-neuf cents s'étaient retirés des Jacobins, dont un tiers aux Feuillants, et que les six cents restés aux Jacobins s'épuraient.

Dans quel sens s'épuraient-ils? Dans le sens avancé, sans équivoque, en marchant dans la voie révolutionnaire, en ne voulant pas de compromis avec le roi et la cour, en ne soutenant pas, quand même, tel ou tel ministère.

En août-septembre, cinquante-six députés seulement persévérèrent dans le feuillantisme, qui ne cessait pas de lutter contre les avancés. Il était représenté encore par Lameth, Barnave, Duport et quelques autres hommes de valeur.

Dans les premiers mois de l'Assemblée législative (octobre, novembre, décembre), les Feuillants attaquèrent, dans l'Assemblée, les pétitions plus ou moins révolutionnaires présentées collectivement. Leurs vœux furent en partie réalisés. Leur influence ne disparaissait pas. Elle tenait pourtant à peu de chose, car la composition de l'Assemblée législative ne ressemblait pas à sa devancière, dont les membres s'étaient déclarés inéligibles.

Le Club des Feuillants qui, jusqu'alors, avait agi dans la pénombre, s'assembla au grand jour. Carra et d'autres journalistes annoncèrent ce changement d'allures. Les Annales 'patriotiques en prirent acte; elles imprimèrent :

« Les Feuillants ont été enfin forcés de se soumettre au vohi du peuple : leurs séances seront publiques et leurs intentions seront connues. Ils ont inspiré de la méfiance, parce qu'on les croit beaucoup plus amis de la cour et des ci-devant grands, que de la déclaration des droits et de l'égalité, bases de la Constitution. Si leurs opinions et leur conduite surtout viennent à démentir ces justes soupçons, tant mieux; les patriotes se réjouiront d'avoir trouvé des frères là où ils craignaient de trouver l'intrigue et les chefs d'une fraction accusée de vouloir ressusciter la noblesse, et de profiter de la guerre pour établir, par une médiation armée, une seconde chambre législative, une chambre de nobles, un sénat à la Mounier (1). »

(1) Annales patriotiques de Carra, du 15 décembre 1791.

La loi obligeait d'ailleurs les Feuillants, comme les autres clubistes, à ouvrir leur salle au contrôle municipal et public.

V Orateur du peuple remarqua :

« La Société des Feuillans, que tout le monde sait être le rassemblement des ministériels, tiennent à présent leurs séances publiques. .. Ces messieurs (les députés ministériels) tiennent des séances publiques aux Feuillans, pour dire au peuple ce qu'ils ne pensent pas, tandis que, d'un autre côté, ils forment un conciliabule où ils concertent les moyens de l'enchaîner (1). »

Il ajouta, quelques jours après : « Le peuple, qui est persuadé que la Société des Feuillans n'a que le masque du patriotisme, que les séances publiques que ces messieurs tiennent ne les empêchent pas de se réunir chaque soir à la fin de leurs travaux imposteurs, le peuple, dis-je, a résolu sa dissolution, comme il avoit résolu celle des sociétés aristocratiques des capucins et des monarchicns : il s'est transporté en foule à la séance de vendredi dernier, y a reproduit les scènes et les sarcasmes des séances précédentes; c'est-à-dire que les auteurs de l'affiche ministérielle du Chant du coq ont été accueillis par des co, co, co, codet (2). »

Le Chant du coq était un supplément du Babillard, dont il a été question plus haut.

Cependant, le 6 décembre 1791, la feuillante madame de Staël, qui était fort éprise d'un ami de La Fayette, le comte Louis dé Narbonne- Lara, contribua à faire un ministre de ce seigneur spirituel, avantageux et brave.

La promotion de Narbonne aux fonctions de maréchal de camp et de ministre de la guerre fut attribuée à la « coterie » Barnave, Lameth, Duport, etc. N'oublions pas que Narbonne était chevalier de Madame Adélaïde; on le considérait, avec quelque raison, comme un modéré, bien qu'il résistât à Bertrand de Molleville, ministre de la marine, au point d'être bientôt soudainement révoqué, par suite des obstacles que lui opposaient les ministres à la discrétion de Marie- Antoinette.

Plus que jamais le Club des Feuillants se trouva mis en évidence.

« La meute des Jacobins, écrivait, au même temps, Royou, semble avoir quitté la piste des aristocrates pour se jeter à la poursuite d'un

(1) Orateur du Peuple, t. IX, ii" 3r..

(2) Orateur <hi Peuple, t. IX, ii" M.

autre gibier: elle donne maintenant la chasse aux Feuillans (1). »

En effet, ces modérés, ces« conspirateurs », — ainsi les appelaient leurs adversaires, — n'échappaient pas au contrôle quotidien de ceux-ci.

On eut pu croire que, faute de membres, le Club des Feuillants allait disparaître en septembre 1791. Les choses ne se passèrent pas de cette manière. Le Patriote français annonça, le 30 novembre de la même année : ' .

« On assure que M. Barnave est à Paris, et qu'il assiste tous les soirs au coucher du roi (2). — Il se forme des clubs monarchiques dans tous les quartiers. Celui des Feuillants vient de ressusciter. »

En effet, le 7 octobre, aux Jacobins, Rœderer disait : « Les intrigants de l'ancienne législature ont ajourné à ce soir la résurrectiondes Feuillants. »

Le même journal, du 15 décembre 1791, renferme l'article suivant :

« Sur la tactique des Feuillants.

« Les ennemis de la liberté sont parvenus à ressusciter la Société des Feuillans, et à y attirer un grand nombre de membres de l'Assemblée nationale. Cette Société n'a pour objet que d'assurer au château des Tuileries un corps d'armée aux .ordres des comités corrompus qui les '/iirigent. Quelques intrigants bien connus sont à la tête de ces Feuillans. — Le but de ces honnêtes gens est d'avoir l'air de commander un parti, pour se vendre plus sûremeat au ministère, et en obtenir argent ou places... Parmi eux, il n'y a pas un homme de génie ni même de talent un peu fort dans ces Feuillans; c'est que le génie et le talent n'habitent point avec l'intrigue... » N" 8o7 du Patriote Français [S).

Le journal rappelle qu'il y a, par suite de cette tactique, beaucoup de Feuillansprésidens ou vice-présidens de l'Assernblée nationale.

Quatre jours après, il ajoute :

« Comme il y avait eu quelques attroupements au dehors de leur salle, com"mç le public ^es tribunes troubla les séances des Feuillants, le député Chéron (4), président du Club, écrivit au maire de Paris

(1) L'Ami du Roi, iiuinrro du 29 décembre 1791.

(2) Après l'arrestation de Louis XVI à Vareimes.

(3) Patriote français, numéros du 30 novembre 1791 et du 15 décembre de la même année.

(4) Chéron (Louis-Claude), littérateur, membre du Directoire du département de la Seine, député à la Législative.

pour être autorisé à requérir un commissaire civil d'assister aux séances. Il déclarait : « Deux cent soixante-quatre députés et environ huit cent quatre-vingts autres citoyens qui ont prêté le serment civique, et payé leurs impositions, composent, pour le présent, bette Société dont tpus les membres sont prêts à mourir pour la Constitution (1). » Chéron avait tenté d'organiser la résistance (fin novembre 1701) contre le décret sur les prêtres insermentés.

Le maire Pétion répondit le même jour (^1 décembre 1791) à M. Chéron :

(( ... Au moindre tapage, faites avertir la garde, et 'elle s'empressera de rétablir l'ordre; écrivez un mot au commissaire de la section, et il se rendra aussitôt; écrivez à un administrateur de police, et il se rendra aussitôt. Si le commissaire consent volontairement à se trouver, même tous les jours, à vos séances, que son temps le lui permette, rien de niieux, je suis très éloigné de m'y opposer; mais je ne » peux pas lui en imposer l'obligation; je ne peux pas lui dire qu'il se rende à votre réquisition. Si chaque Société demandait un commissaire, voyez dans quel embarras nous nous trouverions : à peine sont^ils en assez grand nombre pour faire avec exactitude le service du spectacle.

« Signé : Petion (2). »

Non seulement il se fit du tumulte chez les Feuillants, le 21 décembre, mais le 23, d'après un procès-verbal envoyé au maire par le commissaire de police, les citoyens des tribunes se plaignaient» d'avoir été provoqués par un membre de la Société, iet de ce que plusieurs membres étaient armés et affectaient de provoquer en duel (3).

Les citoyens des tribunes accusaient les Feuillants de professer des principes anti-constitutionnels.

Point de désordres le 24 ni le 25.

Le 26 du même mois, M. Chéron écrivit une autre lettre au maire de Paris. On y lit :

'« Notre devise renferme tous nos principes; la Constitution, toute la Constitution, rien que la Constitution. C'est la vôtre, sans doute, monsieur, et celle de tous lès François qui ont le parjure en horreur et veulent le salut de leur pays. » Il terminait : « Devise effrayante pour les partisans de l'ancien régime et les faux amis du nouveau. »

(1) Le 21 décembre 1791.

(2) Bib. Nat., imprimé Lb 39/56.31.— Pétion était membre du Club des Jacobins.

(3) Bûchez et Roux, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XII, p. 349.

Il annonçait que ses co-secrétaires se rassembleraient publiquement, le soir, à six heures.

« Lettre de M. le Maire à M. Chéron., en date du 36 décembre^ neuf heures et demie du matin.

