‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 199 sur 246 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

club Blanqui. Quelques habitués se sont présentés et se sont retirés après avoir lu l'orclre signé Perrée. adjoint au maire du IP arrondissement '. ordonnant la fermeture. Un seul individu a résisté en injuriant la garde nationale, la menaçant de la colère du peuple : il a été arrêté et conduit, après une vive résistance, à la mairie, sous l'escorte de quelques gardes nationaux. >i

Quelques jours plus tard, le 11 mai, un arrêté de dissolution du club de Blanqui était signé par la Commission executive, (I attendu que le club dit club Blanqui, établi jusqu'ici au Conservatoire de musique, a contrevenu aux lois sur les réunions armées, rappelées dans la proclamation du Gouvernement provisoire ; — attendu que, du sein de cette réunion, sont partis des hommes qui, dans la journée du i5 mai, ont envahi l'Assemblée nationale et proclamé, à l'Hôtel de Ville, un Gouvernement provisoire, fait qui constitue le crime d'attentat prévu par les lois ». Un arrêté analogue dissolvait le club de Raspail 2.

Le prétexte invoqué par la Commission executive : la participation des deux clubs au cortège du i5 mai, dissimulait mal l'intention véritable du Gouvernement de supprimer deux clubs redoutés. D'autres clubs, que ceux de Blanqui et de Raspail, s'étaient en effet joints à la manifestation et n'avaient pas été dissous. Aussi, le bureau du club de Raspail, et Eugène Fomberteaux, au nom de la Société républicaine centrale^',

1. Louis Perrée était maire du IIP arrondissement. Le Conslltutionnel paraît donc avoir fait une erreui- provoquée sans doute par ce fait que le Conservatoire de musique était situé dans le II' arrondissement. Le IIP arrondissement finissant alors à la rue du Faubourg-Poissonnière, tout près du Conservatoire, il est probable, qu'ainsi que le dit La Presse, c'est Peri'ée, maire du IIP arrondissement, qui ordonna la fermeture du club. A moins qu'il n'y ait eu un second Perrée, adjoint au maire du IP arrondissement ?

2. Seule l'accusation d'avoir été armé n'était pas portée contre le club de Raspail.

3. « Convaincu, dit Fomberteaux, que tous mes amis s'empresseraient de signer celte lettre si un pouvoir ombrageux et jaloux ne s'appliquait à proscrire tous les hommes de cœur... »

igO LES CLUBS DE BARBES ET DE BLANQUI

protestèrent-ils ' : c Je commence par déclarer positivement à Messieurs de la Commission executive, dit Fomberteaux, que jamais aucun citoyen ne s'est présenté armé à aucune de nos réunions, et je défie qui que ce soit de me prouver le fait signalé dans l'arrêté de la Commission. Je déclare, en outre, que si un sociétaire se fût présenté avec une arme quelconque, il n'aurait pas été admis. — Je proteste encore contre le second paragraphe de cet arrêté oii il est dit que du sein de notre Société il est parti des hommes qui ont envahi l'Assemblée nationale et qui ont été ensuite proclamer un Gouvernement provisoire à l'Hôtel de Ville. Il semble qu'on voudrait insinuer que ces hommes avaient été délégués exprès par nous pour aller accomplir un acte auquel pas un membre de la Société n'avait songé. — Non, Messieurs, nous n'avons délégué personne pour aller vous prendre d'assaut et proclamer un Gouvernement provisoire ; -^t si, parmi le peuple qui a envahi l'Assemblée et l'Hôtel de Ville, vous avez reconnu des membres de la Société républicaine centrale, ce n'est pas une raison pour faire retomber une des plus grosses parts de responsabilité de cette échauffourée sur cette Société et sur son président ; car il est évident pour tous que la majorité des citoyens qui faisaient partie de la manifestation pour la Pologne auraient pris part à l'envahissement de l'Assemblée, si cela eût été matériellement possible. — Quant à ce qui s'est passé à l'Hôtel de Ville, tout le monde sait que Blanqui y est resté étranger. - »

I . La protestation du club des Amis du Peuple et celle de Fomberteaux furent publiées dans Le Représentant du Peuple, 28 et 39 mai.

a. Hippolyte CasiiWe (Histoire de la seconde République française, t. II, p. 368-36cj; dit qu'une protestation contre le décret de dissolution fut trouvée dans une maison où Blanqui avait séjourné après le i5 mai. Voici le texte que donne Castille :

« La Société républicaine centrale a lu avec dégoût un décret libellé contre elle dans un langage qui vise à l'insulte et n'atteindra que le mépris. Elle s'honore des persécutions d'un pouvoir qui va ramasser dans les sentines de la presse monarchique un vocabulaire tout souillé de haine. Et, attendu que jamais baïonnette ni arme quelconque n'a paru dans l'enceinte de ses séances, elle donne aux impostures du décret le démenti le plus formel, et déclare que le Gouvernement dont il émane est un Gouvernement de calomniateurs. Auguste Bla.nqli. président.

Paris, a3 ou ai mai i8i8. (Date illisible.) »

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