‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 223 sur 246 · Réforme, 21 juin (édit. du matin · texte numérisé non relu

Réforme, 21 juin (édit. du matin

6. Cf. plus haut, p. 53-54. — Le club de la Sorbonne {Représentant du Peuple, 23 juin) et le club de la Révolution démocratique de Montmartre (Peuple constituant, 24 juin) protestèrent aussi.

2l4 LES CLUBS DE B.VRBES ET DE BLANOUI

Lattitude modérée du club de la Révolution à légard du Gouvernement tenait à ce qu'il distinguait encore entre le Gouvernement et la réaction. S'agit-il de celle-ci, il devenait immédiatement plus énergique ^

Les menées bonapartistes, surtout, étaient alors actives ; et l'Assemblée nationale se demandait si elle appliquerait à Louis- Napoléon Bonaparte, élu le A juin, la loi de 1882, loi de bannissement contre les Bonapartes. Le 12, elle répondit par des applaudissements à la proposition de faire exécuter la loi ; mais le i3, elle vota l'admission de Louis-Napoléon comme représentant du peuple. En présence de l'hostilité qu'il avait rencontrée, celui-ci jugea cependant plus prudent d'envoyer sa démission, qui fut notifiée à l'Assemblée le 16.

Le 17 juin -, la question n'en fut pas moins portée au club de la Révolution par Madier de Montjau qui vint, au nom du club de la Butte des Moulins, prier le club de la Révolution de se joindre à lui pour demander à l'Assemblée nationale un décret de bannissement contre Louis- Napoléon Bonaparte et une instruction pour dévoiler les menées des partis.

Les deux propositions furent immédiatement appuyées par Longepied : a J'avais blâmé l'Assemblée d'avoir admis, dans son sein, un prince contre qui une loi de bannissement existait, dit-il ; car je ne reconnais à personne le droit de se mettre audessus d'une loi tant qu'elle n'est pas abrogée. Or, la loi contre Napoléon existait: je demande qu'elle soit maintenue. J'appuie également la proposition d'enquête ; car. lorsque des francs républicains sont poursuivis et emprisonnés, il ne peut pas

1. Cf. dans la séance du 3o mai (T raya//, i" juin;, l'attitude du club à propos de la candidature du prince de .Toinville.

Page 1