CHAPITRE TROISIÈME
La réforme politique n'est que l'instrument de la réforme sociale.
La République devra satisfaire les vœux des travailleurs et abolir le prolétariat.
C'est pourquoi les patriotes soussignés ont institué un comité central, qui fait appel à tous les vrais républicains, afin de constituer des comités spéciaux dans tous les arrondissements de Paris.
La réunion générale aura lieu aujourd'hui 18 mars, salle Molière.
Vive la République ^ !
C'est au cours de cette séance, qui semJjlc avoir été secrète, que la formation d'un comité central et d'un club nouveau fut décidée-.
Ce n'était point seulement le 17 mars qui avait provoqué cette double création : le désir de combattre l'influence de Blanqui en était cause aussi. Opposer à la Société républicaine centrale, de jour en jour plus connue et plus redoutée, un club démocratique qui rivaliserait d'influence et de popularité avec elle, c'était une idée qui devait tenter non seulement Barbes, mais encore de nombreux républicains, qui, d'abord groupés autour de Blanqui, fondateur du premier club socialiste, redoutaient son intransigeance, subissaient avec peine son joug et aspiraient à ne plus être confondus avec la foule obscure et souvent méprisée de ses partisans.
La première séance du club de la Révolution eut lieu le 21 mars^. Le but de l'association fut indiqué par le citoyen Marc Dufraisse dans un important discours d'ouverture* qui porte la trace des événements récents : « La plupart des sociétés populaires jusquà ce jour, dit-il, brusquement improvisées, tumultueusement formées, ont plutôt juxtaposé que lié ensemble les citoyens qui les composent; ...elles sont sans rela-