‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 96 sur 246 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

toujours croissant des clubs rendait un essai d unification nécessaire.

Tandis que le besoin dune organisation centrale se faisait ainsi sentir au lendemain du 17 mars, l'approche des élections, fixées au 23 avril, mettait la question électorale à l'ordre du jour.

L'organisation centrale des clubs, les élections, ces deux questions allaient désormais préoccuper la Société républicaine centrale ; elles allaient aussi être la cause même qui amena quelques hommes à fonder le club de la Révolution.

Dès les premiers jours qui suivirent la Révolution, une ti Commission instituée pour appeler à la défense de la République tous les patriotes éprouvés » s'était organisée sous la présidence de Sobrier. Un piemier manifeste révéla son existence dès le 29 février*. Il avait pour but d'éclairer le Gouvernement, trompé par les ruses d'hommes habiles qui obtenaient des nominations et des emplois en illusionnant sur leurs sentiments politiques véritables-. Les c patriotes éprouvés » qui

1. Déinocrade pacifique. 4 mars : Rèpiihlique. ô mars : Populaire, 7 mars, etc.

2. Cette préoccupation se manifesta aussi à la Société républicaine centrale, où « les choix déplorables des commissaires envoyés dans les départements.... l'écartement systématique des vieux patriotes... » étaient signalés (Cf. plus haut, p. 65 1. Au club de la Révolution, dès la première séance (31 mars, cf. Commune de Paris du a^s les citoyens Barbes. Etienne Arago et Sobrier furent délégués auprès du ministre de l'Intérieur pour l'inviter à apporter des modifications dans le personnel des commissaires des départements. Un comité de surveillance des actes et des agents du Gouvernement fut nommé par le club (Vraie République, 29 mars) qui invita bientôt aussi le Gouvernement à publier les deux dossiers trouvés dans le cabinet de Louis-Philippe « dans lesquels, disait-il, se trouvent tant de pièces compromettantes pour bon nombre de gens qui briguent néanmoins l'élection pour l'Assemblée constituante » (Réforme, lu a\ril). Le club trouva même nécessaire d'cnvover au Gouvernement une adresse à ce

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signèrent cette proclamation étaient: Bianchi, Bcrgeron, Barbes, Cahaigne, Delahodde, Loucliet, Luchet, Ganneau. Pillies, F. Pyat, Lechallier, Sobrier, Thoré, Pecqueur, Martin. Deflotte, Raisant, Huillery, Vaulabelle, Boivin, A. Leroux, E. Seguin'. Plusieurs .se retrouveront au club de la Révolution. C'est que cette Commission fut l'origine du club présidé par Barbes"^.

Le 17 mars au soir, un appel était rédigé et signé par Barbes, Caliaigne. Loucbet, Bonnias, Pilhes, Sobrier, Thoré, Bianchi. Raisant, Martin-Bernard. L'Héritier (de l'Ain), Grandmesnil. Cet appel était ainsi conçu :

Citoyens,

Le salut de la République dépend de l'Assemblée nationale.

Il faut que l'Assemblée nationale représente le sentiment et la volonté du peuple.

Tous nos efforts doivent donc tendre à nommer pour représentants du peuple des républicains décidés à faire triompher la cause de l'égalité.

Nous n'avons encore que le nom de République, il nous faut la chose.

sujet : « Au moment où l'opinion a besoin d'être éclairée pour choisir des représentants dignes d'organiser la République, il est urgent de publier tous les documents qui font connaître les hommes du passé. C'est pourquoi nous avons l'honneur de vous prier de nommer immédiatement une commission d'examen des papiers trouvés aux Tuileries, pour que ces papiers soient ensuite livrés à la publicité avant l'époque des élections générales. Le club de la Révolution vous demande encore que le Gouvernement mette à nu et public toutes tes pièces renfermées dans les autres archives, de nature à démasquer ceux qui. par les services honteux qu'ils ont rendus à la royauté, se sont rendus indignes de la confiance de la République. Ce sera un acte de justice et de haute moralité. » {Vraie République, lô avril.)

1. Peu de jours après, une seconde édition du manifeste remplaçait la première ; quelques mots du texte étaient changés et trois noms, ceux de Pecqueur, Martin, Deflotte, avaient disparu (Affiches rouges, p. 4i-44 ; Lucas, Clubs et clubistes, p. 69-70;.

2. 1 raie République. 36 mars : « Le club de la Révolution est le développement de la première Commission instituée pour la surveillance des élections à l'Assemblée nationale et des agents du Gouvernement provisoire. » Commune de Paris, 29 mars : « Le club de la Révolution, constitué pour faire suite à la Commission primitive appelant tous les républicains éprouvés à la défense de la tiépublique... »

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