« Monsieur, « Aussitôt la réception de votre lettre, j'ai donné des ordres pour prévenir les troubles que vous craignez. J'ai appris hier que beaucoup de membres de la Société que vous présidez doivent se rendre, armés, au lieu des séances; que le public, instruit de cette disposition, devoit également se rendre en armes, tant dans les tribunes qu'à l'extérieur de la salle. Je crois l'un et l'autre bruit également faux; mais s'ils étaient vrais, voyez combien cette position seroit cruelle; je frémis d'y penser. Il paroit qu'à la dernière séance, le tumulte a commencé par la provocation d'un lieutenant des canonniers, qui, de l'intérieur de la salle, a nargué le public. Il paroit que plusieurs sociétaires étoient armés, et que cela a beaucoup déplu. Je vois bien qu'ensuite les spectateurs se sont portés à des excès répréhensibles. En grâce! qu'on évite jusqu'au moindre prétexte d'agitation, et je ne négligerai rien pour vous procurer paix et tranquillité. Secondez mes efforts; je vais vous parler avec toute franchise : il est parmi vous un grand nombre d'amis de l'ordre et de la Constitution; il en est aussi, je puis me tromper, mais je le pense, qui sont ennemis de cette Constitution, qui ne veulent que du bruit pour avoir occasion de se plaindre, qui ne désirent que du scandale et de l'éclat pour paroître persécutés (1).

« Signé : Pétion. »

Chéron répondit aussitôt à Pétion :

« Monsieur, j'ai frémi en lisant votre réponse, du danger auquel des citoyens seraient exposés si l'on ajoute foi aux bruits qui vous sont parvenus. Je puis répondre du patriotisme de mes collègues; je répondrais de tous, si l'expérience n'apprenait trop malheureusement qu'il est des parjures, comme il est des parricides, et qu'il se glisse des faux frères dans les sociétés tant soit peu nombreuses, quelles que soient d'ailleurs leur intimité et la pureté de leurs intentions. Mais, monsieur, je ne répondrais pas que, si la loi se montrait encore insuffisante à protéger notre liberté constitutionnelle, il n'arrivât quelque malheur. Ma conscience est pure, mes vues droites, mon pa-

(1) Bib. Nat., Lb :}9/3631.

Iriotisme ardent, mon courage inaltérable. S'il ne s'agissait que de moi, je m'immolerais à la Constitution. Oportet unum mori pro populo serait ma dernière devise; mais ici, j'exposerais mes collègues, que je ne puis prévenir assez à temps, quoique rien ne me donne le droit de mettre leur prudence en doute; j'exposerais mes concitoyens ,et j'en frémis. Je prends donc sur moi, d'après l'avis de quelques-uns de mes collègues qui m'entourent en ce moment, de vous prier de vouloir bien donner des ordres pour que personne ne soit admis ce soir à notre Société, qu'en justifiant de sa carte de député ou de celle d'affilié : il suffirait que vous nous permissiez de faire placer une sentinelle à la porte du couloir qui conduit à notre salle, et de lui en faire donner la consigne la plus expresse. Je vous prie aussi de faire donner des ordres pour qu'aucun attroupement ne puisse obstruer l'entrée de la salle.

« Il est à désirer que vos ordres soient donnés avant quatre beures.

« C'est sous la protection de la loi que je remets, monsieur, la liberté de mes collègues et la mienne.

« Comme nous ne voulons pas échapper à la publicité, toutes personnes, adressées par vous, monsieur, seront admises. »

L'essentiel était d'empêcher les sociétaires d'arriver avec des armes. Le maire de Paris savait que le public se présenterait armé, si les sociétaires devenaient provocateurs.

Chéron reçut de Pétion le billet qui suit :

« A l'instant, M. le commandant de la Garde nationale se rend chez vous; il va conférer sur les mesures prises pour prévenir toute espèce de trouble et de désordre (1). »

S'il n'y eut pas de trouble ni de désordre à l'entrée de la salle où les Feuillants s'assemblèrent, ce calme ne dura que quelques jours. Le public comprit les difficultés de la situation pour le maire de Paris, mais il se tint prêt à opposer la force à la force, dans le cas où des armes apparaîtraient dans les mains des sociétaires.

Beaucoup de gens croyaient que, à cause des circonstances, le Cluh des Feuillants cesserait, ou du moins interromprait ses séances. Mais Chéron avait parlé de « liberté constitutionnelle », avait déclaré qu'il « mourrait pour le peuple », s'il le fallait. Probablement, le public n'entra dans la salle qu'avec une carte de député ou d'affilié. Une sentinelle veilla à l'observation de la consigne.

(1) Ces pièces out été extraites par Bûchez et Roux de la Mairie de Pétion, p. :jl-44.

Le Patriote français fit un compte rendu très succinct d'une des séances. Il annonça :

, « Les Feuillans continuent de s'assembler. Dans une des dernières séances, M. Dandré a beaucoup déclamé contre les accaparemens; M. Chapelier a loïiguement prêché contre la fureur du jeu; M. Bar^ navc s'est profondément étendu contre l'intrigue. — La séance était publique (1). » Dandré, votant avec les patriotes, ménageait la droite. On l'appelait « le couteau à deux tranchants >>. Il se plaisait à parler contre les clubs et les clubistes; les journaux avancés le traitaient d'intrigant.

Le 25 décembre, le, Patriote Français imprima :

.<( Hier il y eut grand tumulte (au Club des Feuillants); on appela gardes nationales, commissaires ; on verbalisa. Les observateurs croyent que ces Jjraves modérés ont eu la méchanceté de se faire lapider, pour calomnier les Jacobins. Stanislas Clermont (Tonnerre) leur auroit-il légué sa tacti(]ue (2) ? »

Assurément, la tranquillité publique était compromise, il convenaît d aviser.

A une séance «extraordinaire de l'Assemblée législative, ce qui se passait aux Feuillants émut beaucoup de députés. Quelques-uns lâchèrent d'obtenir un décret contre les Sociétés, en défendant aux membres de l'Assemblée d'y assister. Cette tentative ne réussit })as.

Le Moniteur universel rend ainsi compte de la séance (3) :

« Présidence de M. François de Neufahâteau.

« M... — J'annonce à l'Assemblée qu'il y a du trouble aux Feuillants. Je demande qu'on y envoyé des commissaires de la salle pour savoir ce qui s'y passe. (On murmure.)

« M. CiiÉRON. — Je demande, moi, qu'on passe à l'ordre du jour.

«M. MoNTEAU. ^- Je prends la parole pour dénoncer un fait qui Vient de m'arriver. En passant près des Feuillans, la sentinelle m'a demandé ma carte. J'ai montré celle de député. La sentinelle m'a dit que sa consigne ne lui permettait pas de laisser entrer avec celle

(1) Patriote français, u" 861, 19 décembre 1791. -

(2) Patriote français, u° 867, 25 décembre 1791.

(8) Moniteur universel, séance extraordinaire du lundi soir, 26 décembre 1791;

carte, et qu'il fallait avoir celle de la Société des Feuillans. (On murmure.) Je demande si nous avons la police de notre enceinte ou si nous ne l'avons pas. Si nous l'avons, il est bien extraordinaire qu'on donne de telles consignes aux sentinelles.

« M... — Il me semble que le membre qui a été arrêté aurait dû se faire conduire, par la sentinelle, à l'officier qui a donné cette consigne. (On murmure.)

« On demande qu'il soit passé à l'ordre du jour.

(( M..'. — - Je fais la motion que le commandant du posie soit à l'instant appelé à la barre, pour déclarer les raisons qui l'ont engagé à donner cette consigne.

« Il s'élève des débats tumultueux au milieu desquels on entend plusieurs voix réclamer l'ordre du jour.

« M. Ducos. — Il est indécent de faire perdre dans une pareille scène-une séance destinée à des objets très importans.

« M. Cambon. — Je réclame l'ordre du jour.

«. M. Maillot. — ■ Je demande que l'Assemblée interdise à tous ses membres la faculté de s'assembler dans aucune société particulière. (On murmure.)

'« M. Daverhoult. — Je suis étonné qu'on fasse une motion qui ne peut en aucune manière regarder l'Assemblée, car- l'assemblée n'a rien à' connaître dans la vie privée de chacun de ses meànbres.

« M. Lacrolv. — Je m'étonne, avec le préopinant, qu'un membre ait pu.proposer à l'Assemblée de prononcer sur ce qui se passe hors de son sein. Je demande non seulement que sur cette motion on passe à l'ordre du jour, mais que celui qui la faite soit rappelé à l'ordre. Cette proposition a été faite pour donner le change sur un délit commis par un membre de cette Assemblée, président de la Société des Feuillàns; (Les tribunes applaudissent avec transport.) c'est lui qui a donné cette consigne. Je demande que l'officier de garde soit mandé à la barre pour nous en rendre raison. (Les applaudissements des tribunes recommencent.)

« M... — Je deniande que M. Lacroix soit rappelé à l'ordre. (On murmure.)

« M. CiiÉRON. — Pour répondre à M. Lacroix, j'insiste sur la proposition de faire venir l'officier de garde à la barre. Quant aux injures de M. Lacroix, je me réserve d'y répondre. (On murmure.)

« M.„Cambon. — Allons donc, l'ordre du jour.^

« M. RoBKcouHT. — La consigne regarde les commissaires inspecteurs de la salle, et je vous proteste qu'ils n'ont point donné la consigne dont un membre s'est plaint.

