‹ Les Coaptations sexuelles des OniscoideaChapitre 17 sur 74 · TE ON RATES · texte numérisé non relu

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cia tranchent d’autre part assez nettement sur le reste des Oniscoidea supérieurs (Oniscidæ supérieurs, Porcellionidæ, Armadillidiidæ, Eubelidæ, Armadillidæ) par le manque de fermeté de la coaptation apophyse génitale-endopodites 1. Cependant lopposition entre Oniscidæ inférieurs et supérieurs est moins nette qu’entre Scyphacidæ et Oniscidæ inférieurs. La coaptation apophyse génitale-endopodites 1 présente ainsi chez les Oniscoïdea supérieurs une évolution marquée, dans le sens d’un perfectionnement de la liaison des trois organes, quand on parcourt la série des formes actuelles depuis les Scyphacidæ inférieurs (Deto) jusqu'aux termes les plus évolués : Armadillidudæ et Armadillidæ.

Une première étape de cette évolution est marquée par un développement brusque du bouclier de l’apophyse génitale, déjà présent chez Deto mais peu distinct du corps de l’apophyse. Ce développement, observé chez Scyphax et Armadilloniscus, s’opère à la fois en largeur et en longueur d’avant en arrière. Parallèlement on assiste à une extension vers l'avant des lamelles latérales, déjà présentes chez Deto dans la partie distale des endopodites, au delà du bouclier, et persistant d’ailleurs chez Scyphax et Armadilloniscus au delà du bouclier.

C'est la coexistence au même niveau de ces lamelles latérales et d’un bouclier bien développé qui entraîne ce premier perfectionnement dans la liaison des trois organes.

Une deuxième étape de l’évolution est marquée, quand on passe des Scyphacidæ évolués (Armadilloniscus) aux Oniscidæ inférieurs, par une extension maxima du bouclier de l’apophyse qui recouvre entièrement le corps de l’apophyse ne laissant dépasser que la spatule terminale, et par l’enroulement des bords de ce bouclier. Parallèlement l’extension vers l’avant des lamelles latérales des endopodites, déjà commencée chez Scyphax, accentuée chez Armadilloniscus, se poursuit tandis que disparaît la partie terminale de ces formations au delà de la pointe du bouclier : de plus en plus les deux formations correspondantes, bouclier de l'apophyse et lamelles latérales des endopodites, coexistent à tous les niveaux.

L’enroulement des bords du bouclier coïncide également avec un enroulement en sens inverse des lamelles latérales.

Une troisième étape de l’évolution est marquée, quand on passe des Oniscidt inférieurs aux Oniscidæ supérieurs, par un raccour-

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cissement du col de l’apophyse génitale RÉLEIICUE à un développement plus grand des lamelles latérales et à à l'apparition de dents d’engrenage dans la partie terminale de ces dernières.

He. on peut considérer comme une dernière étape de l’évolution la coexistence au même niveau des dents d'engrenage des lamelles latérales et des épines orientées en sens inverse plantées sur les flancs de l’apophyse génitale (Porcellionidæ supérieurs, Armadillidiidæ). |

b) Trichoniscidæ. — L'étude des Trichoniscidæ nous a permis de corriger deux erreurs qui ont pour point de départ une étude Donne de Veruogrr sur l'appareil copulateur de ces formes. La première a trait à la position relative des endopodites r et de Papophyse. Cetle dernière n’est jamais cachée sous les endopodites (sauf partiellement dans de rares cas : T'ilanethes), elle est parfaitement visible ventralement.

La deuxième erreur de Vernoërr a trait à l’union des trois organes : chez tous les Trichoniscidæ existe une coaptation entre l'apophyse génitale et les endopodiles 1, coaptation généralement lâche mais parfois assez perfectionnée {Titanethes, Androniscus).

Il paraît difficile de tracer chez les Trichoniscidæ un schéma évolutif comparable à celui qui apparaît d’une façon nette chez les Oniscoidea supérieurs. Il est possible que l’apophyse génitale triangulaire coaptée par juxtaposition avec la face interne des endopodites soit la forme fondamentale.

On peut faire dériver de cette coaptation primitive l'emboîte-

- ment de l’apophyse par les endopodites 1 tel qu'il se présente chez Hyloniscus et Titanethes et qu’on retrouve d’ailleurs dans la série parallèle des Scyphacidæ. Dans ce cas les endopodites sont seuls modifiés et présentent des expansions lamelleuses latérales comparables aux lamelles latérales des Oniscoïdea supérieurs. On peut également faire dériver une deuxième série de formes comprenant Alpioniscus, Androniscus, Haplophthalmus. Dans ce cas l'apophyse génitale est seule modifiée et présente une formation ventrale comparable au bouclier de l'apophyse des Oniscoïdea supérieurs. Ces deux formations : bouclier de l’apophyse génitale et lamelles latérales des endopodites qui paraissent se correspondre chez les Oniscoïdea supérieurs ne coexistent chez aucun genre des Trichoniscidæ. Lorsqu'on tente d'établir dr lien entre la perfection de la coaptation et la position systématique des

différents genres établie d’après d’autres caractères tels que la forme des stylets copulateurs, on est frappé du manque de correspondance : c’est ainsi qu'A/pioniscus genre très archaïque (Van- DEL 1943) présente une apophyse génitale à bouclier, permettant une coaptation par emboîtement. Cette formation est absente chez des genres évolués tels qu’Ortitoniscus, Trichoniscoïdes, Trichoniscus. Par contre elle reparaît chez Androniscus, genre très évolué mais à position systématique incertaine, et partiellement chez Haplophthalmus également très évolué. Tout se passe comme si le caractère : présence d’un bouclier sur la face ventrale de l’apophyse génitale était apparu sporadiquement chez les Trichoniscidæ. De même les lamelles latérales de l’endopodite de Titanethes et le disque denté sur la face dorsale de l’apophyse d’Androniscus ont bien la valeur d’apparitions brusques, impossibles à rattacher à une évolution lente des endopodites r ou de l’apophyse génitale des Trichoniscidæ. Il est également très suggestif de remarquer que ces formations, sauf le disque denté, sont également apparues sans lien phylogénique possible dans la série parallèle des Oniscoidea supérieurs.

c) Nomenclalure des superfamilles. — Malgré la nature assez primitive de la coaptation apophyse génitale-endopodites 1 observée chez les Trichoniscidæ, le terme d’£mbolophora donné par VerHOEFrF aux Oniscoidea supérieurs pour rappeler la coaptation, connue uniquement chez ces formes, n’est donc pas spécifique.

La nomenclature des deux superfamilles des Æ£uoniscoidea (VanDez 1943), Endophora et Embolophora, reposait donc sur deux erreurs et méritait d’être changée. Le caractère qui me paraît le plus apte à différéncier ces deux séries parallèles de formes est la soudure des canaux déférents, générale chez les Trichoniscidæ, opposée à l’individualité de ces deux canaux chez les Oniscoïdea supérieurs. Je propose donc pour les 7’richoniscidæ (et il est probable que les Buddelundiellidæ se rattachent au même type) le terme de Synocheta (sbv et oyeros — canal interne du corps, terme anatomique) et pour les Oniscoidea supérieurs le terme de Crinocheta (api préfixe indiquant la séparation).

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