CHAPITRE QUATRIEME I h
seconde adresse envoyée en même temps au Gouverne ment par le club de la Révolution ' : « La garde nationale, formée de tous les citoyens sans distinction, est une des institutions les plus populaires de notre jeune République, parce qu'elle repose sur le principe de légalité civique. Aussi, tous les grades, toutes les fonctions de la milice nationale sont-ils conférés par l'élection. Un seul grade pourtant, celui de général en chef, a jusqu'ici échappé à la loi commune ». et. pour étendre à ce grade le principe d'élection appliqué à tous les autres, le club de la Révolution demandait que le général en chef fût élu par les légions, et non nommé par le Gouvernement. Faut-il voir dans ce désir, et dans l'absence de formule flatteuse, un commencement de froideur, une ombre de méfiance.^ La dure leçon que les clubs socialistes avaient tirée des élections suffirait à l'expliquer.
La situation devenait difficile pour les optimistes conciliants. Coup sur coup, deux événements : les élections et les troubles de Rouen, achevèrent de ruiner leur politique fragile. Il fallait se rendre à l'évidence et serrer les rangs. Après avoir fait la leçon aux plus violents, il fallut les rejoindre.
Les élections du 20 avril furent pour les socialistes une véritable déroute. La veille encore, ils pouvaient garder quelques illusions. En deux jours de vote, tout s'écroula. Les clubistes en particulier furent durement éprouvés : Blanqui, Raspail, Sobrier. Cabet n'étaient pas élus ; Barbes échouait à Paris et n'était élu que dans l'Aude. Dans le département de la Seine, où les clubs avancés de Paris avaient concentré leurs efforts, l'échec était complet : sur les 34 candidats de la liste du Club des clubs et des délégués du Luxembourg, 28 échouaient :