<( M. RouLuiÈs. — L'Assemblée s'occupe depuis trop longtemps (run fait qui écarte l'objet de la délibération. Je demande que l'on passe tout de suite à l'ordre du jour, (On murmure.)

« Après une assez longue agitation, l'Assemblée décrète que l'officier de garde sera mandé pour savoir qui lui a donné la consigne.

« On introduit successivement deux officiers de la garde nationale, qui déclarent que le poste où était la sentinelle dont on dénonce la consigne ne les regardait pas.

« On en amène un troisième.

« M. le Président lui demande s'il est vrai qu'il ait donné la consigne dont on se plaint.

« L'officier. — Il est vrai qu'à l'entrée des Feuillans, j'ai donné la consigne de ne laisser entrer qu'avec des cartes rondes et triangulaires, parce que je connais l'une pour être la carte de député et l'autre celle de la Société des Feuillans. Si j'ai donné cet ordre, c'était pour interdire l'entrée aux malveillans. (On murmure.) Mais je n'ai pas donné d'ordre qui regardât l'Assemblée en aucune manière,

« L'Assemblée passe à l'ordre du jour.

« M. Merlin (1). — Je demande la parole pour une motion d'ordre. (On réclame l'ordre du jour.) Personne n'a le droit de m'empêcher de parler, quand je veux faire une motion d'ordre. (On murmure.) Je demande qu'il soit décrété qu'aucune force publique n'approchera de l'Assemblée et des établissemens qui la concernent, qu'à une distance d'au moins cinquante toises. (On murmure.)

(c M. Bazire. — M. Merlin a la parole, je demande qu'elle lui soit continuée.

« M. Merlin. — Je sortais avec M. Grangeneuve, pour me rendre au Comité de surveillance,, lorsqu'au passage qu'on appelle le chœur des Feuillans, j'ai trouvé, je ne sais si ce sont des sbires ou des janissaires. (On murmure.) (Plusieurs voix : au fait, au fait.] J'y suis. Si vous ne voulez pas m'en tendre à la tribune, je descends à la barre. (On murmure.)

« Il s'élève une longue et violente agitation.

« M. Merlin. — Je dis qu'en allant au Comité de surveillance, j'ai été arrêté par des sbires qui m'ont déchiré mon habit. (On murmure.) C'est la garde nationale qui m'a sauvé des mauvais traitemens dont j'aurais été peut-être la victime. (On murmure.)

(1) Merlin (de Douai;, futur conventiounei.

« M. Lacroix. — Je demande que ce délit soit dénoncé. (Les tribunes applaudissent.)

« L'agitation redouble.

« M. Merlin. — J'ai demandé si j'étais dans le sanctuaire des droits de l'homme et du citoyen, et tandis qu'on m'assurait qu'oui, une multitude effrénée tombait sur moi et m'arrachait du chœur des Feuillans.

« Quelques voix. — Il faut prouver tout ce que vous dites.

« On demande d'un côté que M, Grangeneuve soit entendu ; d'un autre, que l'affaire soit renvoyée aux commissaires de la salle pour en présenter le rapport.

« M. GiRARDiN. — Je demande que MM. les commissaires de la salle se retirent à l'instant pour s'assurer des faits. M. le président, la Constitution vous charge de la police intérieure et extérieure de la salle; vous devez donner des ordres pour qu'aucune force publique ne s'apprOche de cette enceinte, sans votre aveu. Il est temps de terminer des scènes qui déshonorent l'Assemblée. Il est temps de prendre des précautions pour qu'elles ne soient plus reproduites.

« M. Lacroix. — Je vais plus loin que M. Girardin. Je reconnais, comme lui, que la police de la salle et de ce qui l'environne n'appartient qu'au corps législatif, puis je demande en outre que l'Assemblée décrète qu'aucun club, aucune Société particulière ne pourra se réunir dans cette enceinte. (On applaudit.)

« M. Jaucourt. — Je demande que les commissaires de la salle prennent connaissance des faits. Le public a été témoin de ces détails, j'ose dire, indignes de l'Assemblée nationale ; il doit aussi connaître les mesures que vous prendrez pour faire cesser ce scandale. Je dis que le Club des Feuillans a sans doute la prétention d'être dévoué à la Constitution. (On murmure.) Mais enfin il s'élève dans Paris une rivalité dangereuse de patriotisme qui ne peut être qu'un ferment de discorde et de trouble pour tout le royaume. Tant que les députés se pareront d'autres couleurs que des couleurs nationales, tant qu'ils se livreront au dehors à l'esprit de parti, jamais il n'y aura de tranquillité dans l'Assemblée. Je demande donc, non pas comme décret, non pas comme règlement, mais comme un gage de la fraternité qui doit nous unir, comme un témoignage de la confiance qui doit nous animer; je demande, au nom de la paix, au nom de la patrie, que tous les députés se soumettent à ne jamais paraître dans aucune Société particulière. (L'Assemblée et les tribunes applaudissent.)

« M. Grangeneuve. — Un député à ^Assemblée nationale, se rendait

à son Comité. Il a été arrêté par des hommes armés...

« M... — Je demande la permission d'interrompre ici l'opinant, parce que cela est faux. (On murmure.)

« L'agitation recommence et devient tumultueuse.

u M. LE Président. — Je prie rAssemblée de garder le silence, sans quoi je ne pourrai pas continuer de présider.

« M. GiRARDiN. — Je demande qu'on lève la séance, et qu'il n'y en ait plus le soir.

« M. Grangeneuve. — Un député, allant à son comité, a été arrêté par des hommes armés; un membre m'a dit que cela était faux : je demande qu'il soit rappelé à l'ordre. (On murmure.) Est-il possible, est-il tolérable que dans l'enceinte où sont placés les bureaux de l'Assemblée, un membre ne soit pas en sûreté? Est-il tolérable que ce membre soit conduit devant cette Société?

« Une voix. — Cela n'est pas vrai; il a demandé à y entrer. (On murmure.)

« M. Grangeneuve. — Est-il possible qu'un représentant de la nation... (On murmure.) Qu'un représentant de la nation... (On murmure.) — L'orateur, se tournant à la droite du président : Si vous ne me laissez pas achever, je vous dénoncerai tous; oui, vous tous. (Les tribunes applaudissent à plusieurs reprises.) Les véritables bornes de l'Assemblée sont celles de l'empire français. Je demande la vengeance d'un outrage fait à un membre qui se rendait à son devoir, dans l'enceinte de l'Assemblée. Il s'agit de savoir si l'Assemblée aura moins d'égards pour les députés que pour le Club des- Feuillans. (Les applaudissements des tribunes recommencent.) L'officier de garde extérieure a présenté la bayonnette sur la poitrine d'un député. Je demande qu'il soit à l'instant amené à la barre. (Les applaudissements des tribunes redoublent.)

« Le tumulte recommence.

« M. Lacretelle. — Je viens d'apprendre qu'un commissaire de police, qui assistait à la séance des Feuillans, a dressé un procèsverbal. Je demande que ce commissaire soit mandé pour nous en donner connaissance. (On murmure.)

« L'Assemblée décrète que ce commissaire sera amené à la barre. (On applaudit.)

« M. le Président. — On m'annonce que la garde était uniquement commandée pour les Feuillans, et qu'il n'y a plus à la Société ni membres, ni gardes.

« On demande le renvoi de l'affaire aux commissaires de la salle.

« Ce renvoi est décrété.

« La séance est levée à neuf heures et demie. »

CLUB DEà FEUILLANTS 355

Le mardi 27 décembre 1791, aux Jacobins, Merlin rendit compte de ce qui lui était arrivé. On passa à l'ordre du jour « sur ces détails affligeants pour de véritables patriotes. » Les questions relatives aux émigrés, à la guerre, aux prêtres insermentés étaient bien plus importantes.

Chéron publia une brochure, au lieu de se tenir pour battu. De là une

« Réponse de M. le maire à l'écrit de M. Chéron intitulé : Conduite de M. Chéron^ à Voccasion de la Société des Feuillans, ou quelques petites erreurs glissées dans une feuille imprimée et distribuée gratuitement à la porte de l'Assemblée nationale, intitulée : Conduite de M. le maire de Paris.

« Monsieur, vous vous plaignez de quelques petites erreurs qui se sont glissées dans l'impression de vos lettres; ces erreurs sont, en effet, très petites.

« J'ai remis, et vos lettres et celles de M. le commandant-général de la Garde nationale, et celle de M. le commissaire de police et les miennes, dans l'ordre de leurs dates, à un commis pour les copier, et en lui disant : « Retranchez de la fin tout ce qui est de compliment et de cérémonie. » Rien, en effet, n'est plus étranger au fond, rien n'est plus inutile et plus insipide pour le public : aussi n'en est-il aucune, soit des vôtres, soit des miennes, où il soit resté des formules d'étiquette.

« Je n'ai cru blesser en cela ni les convenances, ni votre délicatesse.

« Quant aux mots que le copiste a sautés, ils ne sont d'aucune importance; ils ne changent en rien vos idées, vos principes et les faits... Il est facile de s'en convaincre par le rapprochement de nos deux écrits.

« Je vous avoue franchement que je n'ai pu relire ce que le copiste a fait; mon temps étoit pris par des occupations urgentes et multipliées. Ce n'est pas moi, non plus, qui ai vu l'épreuve : elle fut apportée, le soir, lorsque j'étois à la municipalité. Une personne de connoissance, qui se trouvoit à la mairie, prit ce soin.

