Mécanisme de fonctionnement de la coaptation
La coaptution apophyse génitale-endopodites 1 assure la transmission du sperme de l’apophyse génitale aux endopodites 1 en maintenant en face l’un de l’autre les orifices des canaux déférents et la naissance de la gouttière spermatique pendant que s’accomplit l'érection des appendices copulateurs.
Il est en effet probable que l’érection de ces appendices précède et provoque l’éjaculation du sperme. Dès lors, si lapophyse demeurait en place, sur la face ventrale du pléon, comme le pense ARCANGELI, alors que les endopodites 1 et 2 accomplissent leur rotation, la transmission du sperme par une apophyse unique deviendrait très difficile et supposerait un sperme très fluide, ce qui n’est pas le cas chez les Oniscoïdea pour accomplir un trajet long et livré au hasard avant de parvenir à k pointe des endopodites 2. Chez les Liguidæ où la coaptation n'existe pas, il y a deux apophyses génitales insérées entre les exopodites et les endopodites foliacés de la 1° paire de pléopodes. Lors de l'érection des endopodites 2, seuls différenciés en organes copulateurs, les apophyses génitales se trouvent relevées en même temps que les pléopodes 1 : et chacune entre en contact avec la base de l’endopodite 2 correspondant, le sperme étant d’ailleurs probablement guidé par les longues soies qui s’insèrent à la pointe des endopodites 1. Dans le cas d’une apophyse unique, située dans le plan de symétrie du pléon, son contact avec l’un et l’autre des endopodites 2 serait impossible, quant aux endopodites 1, situés lors de leur érection nettement en deçà de la pointe de l’apophyse demeurée en place, leur existence n'aurait aucune signification. Le mécanisme de fonctionnement de la coaptation est d’une netteté parfaite chez //alophiloscia, où l’extrémité des canaux déférents, faisant saillie hors de l'extrémité de l’'apophyse, s’engage dans la gouttière spermatique des endopodites r (PI. VI, fig. 40). A Pexception de ce genre vivant au voisinage de la mer, &/ semble que l'union des trois organes à leur extrémité, assurant la précision de la transmission du sperme, est d'autant plus étroite que‘ l'animal est adapté à un climat plus sec. Les dents d’engrenage de la partie terminale des lamelles latérales ont pour antagonistes des pointes acérées qu'on observe principalement sur l’apophyse génitale des Armadillidiidæ, formes enroulables s’adaptant à des milieux secs, et chez certains Porcellionidæ désertiques tels qu'Æemilepistus. Mais ces formations ne sont certainement pas d’une grande nécessité pour assurer le contact. Ce qui joue le plus grand rôle c’est l’ensemble de la coaptation par engrenage et surtout par assemblage chez les Oniscoïdea supérieurs.
Le perfectionnement de la coaptation peut-il être considéré comme lié à une adaptation ? |
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La canalisation du sperme et partant la rapidité et la précision de sa transmission de l’extrémité des canaux déférents à la pointe de l’organe copulateur peuvent être considérées comme nécessaires à des formes vivant dans des milieux secs, où le sperme, déjà peu fluide, peut être soumis à une évaporation qui gênerait sa progression ou même l’arrêterait.
Toujours est-il que les formes les mieux adaptées aux climats secs présentent toutes une coaptation parfaite. L'évolution entière des Oniscoïdea est marquée par la conquête de terrains de plus en plus secs, or la coaptation semble évoluer parallèlement à cette adaptation. |
Chez les Trichoniscidæ où la coaptation est lâche on ne rencontre que des formes vivant dans des milieux humides, hypogés ou épigés. Chez les Scyphacidæ tels que Scyphax et Armadilloniscus où la coaptation est également lâche, il s’agit là de formes submarines et très localisées. Enfin il est un autre argument qui plaide, non en la faveur de cette adaptation, mais en la faveur de l’importance du rôle de la coaptation : le schéma prédédemment décrit, au sujet des différentes phases de la copulation, n'est valable, semble-t-il, que pour les formes où les endopodites 1 et l’apophyse sont emboîtés l’un dans l’autre. Il semble mis en défaut par l’existence d’une simple coaptation par juxtaposition par exemple chez de nombreux Trichoniscidæ tels qu'Oritonisceus, Phymatoniscus, Trichoniscoïdes, Trichoniscus, etc..., et chez le genre Deto parmi les Oniscoïdea supérieurs. Or nous verrons que précisément chez toutes ces formes la coaptlation, trop lâche et incapable d'assurer la solidarité de l'apophyse génitale et des endopodites 1 lors de l'érection de ceux-ci, est doublée par une autre coaptation qui joue exactement le rôle de la coaptation précédente dans son état fonctionnel.