‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 120 sur 246 · Vraie République, 6 avril · texte numérisé non relu

Vraie République, 6 avril

Eu conséquenco, le club de la Révolution demande au Gouvernement provisoire :

Que, par modification au décret du iG mars, les petits contribuables soient affranchis de cette surcliarge d'impôt ;

Que l'impôt supplémentaire ne soit prélevé qu'à partir d'un certain chiffre de cote ;

Et qu'il soit progressivement augmenté à raison du chiffre de revenu qui sert de base à limpôt.

Le club de la Révolution protestait donc d'une façon moins radicale que la Société républicaine centrale contre la politique financière du Gouvernement : ce qu'il blâmait, ce n'était point l'insuffisance des mesures adoptées par le Gouvernement, mais le caractère du décret du i6 mars, contraire à l'esprit de la République et destiné à la faire ha'ir dans les campagnes.

Le danger qui devait en résulter lui sembla assez grand pour qu'il jugeât utile d'envoyer au Gouvernement une députation chargée de présenter son adresse ^. Barbes exposa l'objet de la démarche, Thoré lut là pétition, puis Garnier-Pagès répondit. 11 dit « que le Gouvernement s'était ému en même temps que le peuple de l'imperfection du décret du i6 mars, et qu'il en avait déjà révoqué l'application aux petits propriétaires ; que le Bulletin de la République, affiché à Paris et dans toutes les communes de France, avait suspendu la perception de cet impôt, au moins sur les contribuables de l'ordre inférieur ; que les 45 centimes supplémentaires seraient prélevés seulement sur les propriétaires riches, et que le ministère des Finances s'occupait activement d'un système général d'impôt progressif, afin d'atteindre surtout les hautes fortunes, qui ne s'empressent pas de suivre les nobles exemples du peuple, en contribuant, selon leurs moyens, à aider la patrie dans les graves conjonctures oij elle se trouve ; qu'en effet la nouvelle République populaire entendait le système des impôts au reboups du Gouvernement monarchique ; que les charges publiques devaient être supportées par les privilégiés, et que le peuple travailleur en serait

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