‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 70 sur 246 · Bouton, La Patrie en danger^ p · texte numérisé non relu

Bouton, La Patrie en danger^ p

2. Bouton, op. cit., p. 55; F. Girard, op. cit., p. io8 ; Delvau. op. cit.. p. on. La liste que donne Lucas (op. cit., p. 213) des membres présents à la séance ne saurait être considérée comme exacte, ainsi que nous l'avons déjà vu (cf. ci-avant, p. 17, note i5», bien que Lucas prétende avoir assisté à la séance. Bouton vint également à la séance (op. cit., p. 5i ; Delvau, op. cit., p. 3ii\ mais n'arriva qu'avec Vilcoq et Blanqui.

C'est alors sans doute que Martin (de Strasbourg) se rendit au Prado, envoyé par le Gouvernement pour apaiser une réunion dont de vagues rumeurs indiquaient le caractère menaçant'. Lassemblée, à son arrivée, n'était pas encore nombreuse ; une quarantaine de personnes seulement se trouvaient réunies. Martin (de Strasbourg) essaya de combattre leur irritation ; sans doute y réussit-il momentanément-, et, tandis qu'il s'en retournait, satisfait de son succès, au Prado la délibération reprenait, et les colères s'exaltaient à nouveau après cette courte trêve.

C'est par des paroles violentes que Crousse avait ouvert la séance ^ : m Nous représentons la République et la Révolution ; nous sommes tous d'anciens détenus politiques. La cause pour laquelle nous avons cent fois risqué notre vie et notre liberté triomphe ; c'est à nous de diriger la République cjue nous avons faite. Si nous ne nous emparons pas du pouvoir dans ce premier moment d'hésitation qui nous le livre, il nous échappe à jamais. » Et, montrant le drapeau rouge « tombé à la voix de Lamartine, un poëte royaliste hier, et qui, aujourd'hui, vient de se réveiller républicain », et le pouvoir aux mains des hommes du iXational, « qui perdront la République si nous les laissons faire », il conclut en disant : « 11 faut la sauver en nous mettant à leur place. » S'emparer du pouvoir à la faveur de la nuit, ce fut une proposition adoptée avec enthousiasme par ces conspirateurs accoutumés aux coups de main. L'heure était propice. Le Gouvernement, à peine installé,

1. Cf. Garnior-Pagès {op. cit., t. HT. p. iio-iii\ qui dit que Martin (de Strasbourg), envoyé par le Gouvernement, parvint à apaiser la réunion du Prado. F. Girard (op. cit., p. io8) confirme le témoignage de Garnier-Pagès au sujet de la présence de Martin (de Strasbourg") au Prado, mais il attribue à la démarche de celui-ci un caractère séditieux tout à fait invraisemblable.

2. On ne saurait en elTet admettre que Martin (de Strasbourg) apaisa définitivement l'irritation de l'assemblée, car Bouton, Delvau, Lucas (qui serait lieureux de pouvoir attribuer à Martin (de Strasbourg) une influence pacificatrice dont il accorde bien malgré lui le mérite à Blanqui) reconnaissent tous trois que c'est Blanqui qui pacifia le club.

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