‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 123 sur 246 · CHAPITRE TROISIÈME Io · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME Io

L'attitude énergique de la Société républicaine centrale, la violence des discours qu'exagéraient encore les récits qu'on en faisait, la réputation de conspirateur de Blanqui avaient fait de la Société républicaine le club le plus redouté du Gouvernement'. A la fin de mars elle vota une profession de foi dont le ton résolu était bien fait pour exciter les craintes. Elle était ainsi conçue :

La République, comme la monarchie, peut ombrager la servitude sous son drapeau.

Sparte, Rome, Venise étaient des oligarchies corrompues et oppressives. Aux États-Unis l'esclavage est une institution.

La formule : Liberté, Égalité. Fraternité ! pourrait devenir un mensonge aussi célèbre que celui de la Charte-vérité : Tous les Français sont égaux devant la loi !

La tyrannie du capital est plus impitoyable que celle du sabre et de l'encensoir. La Révolution de Février a eu pour but de la briser. Ce but est aussi celui de la Société républicaine centrale et chacun de ses membres s'engage à le poursuivre jusqu'à ce quil soit atteint 2.

Devant cette violence, les membres du Gouvernement songèrent à se défendre. Deux tactiques étaient possibles : négocier avec Blanqui, ou l'abattre. C'est ainsi que la crainte qu'inspirait Blanqui amena certains membres du Gouvernement à négocier avec lui.

Ce n'était pas là un fait exceptionnel ; les piincipaux clubistes entretenaient des relations secrètes avec des membres

1. Garnier-Pagès, Ilist. de la Révol. de iS^S, t. III, p. ^91 ; Lucas, Clubs et clubistes, p. a 18 ; Caussidièrc, Mémoires, t. Il, p. 9, 12 et i4 ; Commission d'enquête, l. I", p. 3Ô5, doposiliou de Caussidière, p. 248, déposition de Carteret ; Procès de Bourges, audience du a(3 mars, déposition de Marie.

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