Séance du 9 juin, Travail, n' du 11 au i3 juin
4. Le compte rendu de la séance porte : « les serviteurs » (Travail, n° du II au i3 juin, compte rendu de la séance du 9), mais le procès-verbal fut rectifié le lendemain (Id., n" du i3 au i5 juin, compte rendu de la séance du 10).
5. Travail. n° du i3 au i5 juin, compte rendu de la séance du 10.
battus pour conquérir le droit de réunion ; nous devons et nous pouvons nous réunir comme cela nous convient. Hé quoi ! le pouvoir exécutif, l'Assemblée nationale, qui n'existent aujourd'hui que parce que Louis-Philippe a voulu interdire, en février, l'exercice de ce droit de réunion, viendraient aujourd'hui nous contester ce droit ! C'est un anachronisme. La loi contre les attroupements est une atteinte aux droits du peuple souverain. Je proteste et vous protesterez comme moi. » Avec plus d'énergie encore, Fulgence Girard s'écriait ^ : k Le droit de réunion est un droit spontané et imprescriptible ; attenter à ce droit ce serait la négation d'un droit naturel, et celui qui s'en laisserait dépouiller déchirerait la plus belle page des Droits de l'Homme et du Citoyen, qui dit : que lorsque le Gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » Le club répondit à ces paroles révolutionnaires par des applaudissements.
Cependant les modérés, même en cette circonstance, faisaient entendre leur voix : dès le 9 -, certains membres dirent qu'il fallait engager le peuple à éviter les attroupements; le 10^, le citoyen Chilmann déclara : u Le droit de réunion appartient au peuple souverain, cela est vrai ; mais le peuple, c'est-à-dire l'universalité des citoyens, ne peut exercer sa souveraineté que par une délégation donnée à des mandataires, et lorsque ceux-ci réglementent l'exercice des droits, il est du devoir de tous d'obéir aux injonctions du souverain. L'Assemblée nationale, librement élue, représente le peuple, et tant qu'elle fonctionnera, tant que le peuple ne l'aura pas brisée, on doit se soumettre à ses décrets. Je m'opposerai toujours au développement des principes contraires. » Ce discours fut accueilli par des rumeurs de désapprobation^, et Longepied
1. Travail, n° du i3 au i5 juin, compte rendu de la séance du 10.