« Rien, au surplus, n'est moins digne d'attention que tout cela, et il n'a pas pu vous entrer dans la tête que ce soit à plaisir ou à dessein qu'on ait voulu faire la plus légère altération à vos lettres. Une imprudence aussi absurde seroit inconcevable.

« Vous avez remarqué des mots en italique dans ma lettre du 2G...

Je suis très éloigné de les désavouer ; mais ce n'est pas moi qui ai le mérite de les avoir marqués de ce caractère distinctif.

« Votre dernière lettre n'a pas été insérée, parce qu'elle est arrivée trop tard, et que la composition étoit faite ; car il ne m'en eût pas plus coûté de la mettre que les premières.

« Je n'ai pas non plus inséré mon petit mot de réponse , deux lettres que j'ai écrites, l'une à M. le Commandant-général de la garde, l'autre à M. le commissaire de police, ainsi que des pièces qui me sont parvenues depuis.

« Il seroît, je pense, inutile d'en dira davantage sur un aussi mince sujet; j'ignore comment il a pu vous occuper un seul instant.

« Le maire de Paris : Pétiiion (1). »

Les Révolutions ajoutent : « Il a paru encore sur le même objet une Dernière réponse de M. Péthion à M. Chéron. En vérité, M. le maire de Paris est bien bon de répondre par deux fois aux mauvaises chicanes que lui fait le député ministériel. »

On n'en avait pas fini avec le Club des Feuillants^ môme à l'Assemblée législative.

«( Séance du mardi 27 décembre, à l'Assemblée législative. « Un de MM. les secrétaires fait lecture d'une lettre de M. Pétion;

elle est ainsi conçue : •

« Paris, 27 décembre.

« Monsieur le Président, il m'était difficile de prévoir que des mesures sollicitées avec instance par des membres de l'Assemblée nationale, exigées pour le maintien de l'ordre, deviendraient un sujet de plainte. Depuis plusieurs jours, placé entre le peuple et les Feuillans, entre la loi et l'opinion, je remplis un devoir bien pénible. Le décret sur la police municipale porte que ceux qui voudront former des Sociétés seront tenus, sous peine d'une amende de 200 livres, de déclarer à la municipalité le lieu et les jours de leurs séances. 11 résulte que ces Sociétés sont sous la surveillance du corps municipal. Est-il de la convenance, est-il de la dignité des Représentans du peuple, d'exercer la police ailleurs que dans l'enceinte de l'Assemblée? Mais si la Société des Feuillans se trouve réunie dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, c'est à elle à exercer cette police. Je vous prie, Monsieur le Président, d'engager l'Assemblée à décider promptement si elle regarde le lieu où se réunit la Société clés Feuillans comme renfermé dans son enceinte. »

(1) Révolutions de Paris, n» 130, du 30 décembre 1791 au 7 janvier 1792.

« M... — Je répète aujourd'hui la motion que j'ai faite hier, qu'aucun club, aucune Société, ne pourra se réunir dans l'enceinte de l'Assemblée nationale. (On applaudit.)

« M. GoupiLLEAU. — J'appuie avec d'autant plus de raison, que la porte du Club des Feuillans est contiguë à celle du Comité de surveillance. Hier, la porte du Comité était obstruée par une foule de ' gens armés. De deux choses l'une : ou il faut chasser le Club des Feuillans, ou il faut chasser le Comité de surveillance.

ft M. Lacroix. — Je propose de décréter qu'aucune Société ne pourra désormais se former ni se réunir dans les bâtimens dépendans des ci-devant Feuillans et Capucins. (On applaudit.)

« M... — Et des ci-devant Jacobins... (On murmure.)

« M. Lkopold. — Je demande qu'on ajourne au moins jusqu'après le rapport des commissaires de la salle. (On murmure.)

« M. Haussi-Robégourt fait, au nom du Comité des inspecteurs de la salle, un rapport dans lequel il notifie les ordres du maire et du général, d'après lesquels des gardes ont été placés dans le local des Feuillans; il ajoute que la partie de ce local qui ne sert pas au Comité de l'Assemblée nationale a été remise par les commissaires inspecteurs aux administrateurs des domaines nationaux. Il propose un projet de décret qui est adopté en ces termes :

« L'Assemblée nationale, après avoir entendu le rapport de ses commissaires inspecteurs, les charge de prendre les mesures convenables pour que, dans l'enceinte des bâtimens des ci-devant Feuillans et Capucins, il ne soit établi aucune Société particuhère, et que les parties laissées à la disposition des administrateurs des domaines nationaux ne soient louées qu'à des citoyens dont le genre de commerce ou le métier ne puisse incommoder l'Assemblée ni les travaux des Comités. »

Les députés estimaient que le voisinage, pour ne pas dire la communauté avec le Club des Feuillants^ semblait les compromettre en ayant un air quasi officiel;

« Un membre de l'Assemblée a annoncé que des sentinelles interdisoient le passage à ceux qui n'avoient pas de cartes à trois pointes. Pour entendre ce qu'il vouloit dire, il faut savoir que la Société des Amis de la Constitution, séante aux Feuillans, a des cartes de cette forme pour faire reconnoître ses membres.

« Une voix a réclamé un décret interdisant à tous les membres de l'Assemblée d'être d'aucun Club (1). »

(1) Journal de Paris, 28 décembre 1791.

Le journal de Prudhomme, dans le même temps, prétend qu'un nommé Dijon, lieutenant des canonniers du bataillon des Filles- Saint-Thomas, « poussa l'insolence jusqu'à provoquer, de son sabre, les citoyens spectateurs, qui, plus sages que ceux qu'ils honoroient de leur présence, ne répondirent à ses bravades que par le plus profond mépris (1). »

Les Feuillants se conduisaient en maîtres, malgré leur impopularité, et leurs adversaires, les uns, monarchistes purs, les autres, futurs républicains^ devaient bien s'en apercevoir. L'Assemblée avait raison de décider qu'aucune Société particulière ne serait établie dans l'enceinte des bâtiments des ci-devant Feuillants et Capucins.

Qu'allait faire le Club modéré?

«... Nous autres Feuillans, sans pouvoir être contens de la maison qu'on nous a bâtie (2), nous voudrions trouver le moyen de nous y arranger tant bien que mal, plutôt que de rester encore longtemps en plein air, exposés à toutes les injures de la saison, c'est-à-dire sans aucune autorité vraiment tutélaire, en butte à tous les désordres de l'anarchie, à toutes les violences de l'esprit factieux, à toutes les entreprises des fous et des brigands (3). »

Les Feuillants revendiquaient le droit de se réunir ailleurs que dans l'ancien couvent, dépendance de l'Assemblée législative. Personne ne le leur refusait; seulement, la tranquillité publique pouvait être de plus en plus troublée par eux, et l'on craignait des scènes semblables à celles qu'avait occasionnées le Club monarchique. Ils étaient certainement plus redoutables, aux yeux des députés, que les amis de Clermont-Tonnerre, parce qu'ils s'entendaient davantage avec les hommes du gouvernement, avec le pouvoir exécutif, et qu'ils étaient en passe de prendre le pouvoir dans l'occasion.

Des journaux très répandus ne cessaient d'exalter leurs mérites.

En février 1792 (n" du 22), la Gazette universelle imprimait que si les Feuillants « méritaient quelque reproche, c'était de ne pas montrer assez d'énergie. »

(1) Révolutions de Paris, n° 129, du 24 au 31 décembre 1791. Dijon figure parmi les Feuillants, sur la seconde liste. (Voir plus haut, p. 303.)

(2) Allusion à la Constitution.

(3) Entretien d'un Feuillant et d'un Jacobin, Paris, 1792. (Bib. Nat., Lb 39/3710.)

Les Indépendants tentèrent la ruine des clubs, y compris celle des Feuillants, et ceux-ci votèrent, à l'Assemblée, la proposition de Mouysset sur ce sujet. Ils voulaient empêcher le Club des Jacobins d'exister, même au prix de leur propre club. Ils imputaient les désordres aux Sociétés populaires, autant qu'aux conspirations monarchistes, et continuaient la guerre qui exista contre les réunions politiques fixes pendant la Révolution.

Le Cosmopolite^ journal dont le belge Proly, fils naturel du prince de Kaunitz, passait pour être le rédacteur, publia un article curieux.

Selon lui, en février 1792, un assez grand nombre de députés, parmi lesquels Charlier (1), Lamarque, Jean Debry (2) et Maille, Jacobins, et Hua, Chéron et Lagrévole, Feuillants, se réunirent dans la salle de l'Assemblée législative, et, de là, dans celle du comité de division. Maille proposa de se trouver dans la salle de l'Assemblée, tous les jours qu'il n'y aurait pas de séance le soir, et d'y discuter, en conférence, les matières importantes qui devraient être débattues par les députés. Il n'y aurait aucune délibération, point de procès-verbal ; les députés seuls y seraient admis, et le doyen d'âge présiderait (3).

Aucun de ces projets ne reçut d'exécution. Cependant, la Société feuillantine allait errer, sans perdre son existence.

