CHAPITRE TROISIÈME
L'un propose une contribution de 90 p. "/„ sur les prêts hypothécaires ; un autre propose de frapper une contribution extraordinaire sur ceux qui possèdent une fortune de plus de 20.000 livres de rente ; un troisième, de faire rentrer le milliard d'indemnité aux émigrés. La discussion de ces propositions se termine par un vote en faveur du million sic) alloué aux émigrés et du rappel du décret relatifs la contribution de 'i5 p. "/..portant uniquement sur le producteur ^. »
Le club de la Révolution se décida à intervenir à son tour dans la question financière en votant le li avril une adresse au Gouvernement - :
Le club de la Révolution s'est inquiété avec le peuple travailleur tout entier de l'application du décret relatif à l'impôt temporaire de ^5 centimes qui frappe les quatre contributions directes.
En effet cet impôt atteint surtout, et dans une mesure proportionnelle très lourde, les petits propriétaires agricoles et les travailleurs des campagnes.
On dit avec raison que les charges financières léguées par l'ancien régime monarchique devraient être supportées par la classe des censitaires qui administrait le pays, et non par le peuple, qui demeura toujours étranger et hostile à la politique funeste de Louis-Philippe.
Cet impôt additionnel a excité dans la plupart des départements une telle répulsion qu'un grand nombre de cultivateurs et de petits propriétaires ont déclaré qu'ils se refuseraient à l'acquitter.
En outre, cet impôt est contraire à l'égalité sociale que doit se proposer la République, et au système républicain en matière d'impôt, qui doit faire porter sur les privilégiés toutes les charges du budget et en exempter le peuple travailleur.
1. Voix des Clubs, 26 mars, séance du 28. — Au mois de mai, la Société républicaine centrale se préoccupait encore de la question ; le 9 mai, Gustave Robert, critiquant l'œuvre du Gouvernement provisoire, blâma en particulier l'impôt des 45 centimes ; et les diverses propositions émises ce jour-là amenèrent Blanqui à déclarer que le tort des économistes était de s'inquiéter « toujours du capital et jamais de la juste répartition des produits au profit des travailleurs » ; or, pour lui, c'était là le problème essentiel, et « c'est pour ne l'avoir pas encore franchement abordé qu'on n'est pas sorti de la crise. Selon lui, tous les plans financiers échoueront tant que la répartition des richesses ne sera pas réglée selon l'équité. » (Commission d'enquête, t. II, p. ii5.)