Courrier français, 28 mars
grand tumulte. On vote sur sa candidature. La première épreuve est déclarée douteuse. La séance est levée sans vote: une grande agitation règne dans l'assemblée. » Le i6 avril ^ un orateur ayant dit que ceux qui criaient « A bas le communisme ! » ne faisaient que dissimuler leur intention de crier : « A bas la République! », on protesta du fond de la salle, et un jeune homme sétant fait remarquer par des cris de : « Vive la République! A bas le communisme! », les commissaires du club le prirent par le bras et voulurent malgré lui l'entraîner à la tribune pour s'expliquer : des républicains qui connaissaient ce jeune homme prirent sa défense, dirent que le règne de la violence était passé et firent respecter la liberté de l'imprudent protestataire.
De tels faits étaient saisis avec empressement par les ennemis des clubs socialistes qui se plaisaient ensuite à dire que la vie de tout protestataire était menacée à la Société républicaine centrale-. Blanqui lui-même avoua que les auditeurs qui se permettaient de silïler étaient mis à la porte, mais, ajoutait-il. i<. sans mauvais traitements qui pussent mettre leur vie ou leur santé en danger ^ ».
Ce qui est certain, c'est que le désordre et la confusion étaient extrêmes. Le 17 mars*, comme l'on discutait sur l'ajournement des élections, un orateur ayant dit : « Pourquoi alors êtes-vous peureux? car vous n'êtes que peureux /), l'orateur fut interrompu par des murmures, et le compte rendu ajoute : « Un autre citoyen lui succède et nous n'en pouvons transcrire (pic cette phrase : « La manifestation faite hier par les gardes « nationaux, n'était pas pacifique : elle avait une pensée ca- « chée. » Le tumulte continue, et le citoyen Rastour parvient à se faire entendre... Le citoyen Bonnelier demande la parole :
1. Commune de Paris. 19 avril, compte rendu emprunté à L'Union, du 18.
2. Cf. L'Assemblée nationale, 25 et 28 avril ; Lucas, Clubs et clubistes, p. 218; Maxime Du Camp, Souvenirs, p. i25.
3. Procès de Bourges, audience du i3 mars, déclaration de Blanqui en réponse à la déposition d'Altrofî.