Pour cause d'attroupements, en effet, il fut ordonné aux Feuillants de se transférer dans un autre local. A dater de ce moment, leurs séances devinrent désertes et leur influence décrut encore. Une très vive discussion eut lieu, le 6 janvier 1792, aux Jacobins. Il s'agissait de savoir si un individu ayant fait partie du Club des Feuillants pourrait être reçu au Club des Jacobins (4). Collot d'Herbois, le même jour, prononçait un discours où l'on trouve ces phrases : « Parmi les personnes qui ont été aux Feuillants, il en est un grand nombre qui sont très repentants, et qui voudraient pouvoir effacer des jours de leur vie les jours qu'ils ont passés aux Feuillants. D'ailleurs, ceux qui, y ayant été, disent qu'ils n'y ont pas été, prouvent bien par là qu'ils sont honteux de leur démarche, puisqu'ils n'osent pas l'avouer. » Il inclinait pour l'admission. Mais Robespierre insista fortement « pour qu'aucun des membres qui s'étaient présentés aux Feuillants no piU

(1) Ce député, élu par la Marne à la Législative, siégeait à rcxtrêine gauche.

(2) Député de l'Aisne, siégeant à l'extrême gauche.

(3) Le Cosmopolite, numéro du 22 février.

(4) Bûchez et Roux, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XIII, p. 14^5. Séance du vendredi G janvier 1792, sous la présidence de M. Antonellc. — La Société des Jacobins, par F. A. Aulard, t. III, p. IJ13.

jamais être admis dans la Société des Jacobins »; et sa motion fut adoptée à l'unanimité.

On était loin du temps où la réconciliation semblait possible.

Le 13 janvier 1792, M. Recourt demanda, dans le Club des Jacobins, à faire une motion d'ordre au sujet de M. Feuillant, directeur du Journal du soir et membre des Jacobins, lequel s'était permis, en parlant du bruit qui avait eu lieu aux Feuillants^ de dire que ce bruit avait été occasionné par les Jacobins. 11 proposa la radiation de M. Feuillant sur la liste des Jacobins; mais l'affaire fut renvoyée au Comité de présentation, d'après l'avis de Real.

Dans une adresse des Jacobins à leurs sociétés affdiées, le 17 janvier, on lit : « Les Feuillants ont une existence très précaire, et ne perdent cependant point de vue leurs grands projets. Ils sont errants depuis quelque temps, et ne se rassemblent qu'en petit comité. Ils se proposent d'acquérir un vaste local, et d'attirer une grande affluence à leurs discussions ; mais il se passera quelque temps avant que ce bel établissement se réalise, et nous croyons qu'ils ne sont point pressés d'avoir le peuple de Paris pour témoin de leurs délibérations. Leur devise fastueuse n'en impose à personne : La Constitution, toute la Constitution, rien que la Constitution ; c'est comme s'ils disaient : La liste civile, toute la liste civile, rien que la liste civile. »

«Les Feuillants, annonça bientôt .Carra, vont reprendre leurs séances; ils font préparer à cet efTet l'église Saint-Honoré. Le constituant Duport, qui gouvernait le château et le ministère du temps de Lessart, sera, dit-on, président de ce club; le fameux Rarnave, qui a quitté le midi de la France depuis que les Marseillais y ont rétabli l'empire de la liberté, et qui arrive à Paris tout courant, sera secrétaire ou vice-président du club feuillant (1). »

Le Patriote français annonçait, lui aussi : « Les Feuillans vont reprendre leurs séances; ils se rassembleront dans l'église de Saint- Honoré. M. Adrien Duport doit être, dit-on, président, et M. de Rarnave, qui est de retour à Paris, secrétaire (2). »

Le 23 février 1792, il y avait eu un grand tumulte à l'Assemblée, législative sur la proposition faite par Mouysset de former un club dans la salle les après-midi, lorsqu'il n'y aurait pas de séance, et d'empêcher les députés d'aller aux Jacobins ou aux Feuillants (3).

(1) Annales patriotiques, du 1" avril 1792, n° 92.

(2) Patriote français, du 31 mars 1792, n» 964.

(3) Répertoire ou Almanach historique de la Révolution française, Paris, 1798.— Mouysset fut plus tard commissaire du gouvernement consulaire, et conserva ces fonctions sous l'Empire.

Pour la première fois, en février 1792, la presse distingua, par leurs noms propres, les fractions de l'Assemblée : Feuillants, Indépendants, Patriotes- Jacobins (parti de Brissot) et la Montagne (1).

Les députés de la Gironde formaient déjà un parti, qui, pour l'avenir, se préparait à enlever aux Feuillants leur dernière force.

Narbonne, Duport-Dutertre et Cahier de Gerville (2) étaient feuillants à divers degrés ; l'influence de ces ministres devait bientôt céder à celle des Girondins, plus avancés, républicains de cœur, alors décidés à l'action révolutionnaire.

Le directoire de Paris se composait de feuillants, presque en totalité. Le procureur-général-syndic Rœderer était feuillant. Celui-ci eut l'occasion, plus tard, de sauver Louis XVL II fournissait des articles au Journal de Paris.

Mais le parti feuillant avait eu le dessous dans les élections municipales. Le parti de la Gironde gagnait du terrain, et, lui aussi, s'adressait à une classe de citoyens opposés aux Jacobins et aux Cordeliers.

Les Feuillants et les Girondins étaient unis dans l'intérêt commun de la bourgeoisie; mais les Feuillants pensaient que la bourgeoisie ne pouvait triompher qu'avec l'appui des classes privilégiées contre le peuple, et les Girondins estimaient que ce triomphe dépendrait d'une alliance avec le peuple contre les classes privilégiées. Souvent, les députés de ces deux partis votaient ensemble.

De même que les émigrés en 1792, les Feuillants invoquaient le salut du roi, ce qui les rendait odieux au peuple. A mesure que le courant devenait plus révolutionnaire, leurs principes constitutionnels avaient moins de chance de succès. Les émigrés voyaient en eux, malgré tout, une sorte de Jacobins voulant ménager les modérés; le peuple les confondait avec les étrangers. Quoi qu'ils tentassent pour le bien de la Cour, pour l'affermissement du trône, Louis XVI et son entourage n'avaient aucune confiance en eux. Ils se proclamaient sans cesse purs constitutionnels, honnêtes gens au suprême degré; mais le peuple les accusait de trahison à son égard. Les Feuillants se

(1) Patriote français, numéro du 24 février 1792.

(2) Vcrgiiiaud, Ducos et Graugcncuve le harcelaient saus cesse, le trouvaient tiède. Il quitta le ministère le 15 mars 1792 ; il était dépopularisé.

compromettaient de manière à être victimes des Jacobins ou des émigrés, si les uns ou les autres, parmi ceux-ci, l'emportaient.

Rendre au roi sa puissance, telle qu'elle existait naguère, n'était pas leur but, comme celui des royalistes et des aristocrates, mais ils songeaient à dominer sous Louis XVI amoindri, selon les contrerévolutionnaires, par la Constitution.

Carra les démasquait :

« Les Feuillans d'aujourd'hui ne sont que les ci-ÙG\aLni monarchieux de Stanislas Clermont-Tonnerre; mais ce chef, le petit Gouy, les Lameth, les Barnave et autres compères ont su grossir leur parti d'un certain nombre de badauds de bonne foi, au moyen de la devise, la Constitution^ toute la Constitution, rien que la Constitution. Ces mots, en eux-mêmes très légaux, signifient en termes d'argot : point d'égalité; une chambre de nobles; demi-contre révolution (1). »

En avril 1792, à propos de la fête célébrée en l'honneur des soldats de Châteauvieux, on publia : le Coup de grâce des Feuillants, etc. (2), et la Grande éclipse du soleil jacobiniste et de la lune feuillantine... par la Liberté, en l'an IV de son nom, dédiée à la Terre (3).

Dans les Révolutions de Paris, ils n'étaient pas mieux traités, car ce journal allait jusqu'à voir un dictateur en La Fayette, à préférer un gouvernement monarchique selon la Constitution à un gouvernement aristocratique.

« Oui, plutôt que de voir détruire la liberté sous les couleurs de la philosophie et du patriotisme, il faut arracher aux Feuillans leur ancienne devise, et l'écrire sur la poitrine des véritables patriotes : La Constitution, toute la Constitution, rien que la Constitution. Mieux vaut Louis XVI i^oi, que La Fayette dictateur; mieux vaut la Constitution monarchique qu'un gouvernement aristocratique; mieux vaut mourir que de faire une deuxième révolution pour la manquer encore, et ne la faire qu'au profit d'une misérable faction (4) ! »

Le 10 avril 1792, aux Jacobins, une lettre de Strasbourg démentit ce que l'on avait annoncé dans un écrit, et déclara que, jusqu'à ce

(1) Annales pairioliques, du 24 mars 1792, n" 84.

(2) Bib. Nat., Lb 39/5875. — Le Coup de grâce des Feuillants, ou les soldats de Châteauvieux traités comme ils le méritent. Dialogue dans lequel est le précis de l'affaire de Nancy et l'ordre de la fête civique des martyrs de la liberté, avec les strophes qui seront chantées aux différentes stations de la cérémonie. L'an IV de la liberté, in-8', 16 p.

(3) Non signé, mais par Olympe de Gouges. (Bib. Nat., Lb 39/10533. Brochure de 16 p. in-8v)

(4) Révolutions de Varis, 1792, du 12 au 19 mai, n» 149.

jour, il n'y avait entre la Société des Feuillants et celle des Jacobins qu'un projet de « réunion individuelle » et non une incorporation entière de la Société feuillantine avec celle « des Vrais et Bons Amis de la Constitution ».

