‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 100 sur 246 · I. Cf. plus haut, p. 74. note i · texte numérisé non relu

I. Cf. plus haut, p. 74. note i

de notre appui. Nous défendrons les élus de linsuiTeclion, ceux que le peuple en armes à oints et sacrés ; nous les défendrons, non parce qu'ils sont le dernier mot du progrès et de la réformation, mais parce que. pour le moment, ils incarnent la victoire de Février. »

Ainsi, dès le début, le club de la Révolution se séparait nettement de la Société républicaine centrale. A la politique d'homogénéité que tendait dès lors à préconiser le club de Blanqui, celui de Barbes opposait une politique de conciliation. Il ne demandait pas au Gouvernement de marcher sans hésitation ni compromis dans la voie révolutionnaire ; il se contentait de demi mesures, il tenait à rester dans le juste milieu : « Nous les défendrons, disait Dufraisse, comme, la veille du lo Août, Robespierre et les Jacobins défendaient la Constitution de 91 ; nous les défendrons contre l'esprit de réaction d'une part, et, de l'autre, contre l'imprudence et l'exagération de certaines impatiences, de certaines témérités. »

Ces derniers mots désignaient clairement Blanqui. Le dessein de s'opposer à la Société républicaine centrale et de contrebalancer son influence se manifestait donc ouvertement. Quelques réserves S faites par Dufraisse à la fin de son discours, n'atténuent pas en somme la portée de cette déclaration catégorique de confiance dans le Gouvernement.

Décidé à le soutenir, animé de dispositions conciliantes, le club de la Révolution ne devait abandonner cette attitude que sous la pression des événements.

I. (( Nous défendrons surtout, dans le cas où l'accoi-d entre eux viendrait à se rompre, dit Dufraisse en parlant des membres du Gouvernement, nous défendrons ceux qui ont le mieux accusé et accentué le sentiment et la tradition révolutionnaires qui vivent en nous. Mais nous devons aussi exprimer loyalement el hautement nos réserves. Notre appui ne sera point aveugle. Tant que la dictature marchera dans le mouvement que l'insurrection lui a imprimé, nous serons avec elle, nous serons pour elle ; notre concours est à ce prix. Mais nous la surveillerons sans cesse, nous la tiendrons à l'œil, si je puis ainsi parler ; et. si l'Hôtel de Ville violait les conditions de son investiture, nous reprendrions aussitôt l'allure que nous avons toujours gardée contre ceu\ qui oublient leur devoir et la sainteté de leur mission. »

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