‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 221 sur 246 · Cf. Vraie République, l'tjuin · texte numérisé non relu

Cf. Vraie République, l'tjuin

3. Travail, n° du i4 au i6 juin, compte rendu de la séance du i3.

CiTOTENS Représentants,

La Révolution de Février, provoquée par la violation du droit de réunion, s'est faite au nom de la liberté.

La République, proclamée sur les barricades, a été la consécration des droits reconquis sur le despotisme.

Fidèles à votre mission, vous aviez solennellement promis de sanctionner ces droits, par la constitution politique de la France...

Un mois s'est à peine écoulé, et déjà vous y avez porté la plus grave atteinte par la loi contre les attroupements.

Citoyens mandataires du peuple, en entravant l'exercice d'un droit fondamental, inhérent à la nature humaine, vous avez excédé les limites de votre mandat, vous avez commis un abus de pouvoir.

Nous venons accomplir un devoir impérieux en protestant de toute l'énergie de nos convictions républicaines contre votre décret !

Vive la République démocratique et sociale !

Dans la discussion même des termes de cette adresse, les modérés l'avaient encore emporté sur les violents : certains membres ayant protesté contre l'épithète de « serviteurs » ou de (( valets » appliquée aux représentants du peuple ^ on remplaça ces mots par celui de « mandataires « . Un mois plus tôt, un orateur de la Société républicaine centrale qualifiait les représentants de serviteurs que le peuple, leur maître, peut chasser s'ils n'accomplissent pas leur devoir à son égard ^.

Le club de la Révolution restait donc respectueux de la légalité. Il fit plus ; il hésita même à employer le mot a protestation » ; le citoyen Lambert demanda qu'il fût effacé. « Dans

I. « Pourquoi mettre ces mots : maîtres, valets, dit Baudin ; ... si le principe égalitaire doit recevoir une atteinte, que ce ne soit pas dans une assemblée démocratique comme la nôtre... Quand les droits du peuple sont attaqués ou méconnus, protestons, c'est notre droit, c'est notre devoir ; mais bannissons les expressions qui peuvent blesser les oreilles de ceux qui ne demandent peut-être qu'à se réconcilier. » Le citoyen Longepied parla dans le même sens (Travail, n° du \\ au 1 6 juin, compte rendu de la séance du i3). Dès le 9, Chilmann avait protesté contre la qualification de valets donnée aux représentants du peuple {Travail, n° du 11 au i3 juin, et rectification au procès-verbal du 9, kl., n° du i3 au i5 juin).

a. Cf. plus haut. p. 62.

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