‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 151 sur 246 · CHAPITRE TROISIEME I OS · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME I OS

de guerre. Tout Paris a retenti de ces accents féroces : A bas les communistes ! A bas Cabet 1 Tel a été le mot dordre. Avant Février, on s'attaquait aux républicains ; aujourd'hui qu'on n'ose plus crier : A bas les républicains 1 on s'attaque aux communistes. Honte et malheur à ces faux frères, qui n'ont accepté la République qu'avec larrière-pensée de la miner par leurs lâches manœuvres. Eh bien ! citoyens, puisque la généreuse modération du peuple n'a servi qu'à enhardir ceux qu'elle a protégés, puisque ces endurcis poussent le cri de guerre, la guerre soit : mais que toute la responsabilité des calamités que nous allons traverser retombe sur ces misérables, o

En commentant cette séance, Blanqui écrit ^ : « A bas Cabet I A bas les communistes!... Et : A bas Blanqui ! on ne le criait pas sans doute ? — Non pas seulement : A bas Blanqui ! mais : Mort à Blanqui ! Mort à Cabcl I — Oh I si on n'eut crié que : Mort à Blanqui 1 ce n'eût été qu'un cri patriotic[ue, bien doux à l'oreille. » Blanqui voyait juste : Barbes, même s'il regrettait d'avoir aidé le Gouvernement, et s'il comprenait enfm que le triomphe de la majorité modérée, dans cette journée, était celui de la réaction, ne voulait point comprendre encore que sa cause et celle de Blanqui étaient liées.

« Après cette harangue imbécile, continue violemment Blanqui-, viennent les motions. > Elles étaient moins dangereuses que celles de la Société républicaine centrale ; on affectait encore de croire à la bonne foi du Gouvernement. Le citoyen Langlois déclara nécessaire c pour détruire l'effet moral de cette audacieuse réaction, d'y répondre par une nouvelle manifestation, mais tellement imposante, tellement forte au besoin, qu'il ne soit plus désormais possible aux ennemis de la République, et, disons-le, du socialisme, de nourrir une pensée coupable^ ». Tout en appuyant cette proposition, l'assemblée décida d'ajourner sa décision jusqu'à ce que le Gouvernement

1. Manuscrits, liasse U, chemise 3, sous-chemise a, feuillet K, n" 5o.

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