Dans la séance du 6 mai 1792, aux Jacobins, l'abbé Danjou, accusé par Robespierre d'avoir passé un des premiers aux Feuillants, déclara : « Je ne suis pas Feuillant ; je n'ai jamais été aux Feuillants et je n'irai jamais aux Feuillants : je serai toujours Jacobin et rien que Jacobin. » Néanmoins, il fut censuré (1), malgré sa notoriété comme révolutionnaire.

Les Jacobins mettaient presque sur la môme ligne les Feuillants, les Girondins et les aristocrates.

En mai 1792, la fête décernée à Simoneau, maire d'Étampes, fut fastueusement célébrée par les Feuillants, les Brissotins et les Girondins. Le peuple ne participa point à la pompe officielle. La fête, dont les dépenses étaient payées par une souscription individuelle et volontaire, et qu'on intitula : Fête de la Loi^ répondait à celle de la Liberté, en l'honneur des Suisses de Châteauvieux, que le feuillant Dupont de Nemours qualifiait de Fête des assassins.

Feuillants et Girondins s'entendirent bientôt pour faire décréter d'accusation Marat.

On cria en mai dans les rues : « Complot infernal des Feuillants découvert, et innocence reconnue des Jacobins (2). »

11 fut question des Feuillants dans la séance du 17 juin 1792, à l'Assemblée législative. « Le Bureau de police de la Municipalité de Paris adressa à l'Assemblée des déclarations de plusieurs citoyens qui affirmaient avoir reçu des offres d'argent pour aller applaudir dans les tribunes les membres du parti Feuillant. — Cette lettre annonçait qu'un officier public était compromis dans ces déclarations. » L'Assemblée en ordonna le renvoi au Comité de surveillance.

Les Feuillants se voyaient donc accuser non seulement de propagande, mais encore d'embauchage, pour arriver à leurs fins, pour parvenir à la conquête du pouvoir.

Le Patriote français parlait d'une réunion des Feuillants au Club de 1789 (3), où ils avaient signé « une belle pétition, rédigée par le célèbre M. Piira; ils y adhéraient à la lettre du département de Paris

(1) Prêtre et instituteur, Jean-Pierre-André Danjou a été membre de la Comnmne révolutionnaire du 10 août, commissaire du Conseil exécutif.

(2) Ed. Lockroy, Journal d'un Bourgeois pendant la Révolution, in-12, Paris, 1881, p. 97. Lettre du 19 mai 1792.

(3) Voir plus bas, Société de 1789,

à M. Roland, et à celle de M. La Fayette à l'Assemblée nationale (1). » Pitra avait été conseiller-administrateur du domaine de la Ville, personnage important du corps municipal, mêlé à plusieurs discussions de la Municipalité concernant des troubles, et partisan du général La Fayette.

Enfin, \q Patriote français les gourmandait, à propos de leurs idées sur les membres qu'ils admettaient :

« Veut-on connaître la doctrine à nud de MM. les Feuillans et la bonne envie qu'ils ont d'accaparer aux propriétaires et bourgeois le droit de défendre la patrie, afin d'avoir celui de l'opprimer pour leur compte, écoutez un de leurs professeurs :

« Le citoyen hors d'état de se procurer un fusil n'est pas présumé citoyen actif, il ne peut apporter que du trouble et de la confusion dans les rangs (2). »

Un reproche plus grave que celui-là ne pouvait être adressé aux Feuillants, quand la patrie allait être proclamée en danger, quand la guerre était déclarée à l'Autriche, quand les hostilités étaient commencées.

Et les Annales patriotiques signalaient, le 27 juin, ce fait particulier :

« Dans la séance d'aujourd'hui (26), la Société des Jacobins a rayé de la liste de ses membres cet intrépide député de la Dordogne,, M. Bel faux (3), qui, le matin, avoit lu à la tribune de l'Assemblée nationale la diatribe que lui avoient composée les Feuillans sur les Sociétés populaires. Sifflé le matin au sein du Corps législatif, exilé le soir du sein des Amis de la Constitution, il a sans doute des droits à être reçu dans le Club des Feuillans sans passer au scrutin (4.). »

Royalistes avant le 20 juin 1792, les Feuillants cherchèrent à tirer parti de cette journée. Ils demandèrent à l'Assemblée législative la dissolution du Club des Jacobins (25 juin) ; mais les députés, refusant en majorité, passèrent à l'ordre du jour. La Fayette, lui, demandait la fermeture de tous les clubs, et ce général, on le sait, était comme le patron militaire des modérés, — Feuillants, membres de la Société de 1789 et autres réunions, faisant échec aux avancés.

Le Journal de Paris et la Gazette universelle, dévoués aux Feuillants et portés vers la réaction, étaient tympanisés par les Annales

(1) Le PaMoie français, 1792, 21 juin, n» 1046.

(2) Le Patriote français, 1792, 27 juiu, n» 1052.

(3) Annales patriotiques de Carra, <lu 27 juin 1792, n» 179.

(4) Delfau (Guillaume) fut plus tanl dénoncé comme suspect.

'patriotiques, ù propos des fédérés venus à Paris pour fêter la troisième fédération :

« Hier, 16 juillet, plusieurs de ces fédérés, indignés de l'audace coupable des libellistes autrichiens, ont fait des auto-da-fé du Journal de Paris et de VInfâme Gazette universelle qu'ils ont apperçus dans quelques cafés. Ces braves patriotes ont un peu purgé le Palais-Royal de la vermine aristocratique qui l'infectait depuis quelque temps. »

Elles ajoutaient :

Les sections de Paris se rassemblaient pour « solliciter de l'Assemblée nationale la punition exemplaire et solennelle des Feuillans qui composent le comité central (1). » Elles craignaient certainement l'action contre-révolutionnaire de ce club ; c'est une des raisons qui expliquent pourquoi, le 25 juillet suivant, elles se déclarèrent en permanence, à l'instigation de Danton qui, pour augmenter leur force, fit voter par la section du Théâtre-Français (2) l'invitation aux « citoyens passifs », c'est-à-dire aux non-électeurs, de s'associer à ses délibérations. Pour échapper à l'influence que les Feuillants exerçaient encore sur le pouvoir exécutif, les Jacobins, par l'organe de Robespierre, réclamèrent une Convention nationale élue parle peuple entier, non pas seulement par les citoyens payant une certaine cote d'impôt. Robespierre voyait dans les Français présentement exclus des élections les vrais, les fidèles défenseurs de la Révolution.

Quelques jours après, les fédérés marseillais se battaient dans les Champs-Elysées avec une troupe de gardes nationaux royalistes.

L'insurrection du 10 août survint, en dehors des Girondins.

A l'Assemblée, le 11 août 1792, le président lut une lettre du comité de la section des Tuileries, annonçant que soixante-dix soldats suisses, recueillis dans le bâtiment des Feuillants adjoint au local de l'Assemblée, couraient risque d'être enlevés par le peuple. Ces soldats suisses avaient déposé les armes.

L'Assemblée législative décréta qu'à l'avenir et pour la prochaine Convention, « tout citoyen âgé de 25 ans, vivant de son travail et domicilié depuis un an, serait admis à voter dans les assemblées

(i) Annales patriotiques do Carra, du 18 juillet 1792, n° 200. (2) Les Cordeliers, l'École de Médecine.

366 LES CLUBS GONTRE-RÉVOLUTlONNAlftES

primaires ». Elle rappela au ministère Roland, Clavière et Servan; elle donna le portefeuille de la marine à Monge, celui des affaires étrangères à Lebrun, celui de la justice à Danton. Elle introduisit le vote universel à deux degrés d'élection.

Voilà ce que les Feuillants avaient amené, à rencontre de leurs projets. Ils étaient absorbés par les Girondins et par les Jacobins.

« Les sots feuillantins , sur le moule d'enfantin, croient que le peuple va les dévorer. Comme ils ont tous conspiré contre lui, avec leur barbare modérantisme, et que les signataires contre Pétion sont vus de très mauvais œil, ils ont peur(l). » Telle est la remarque d'une contemporaine.

Le 2 septembre 1792, la section Grange-Batelière (ou Mirabeau) arrêta qu'il fallait faire marcher avec les volontaires parisiens les citoyens ayant assisté aux « Clubs monarchique, des Feuillants, de la Sainte-Chapelle. » On devait les placer entre des patriotes chargés de les surveiller (2).

C'en était fait de la « faction feuillantine. » Si on ne la persécutait pas, on s'en méfiait complètement. La Fayette avait prolesté contre le 10 août, avait songé à soulever, en faveur de Louis XVI, l'armée et les départements; puis, voyant son plan découvert, il avait abandonné ses troupes et s'était dirigé incognito vers la Hollande.

Le 21 septembre 1792, les Jacobins décidèrent que le titre de Société des Amis de la Constitution serait changé en celui de Société des Jacobins, Arnis de l'égalité et de la liberté. En effet, depuis ce jour, le journal du Club porta cette inscription.

Lorsque la Convention proclama la République, toute idée de royauté constitutionnelle devint une attaque contre la souveraineté du peuple, et les Feuillants, qui s'en tenaient encore à la Constitution de 1791, n'en furent pas moins exposés, quoiqu'ils fussent des individualités effacées pour la plupart, à de graves suspicions. Les républicains virent en eux des conspirateurs, capables d'étouffer leurs anciens sentiments libéraux, s'il en était besoin, pour profiter des crises politiques afin de revenir aux prétentions de la bourgeoisie dirigeante. Beaucoup payèrent de leur tète leur influence passée ; beaucoup aussi tergiversèrent pendant nombre d'années, et, finalement, apostasièrent.

