CHAPITRE CINQUIÈME 2l
son esprit, protester contre un acte du souverain, c'est pousser à l'insurrection ; il croit que tant que l'Assemblée nationale ne se sera pas complètement tournée contre le peuple, on ne doit pas protester contre ses actes^ « Après une longue discussion, il fallut voter pour faire accepter le mot « protestation ».
La même modération inspira le club lorsque le maire de Paris retira à certains clubs les locaux publics qui leur avaient été accordés jusqu'alors. Le club refusa de voter une protestation et se contenta de charger une commission de se rendre auprès du maire de Paris u pour provoquer des explications à cet égard ^ d .
Enfin ce n'est qu'en se joignant aux typographes qu'il protesta contre le rétablissement du cautionnement. Le lo juin ^, le citoyen Lebeau demanda en vain au club d'étendre la protestation contre la loi sur les attroupements aux atteintes portées à la liberté de la presse ; le i6 *, la proposition de protester contre le rétablissement du cautionnement fut ajournée; ce n'est que le 20 ^ que le club vota à l'unanimité de s'unir à la protestation des ouvriers typographes et déclara qu'il regardait le rétablissement du cautionnement « comme l'attaque la plus grave contre les principes conquis par le peuple, au prix de son sang, le 24 février dernier ». C'était parler un langage moins énergique que la Société républicaine centrale, trois mois plus tôt, le 2 mars, malgré le ton respectueux de la pétition présentée alors par ce club ^.