CHAPITRE TROISIÈME 8î
fut Tautre tâche qu'il se proposa : « La grande œuvre du moment, l'œuvre capitale, ce sont les élections des représentants à l'Assemblée nationale constituante, dit Dufraisse. Le club de la Révolution ne peut pas, ne doit pas rester muet, inactif et impassible dans cette lutte solennelle de l'opinion. Un comité pris dans son sein se consacrera tout entier à ce travail. Il appuiera à Paris et dans les départements les candidatures radicalement démocratiques, et leur prêtera un concours actif, énergique, par ses émissaires et par ses publications. Il s'efforcera d'ouvrir les portes de la Constituante aux hommes qui représentent les intérêts et les besoins populaires, les droits de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre, les vœux légitimes des vingt-six millions de déshérités ; il recueillera dans son sein et donnera une •tribune révolutionnaire aux républicains de toutes les écoles socialistes. Il faut que toutes les idées réformatrices aient leur auditoire et leur trépied. »
Enfin, le club de la Révolution annonçait son intention de soutenir le Gouvernement. En face du club de Rlanqui, on entendait donc établir un club socialiste, mais cependant favorable au Gouvernement. Dufraisse dit que « le club de la Révolution prêtera un appui loyal et énergique, un concours sincère et vigoureux au Gouvernement provisoire de la République ». Et, tandis que, dès le soir du 17 mars 1, la Société républicaine centrale manifestait ses préférences pour Ledru-Rollin et son intention de soutenir plus particulièrement ce membre du Gouvernement, le club de la Révolution croyait devoir défendre dans son ensemble un Gouvernement hétérogène : « Tous les hommes qui siègent à l'Hôtel de Yille, pris individuellement, dit Dufraisse, ne nous inspirent ni la même confiance, ni la même sympathie. Il en est que nous entourons plus que d'autres de nos affections révolutionnaires, parce qu'ils nous paraissent représenter plus complètement l'esprit de la Révolution et ses tendances égalitaires ; mais nous croyons devoir, quant à présent, les étayer tous collectivement