II. — Régénération anormale de l’apophyse génitale
Sur un çj à la 5° mue j'ai prélevé partiellement l’apophyse génitale sans arracher les canaux déférents. La partie proximale interne des endopodites 1 ayant été lésée, j'ai obtenu à la mue suivante une soudure des trois organes : les deux endopodites r et le régénérat de l’apophyse génitale. Cette soudure s’est progressivement étendue à chaque mue, vers l’arrière jusqu’à englober totalement les basipodites et une partie des endopodites.
L'animal a été sacrifié à l’état adulte. L'étude des endopodites 1 à l’aide de coupes transversales sériées m’a révélé : 1° dans la
— 102 ee
partie soudée une fusion des canaux déférents en un canal unique semblable à celui des Trichoniscidæ. Le canal unique à partir d’un cerlain niveau va d’ailleurs en diminuant de diamètre et se perd dans les tissus médians (fig. 204);
2° au niveau de la partie libre des endopodites les lamelles latérales sont étroitement accolées et, par leur intermédiaire, se réalise une coaptation étroite des deux appendices.
a) Dans la partie proximale la lamelle latérale de l’endopodite droit se termine par un condyle massif à tête élargie, légèrement recourbé en crochet du côté ventral. La tête de ce condyle se loge dans une encoche creusée dans la partie médiane de la face interne de l’endopodite symétrique. Cette encoche est comprise entre la
7 due y 0 50 100!
Fig. 20. — Porcellio dilatatus. Réalisation expérimentale d’une coaptation,
lamelle ventrale recourbée en crochet en sens inverse de sa symétrique et épousant étroitement la courbure de celle-ci et une saillie de l’angle dorsal interne (fig. 20b).
b) La coaptation voisine à ce niveau d’une coaptation par assemblage, se relâche au fur et à mesure que les coupes sont plus voisines de l’extrémité des endopodites. Dans les coupes distales on observe un simple engrenage des deux endopodites. La lamelle ventrale de l’endopodite droit est simplement recouverte par son antagoniste recourbée en sens inverse (fig. 20c et d). Il n’y a plus de coaptation au delà de l'extrémité des lamelles latérales.
La réalisation de cette coaptation, en tout point semblable à une coaptation, naturelle est due sans conteste à l’intimité du contact des deux appendices. C’est grâce à la soudure de la partie proximale de ceux-ci que les lamelles latérales de l’endopodite peuvent se superposer et entrer en coaptation, ce qui n'avait pas lieu dans les expériences précédentes.
La réalisation expérimentale de cette coaptation démontre la possibilité de la naissance d’une coaptation naturelle à partir de détails anatomiques héréditaires réalisant primitivement une coaptation grossière, mis fortuitement en présence au cours du développement ontogénique.
III. — Régénération simultanée des endopodites 1 en l'absence de l’apophyse génitale.
Il'est facile d'obtenir cette régénération en prélevant simultanément les endopodites 1 chez un adulte, et en arrachant l’apophyse avec les canaux déférents de manière qu’elle ne régénère pas.
Sur 23 individus opérés, 19 ont donné des régénérations normales : les endopodites régénérés au contact l’un de l’autre ont réalisé des figures d'interaction analogues à celles observées dans le cas du développement simultané des FR en l’absence de l’apophyse génitale.
Les 4 autres ont présenté une régénération des endopodites avec soudure englobant d’abord les basipodites et s’étendant progressivement à chaque mue jusqu’à la pointe des endopodites.
L'examen des coupes transversales sériées chez deux individus où la fusion des endopodites n’est que partielle et n’englobe pas la totalité de la longueur des lamelles latérales montre une coaptation analogue à celle que j'ai décrite au chapitre précédent.