‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 23 sur 246 · I. Delvau. Histoire delà RévrAution de Février, p. SiS-Sig · texte numérisé non relu

I. Delvau. Histoire delà RévrAution de Février, p. SiS-Sig

a. Pour étudier les idées de Barbes avant 1848, cf. Barbes, Aux habitants de Carcassonne, Carcassonne, [1837^, in-4\ A p. ' Bibl. nat., L n*", 989; ; Deux jours de condamnation à mort, Varis, [i848], in-8*, i5 p. (Bibl. nat., Lb^*, 3956; ; Quelques mots à ceux qui possèdent en faveur des prolétaires sans travail [Paris, i848], in-8^ 4 p. (Bibl. nat.. Lb^, Sgi).

de « Bavard de la démocratie » lui attiraient des amis nombreux, tandis que ses adversaires mêmes appréciaient la noblesse et la générosité de ses sentiments.

On l'avait vu en 1889, lors de sa condamnation, accepter la mort pour sa cause avec sérénité et même avec joie : « Vivant, qu'étais-je ? un simple soldat susceptible de tirer un coup de fusil comme mille autres. Mort, au contraire, je deviens une puissance^. » Et il ajoutait: a Je n'éprouvais d'autre sensation, en ce moment, qu'une légère surexcitation dénergie, et comme une petite pointe d'orgueil de voir que j'étais appelé à donner mon sang pour ma cause. » La joie du sacrifice devait toujours être pour ce révolutionnaire sentimental un mobile d'action. C'est aussi le sentiment qui caractérise sa foi républicaine. Il avait en effet encore moins de doctrine politique que Blanqui. A peine peut-on parler de ses idées : ce sont des croyances mi-religieuses et philosopbiques, mi-politiques. D'abord, une croyance très ferme en Dieu : « C'était Rousseau qui me l'avait donnée, dit-il 2. Plus tard, elle s'était fortifiée au contact du spiritualisme des vrais grands hommes de notre Révolution. Et comment, en effet, être démocrate et ne pas partager la croyance qui avait inspiré à ses serviteurs tant d'actes de dévouement sublime.^ »

Le même mélange de croyances religieuses et politiques se retrouve chez Barbes dans la doctrine de la solidarité qui le guide dans le domaine métaphysique et qui est pour lui le fondement de l'action politique, a Sur un vaisseau en péril, dit-il 3, la solidarité du danger fait concourir à la manœuvre, et change quelquefois en pilote le passagei- dont les fonctions sont nulles lorsque les flots et les vents sont propices. A plus forte raison, dans les détresses sociales, est-il du devoir de tout citoyen de payer à la patrie le tribut de sa pensée, de ses conseils, et même de ses prières. 0 Aussi, à la différence de

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