Après la journée du 10 août 1793, et la conduite de La Fayette

(1) Ed. Lockroy, Journal d'un Bourgeois pendant la Révolution, p. 300. Lettre du 6 septembre 1792.

(2) Registres des sections parisiennes pendant les premières Journées de septembre 1793. Cité par Mortimer Tcrnaux, Histoire de la Terreur, t. III, p. 476.

CLUB DBS FEUILLANTS 367

cherchant un asile à l'étranger, le royalisme des Feuillants ne fit plus de doute pour personne. Il éclata lorsqu'il fut question de juger Louis XVI. Le général de Wimpfen se défendit, en novembre, d'être allé aux Feuillants, où beaucoup de ses amis se trouvaient.

« Mais la horde des aristocrates, des Feuillans, des modérés, liton dans les /{évolutions de Paris, tous ces cœurs féroces qui n'ont pas donné une larme aux victimes infortunées des fureurs de Louis- Néron, s'apitoient aujourd'hui sur son sort... (1). »

Lorsque le médecin Chambon de Montaux fut candidat pour remplacer Pélion comme maire de Paris, un citoyen de la section de la Halle au Blé écrivit aux Jacobins pour le dénoncer, l'accuser d'être « un Feuillant, un modéré, un fayettiste. »

En décembre de la même année, une lettre des commissaires pour l'organisation du Mont-Blanc fut adressée à la Convention. Elle contenait cette phrase :

« On prétend cependant que, dans la multitude des patriotes révolutionnaires, il s'est glissé une certaine quantité de Feuillants^ de ces esprits infirmes ou pervers qui voudroient corrompre la masse, mais ils n'y parviendront pas plus qu'ailleurs...

« Signé : Grégoire, Hérault, Jagot, Simon (2). »

Le 1" janvier 1793, le citoyen Le Gros remarqua, aux Jacobins : « Un Jacobin doit peser plus que dix mille Feuillants! » Était-ce une plaisanterie, une exagération?

Robespierre aine dit, aux Jacobins, à propos de l'appel au peuple en faveur de Louis XVI :

« Je dis que les Vergniaud, que les Brissot, que les Gensonné, que les Guadet et tous les coquins de cette espèce, n'appellent point au peuple, mais à tous les aristocrates, à tous les Feuillants, qu'ils rallient sous leurs bannières (3). »

Le 13 janvier 1793, Monestier, aux Jacobins, aurait dit, selon le Patriote français : « Je déclare, pour mon compte, que je suis en insurrection et que, si j'aperçois un aristocrate, un Feuillant, un Rolandiste, ou un autre gredin de ce genre, je l'assassine à l'instant. »

L'exécution de Louis XVI, l'établissement du tribunal révolution-

(1) Révolutions de Paris, a- 171, du 13 au 20 octobre 1792.

(2) Lettre datée de Chambéry, 18 décembre 1792, citée daus le Recueil des actes du Comité de Salut public, etc., publié par M. F. A. Aulard, t. I.

(3) Séance du 1er janvier 1793.

naire, la journée du 31 mai 1793, la loi des suspects, le régime de la Terreur, enfin , dispersèrent ces modérés qui n'avaient pas voulu accepter les conséquences de la Révolution commencée en 1789, qui avaient été supplantés tour à tour par les Girondins et les Montagnards.

Le 2 juin 1793, le conseil général de la Commune de Paris invita les sections à expulser de leurs comités révolutionnaires et civils, ainsi que des tribunaux de paix, tous les signataires des pétitions de huit mille et de vingt mille, plus les clubistes de la Sainte-Chapelle etdes Feuillants (1). C'était agir contre les anciens défenseurs de la Constitution de 1791, autant que contre les royalistes.

Le 14 octobre 1793, les députés de la Société populaire de Montmédy, joints à ceux de Sedan, de Givet et de Philippeville, furent admis à la barre de la Convention et réclamèrent que tous les Feuillants fussent déclarés suspects, et que l'on mit en état d'arrestation tout homme cherchant à avilir, par un système combiné de diffamation, le Comité de salut public.

De même pour les électeurs signataires des pétitions monarchiques.

(1) Moniteur universel, n" 1S6, juin Ïl'è^. — Almanach historique de la Révolution française.

Fondé en Avril 1790.

Ce club s'ouvrit en avril 1790, rue Royale, butte Saint-Rocb, n" 29, dans une maison appartenant à M. Vandenyver (1), banquier, qui avait loué pour neuf années cette maison à un sieur Lewal, le 26 mai 1786. Lewal sous-loiia le premier étage et le second aux noirs, ou députés de la droite.

Le club était nettement aristocratique, contre-révolutionnaire. Il donna lieu, dès ses premières réunions, à des attroupements populaires et à des troubles assez sérieux. La Municipalité de Paris dut intervenir; elle déclara que les assemblées du Salon français n'étaient point contraires aux lois, et elle prit le club sous sa protection. Les réunions continuèrent, non sans violences de la part de quelques membres. Alors le Tribunal de police fut saisi de l'affaire et fit défense au club de s'assembler, à l'avenir, dans la maison de la rue Royale. Il ne pouvait, disait-il, « être protégé que par des moyens violents. »

Le lendemain du jour où cette sentence fut notifiée, les attroupements cessèrent, le 15 mai 1790; malgré la dissolution officielle du Salon français, ses membres ne renoncèrent pas, eux, à se réunir. Il se transporta au Palais-Royal, puis aux Capucins, s'il faut en croire Montlosier.

Ce club eut des attaches avec le comte de Vaudreuil, qui avait émigré avec le comte d'Artois; il envoya même une lettre au frère de Louis XVI, annonçant le prochain départ du roi. Louis XVI" comptait

(1) Vandenyver était trésorier de la Société de 1789. (Voir plus bas, p. 391 et suiv.)

beaucoup sur les agissements du Salon français, dont le comte de Vaudreuil se défiait, à cause du manque de direction et de chefs qu'il constatait, et de l'inexpérience d'une foule de jeunes gens qui s'y trouvaient.

Quoi qu'il en soit, cette réunion n'eut pas une grande influence sur les événements de 1790. Ses membres ne tardèrent pas à se disperser, après la fuite de Louis XVI et aux jours de l'émigration.

Voyons, maintenant, ce que fut l'existence du Salon fronçais, où la noblesse de la cour et de la ville se porta en foule.

L'avocat Lavaux, auteur d'une brochure intitulée : « Les Campagnes d'un avocat, ou Anecdotes 'pour servir à V Histoire de la Révolution (1) », s'attribue la fondation du Salon français. Selon lui, les rassemblements spontanés de royalistes qui se formaient chez le libraire Gathey (2) lui en fournirent le fonds. Il ajoute que le Salon français s'établit d'abord dans un vaste appartement de la rue Royale, butte Saint-Roch, se transporta ensuite au Palais-Royal, dans un appartement situé au second étage, et qu'il ne s'est dissous que par l'émigration d'environ 600 sociétaires qui le composaient.

Christophe Lavaux offrit, en 1792, de partager avec Malesherbes les fonctions de conseil de Louis XVI devant la Convention.

D'après Montlosier, le Salon français dut son origine aux dîners qui avaient lieu au Palais-Royal, chez le restaurateur Masse, et auxquels assistaient assiduement le vicomte de Mirabeau et plusieurs membres du côté droit de l'Assemblée nationale. Le nombre des convives permanents ayant augmenté, on chercha à donner à ces réunions une consistance plus régulière, et on loua, chez ce même Masse, au Palais-Royal, une partie de son appartement. Le Salon français se transporta ensuite aux Capucins (3).

Peut-être Montlosier ne parle-t-il que du club transporté de la rue Royale au Palais-Royal, après la sentence rendue par le Tribunal de police.

. A peine ouvert, le Salon français éprouva des tribulations, à peu près comme le Club monarchique à son début. Le peuple de Paris, principalement le peuple habitant le quartier de la butte Saint-Roch, s'éleva contre les gens qui fréquentaient le local loué par la dame Level ou Lewal. Il s'attroupa, il les hua, il les menaça chaque jour. Assurément, il s'agissait de menées monarchiques.

(1) Paris, Panckoucke, 1815, in-8o, p. 7, 10 et 50.

(2). Voir plus bas, JÀbraires.

(3) Montlosier, Mémoires, t. II, p. 309.

