‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 224 sur 246 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

être permis à des prétendants d'occasionner des tentatives de désordres et de faire pousser des cris séditieux. » — (< Si les gens qui ont conduit notre République naissante avaient été de conviction profonde, dit Maillard, nous n'aurions pas aujourd'hui à nous occuper de Bonaparte, mais ils ont voulu ménager la chèvre et le chou. Il est évident qu'il y a une conspiration contre la République, qu'on a voulu nous faire rétrograder : c'est à nous, citoyens des clubs, qui étions soldats sur les barricades, à préserver la République de toute atteinte funeste. Arrière donc tous les empereurs! »

Les deux propositions du club de la Butte des Moulins furent adoptées ; mais la thèse de la modération avait cependant été soutenue par des orateurs moins clairvoyants. « On accorde une importance trop grande au prince Napoléon Bonaparte, dit le citoyen Hervé. En France, pays chevaleresque avant tout. on est généralement porté pour ceux qu'atteint la persécution. Laissons donc cet homme de côté. » — « Le but des clubs, à mon avis, est de développer et de défendre les principes démocratiques, et non de provoquer des lois exceptionnelles, dit le citoyen Villeneuve. On a parlé d'une loi exceptionnelle qu'on est dans l'intenlion de nous appliquer : ne demandons, croyezmoi, aucune loi de ce genre, quand bien même ces lois seraient tournées contre nos ennemis. »

Mais le principal intérêt de la discussion consiste dans les opinions qui furent exprimées au sujet des lois implicitement abrogées par la Révolution de Février : la question de savoir s'il fallait voter un décret de bannissement amena le club à se prononcer sur cette abrogation des lois de la monarchie, qui avait, dès les premiers jours, préoccupé la Société républicaine centrale'. Les uns prétendaient que ces lois existaient encore: « Je ne reconnais à personne le droit de se meltre au-dessus d'une loi, tant quelle n'est pas abrogée o, dit Longepied ; Lebeau déclara qu' «' une loi ne peut pas être abrogée tacitement par un vote, elle doit être abrogée formellement », et il

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