‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 68 sur 246 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Nous ne sommes plus d'ailleurs ni de l'Empire, ni de la première République.

Le peuple a arboré la couleur rouge sur les barricades de 18^8. Qu'on ne cherche point à la flétrir.

Elle n'est rouge que du sang généreux versé par le peuple et par la garde nationale.

Elle flotte étincelante sur Paris; elle doit être maintenue.

Le peuple victorieux n'amènera pas son pavillon i.

C'était déjà une menace, presque une déclaration de guerre ; cependant Blanqui hésitait.

Il donna rendez-vous à ses amis pour le soir au Prado, en armes'-: puis, resté seul avec Bouton et Vilcoq, il résolut de se rendre à la préfecture de police et à l'Hôtel de Ville, pour sonder les intentions du Gouvernement, et, au cas où la lutte lui semblerait nécessaire, s'assurer des alliés.

Mais, auparavant, il voulut voir Raspail. Sans doute considérait-il ce chef révolutionnaire, qui plus tard devait prendre son parti quand tous l'abandonnèrent, comme l'homme politique le plus capable d'assurer avec lui le triomphe de la Révolution. Bouton l'en dissuada; Raspail. alïîrmait-il. ne voulait rien avoir à faire avec le Gouvernement. « Voyons Caussidière, alors », dit Blanqui 3.

La préfecture de police constituait comme un avant-poste du Gouvernement. Blanqui voulait savoir, avant de s'engager, s'il ne trouverait pas là des auxiliaires possibles, si, entre le préfet et le Gouvernement, quelque dissentiment n'existait point déjà qui eût rangé Caussidière du côté des mécontents et donné ainsi à ceux-ci une entrée dans la place*.

1. Cette affiche, reproduite par Delvau, Lucas, Bouton, F. Girard, est insérée dans les Murailles révolutionnaires, t. I", p. 67, et t. II, p. 107, la seconde fois avec cette variante : « Le peuple victorieux ne doit pas amener son pavillon. >■>

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