Au commencement de 1790, aussitôt après la formation de la Société, le duc de Villequier vint avertir les membres du Salon français que Santerre, à la tête des patriotes du faubourg Saint-Antoine, voulait attaquer la famille royale. Beaucoup se rendirent au château des Tuileries, avec des poignards et des pistolets sous leurs vêtements. 11 n'en résulta rien de grave, mais le public eut connaissance de l'équipée, ce qui contribua à rendre le club antipathique aux masses. Quand rémotion populaire et les façons des membres du club firent dégénérer les agitations en troubles, l'autorité municipale pensa qu'il fallait s'enquérir des faits, ainsi qu'on le voit par des procès-verbaux des commissaires de police, intitulés :

« Procès-verbaux relatifs aux troubles survenus dans la rue Royale, à propos de la réunion contre-révolutionnaire du Salon français, avec un précis des faits, lettres de M, Bailly, lettres et ordonnances du Département de police, arrêté du district de Saint-Roch et statuts imprimés de la Société du Salon français (14 mai 1790) (1). »

Certainement, l'ordre était troublé, et l'on pouvait craindre que des menaces il serait bientôt passé aux coups, si l'on en juge par la pièce suivante :

« Procès-verbal d'arrestation, dans l'attroupement de la rue Royale, d'un jeune garçon qui invectivait la Garde nationale et avait dit « qu'il jouerait à pair ou non la vie du vicomte de Mirabeau », lequel, relâché après vingt-quatre heures passées au violon, tint de nouveau les mêmes propos (14 mai 1790) (2). »

Le peuple ne cessa de poursuivre l'assemblée de la rue Royale plusieurs jours durant. Il organisait de véritables charivaris, afin de l'obliger à déguerpir. Les membres du Salon français s'obstinèrent. Il fallut que l'autorité redoublât d'efforts, que la presse dévouée à la Révolution, même la presse la moins avancée, s'attaquât au Club aristocratique.

L'Observateur français imprima aussitôt : « Le peuple, au mois de mai 1790, a déniché un club d'aristocrates qui se tenait rue Royale, butte Saint-Roch... C'est un rendez-vous de financiers, de robins et de prêtres qu'assemble l'espoir d'une contre-révolution. Une dame de Level leur loue le premier et le second étages de sa maison, à raison de mille écus par mois... Pendant toute cette semaine, il a tenu

(1) Minutes (1 doss.). Archives de la Police, sections de Paris, procès-verbaux dos commissaires de police (Butte des Moulins).

(2) Minutes (2 p.). Archives de la. Poi-icb;, sections de Paris, procès-vorbaux des commissaires do police (Butte des Moulinsj.

ses conciliabules au milieu des sifflets et des huées, et ayant toujours une garde nombreuse à Tentour de la maison. « Voilà des aristocrates qui en gardent d'autres », disait la foule... Bailly se rendit là jeudi, et assura au peuple, ce qui ne le contenta point, que cette assemblée n'avait aucun mauvais dessein. Le lendemain, une ordonnance qui l'autorisait fut affichée... Mais, dans la soirée même, on y courut... Le traiteur qui apportait à manger fut repoussé et forcé de retourner sur ses pas. L'abbé Maury, la veille, avait craché sur le peuple, du haut d'une croisée : il fut conspué à son tour. Le gros Mirabeau tira ses pistolets (1). »

Les choses eussent pu devenir très sérieuses. Une interdiction formelle de la police survint, qui empêcha le Club français de continuer ses séances.

Quoique simple journal des spectacles et des frontières, la Chronique de Paris imprima ces phrases :

« L'Assemblée de la rue Royale, dite Club français, est toujours troublée par le peuple qui ne cesse défaire charivari, malgré une proclamation de la police. Il a embrené le marteau de la porte, il jette des ordures dans les croisées; enfin, malgré tout ce qu'on peut dire de cesabat {sic) aristocratique, il ne veut pas croire qu'il n'a pas le droit de troubler des hommes assemblés pour lui donner une jolie petite guerre de religion. Avec ses accompagnemens, le propriétaire ne veut plus leur louer; la milice nationale s'ennuie du service journalier qu'il faut faire à leur porte. Il paroît qu'ils seront forcés de déguerpir, et de s'assembler rue de Seine, dans la cave. Le peuple qui les hue, proteste toujours que son intention n'est pas de leur faire aucun mal, mais qu'il ne veut pas les laisser jouer de leur aristocraeerie (2). »

Cette attaque était rude, car elle accusait le club en question d'avoir une attitude à la fois politique et religieuse, alors que l'Assemblée constituante rendait ses décrets abolissant les vœux monastiques, supprimant les droits féodaux; alors que le Club des Impartiaux^ lé Club monarchique, le Club des Feuillants, et la presse royaliste battaient en brèche les hommes avancés dont le but était de rompre entièrement avec l'ancien régime.

La Chronique de Paris commenta la sentence de police :

« Le Tribunal de police vient de rendre une ordonnance (3) pour

(l) V Observateur français, u" 222.

{^) Chronique de Paris, numéro du 16 mai 1790, p. 542.

(3) Arch. Nat., Répertoire général de M. A. Tuetey, 2= vol., n° 1127.

défendre à l'assemblée connue sous le nom de Sallon [sic) français^ de se tenir désormais rue Royale. Entre autres motifs sages qui ont décidé cette ordonnance, on remarque que les membres de cette assemblée ont menacé plusieurs fois la Garde nationale, placée là pour la défendre : on cite cette belle réponse d'un citoyen-soldat, qui, voyant un de ces furieux diriger son pistolet contre lui, lui a répondu : Frappe^ malheureux ^ mes concitoyens me vengeront. Nous savons de plus que Mirabeau-Tonneau a craché par une fenêtre sur la Garde nationale, et n'a répondu que par des injures grossières, qu'il faut sans doute rejetter sur son ivresse habituelle, à l'aide-decamp qui lui représentoit, d'une manière honnête et modérée, le danger auquel il s'exposoit. Sans doute, il doit être libre à tout citoyen de s'assembler; mais quand la liberté de quelques individus est opposée à la liberté de tous, quand ils ne s'assemblent que pour tramer des complots contre elle, nous croyons que c'est un devoir sacré pour le ministère public de prendre des mesures pareilles à celles que la prudence et le patriotisme viennent d'inspirer au tribunal de police (1). »

Gorsas mêla la note comique aux observations toutes politiques d'autres feuilles :

« Plusieurs quartiers de Paris recèlent des maisons de conjurés auxquelles on ne daigne pas faire attention ; on se contente de les connoître et de se tenir sur ses gardes. Il n'en apas été de même avant-hier rue Royale, butte Saint-Roch. Un engorgement de voitures a forcé le peuple à se ramasser en quelque sorte malgré lui. Les personnages qui arrivoient successivement, ceux qui étoient déjà rassemblés, et qu'on avoit vu entrer, étoient trop connus pour ne pas éveiller les soupçons : alors la foule s'est augmentée et paroissoit très décidée à rompre le conciliabule. L'effroi a gagné MM. les proiestans., et on les vit successivement défiler; les uns en affectant une morgue insolente, les autres avec tous les symptômes de la peur. Le peuple, dont les intentions étoient très pacifiques, s'est borné à les poursuivre par des huées. Ce qui a rendu cette scène infiniment comique, c'est que plusieurs personnes, du voisinage sans doute, sont allé chercher des chaudrons, des poêles et autres instrumens, avec lesquels ils faisoient un charivari infernal. Ce tapage, qui amusoit ceux qui en connoissoient la source, jetta une telle épouvante dans l'intérieur de l'hôtel, que plusieurs membres en sortirent égarés, et ne sachant qu'elle [sic)

(1) Chronique de Paris, numéro du 17 mai 1790, p. 546.

contenance tenir, ni où se réfugier; d'autres, assure-t-on, se sont tapis comme ils ont pu, jusqu'à la fin de la pièce, dont la Garde nationale a amené le dénouement avec une prudence et une célérité qui mérite les plus grands éloges.

« Cet événement a eu lieu mardi au soir, à peu près sur les sept heures et demie (1). »

La Chronique de Pjaris rappela que des relations avaient existé entre le sieur Lew^al et le marquis de Favras, récemment pendu pour trahison :

« La maison où s'assembloient les noirs^ rue Royale, butte Saint- Roch, est occupée par ce sieur Lewal {sic), où le sieur de Favras avoit donné rendez-vous, au mois de juillet dernier, au sieur Turcati, officier d'infanterie, et où il lui avoit parlé pour la première fois de son projet de contre-révolution; ils y déjeunèrent ensemble...

« 11 est bon d'observer que le sieur Lewal est un des contrôleursgénéraux de la Chambre aux deniers du comte d'Artois (2). »

Le Moniteur universel publia un long article sur ce qui s'était passé rue Royale, sur la conduite de la Municipalité et sur la sentence du Tribunal dé police (3) :

« Nous avons déjà parlé de l'attroupement qu'occasionnait, dans la rue Royale, butte Saint-Roch, une association connue sous le nom de Salon français. Le peuple avait cru distinguer dans le nombre de ceux qui s'y rendaient, .quelques-unes des personnes publiquement connues par leur opposition aux décrets de l'Assemblée nationale. Son inquiétude augmenta; et l'exactitude des membres aux heures de l'assemblée, malgré les huées et les murmures de la multitude, semblait le convaincre que des intérêts de parti en étaient l'objet, et que, encore une fois, on conspirait contre sa liberté.

« Le district de Saint-Roch, dans l'arrondissement duquel se trouve la rue Royale, persuadé que tous les individus d'un empire ont le droit de se réunir paisiblement, sentit qu'il était de son devoir de contenir la multitude assemblée ; il prêta le secours de la force aux membres du Club, et fît garder la porte par un détachement de son bataillon. Il crut aussi que cette marque de confiance dans les intentions de cette assemblée suffirait pour les engager à sacrifier à la

(1) Courrier de Gorsas, t. XII, p. l.'JO et 131.

(2) Chronique de Paris, numéro du 20 mai 1790, p. 559.— Vuir plus haut, p. 369.

(3) Moniteur universel, du 23 mai 1790 : Municipalité de Paris et Tuiuunal ue

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