‹ Les Coaptations sexuelles des OniscoideaChapitre 58 sur 74 · IV. — Conclusion de l'étude expérimentale · texte numérisé non relu

IV. — Conclusion de l'étude expérimentale

La réalisation expérimentale de ces coaptations par engrenage et par assemblage reliant deux organes normalement séparés s’est effectuée dans des conditions identiques à celles d’une coaptation naturelle : formation indépendante des détails complémentaires, réalisant fondamentalement une coaptation grossière, et entrée en corrélation mécanique de ceux-ci lors d’une mue.

Le résultat de cette entrée en corrélation mécanique n'a pas toujours été la formation d’une coaptation. Malgré la formation, dans tous les cas observés, de détails susceptibles de participer à une coaptation (crochet, encoche el redent.des lamelles latérales), cette disposition n'a élé réalisée, la forme des détails complémentaires restant la même, que dans certaines conditions relatives à la posttion de ces détails.

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L'étude de la coaptation d’emboitement des endopodites 1 chez les Scyphacidæ nous fournit, à l’état naturel, un exemple manifestement analogue : chez Scyphax les lamelles latérales ventrales sont incapables de se chevaucher par suite de la présence d'un bouclier coiffant l’apophyse génitale et servant de butoir aux endopodites 1. Ces lamelles présentent en coupe transversale, bien au delà de la pointe du bouclier de l’apophyse, un redent chitineux ventral prolongeant vers l’arrière une formation analogue servant de «cran d'arrêt » au bouclier et née de l’écrasement de la lamelle contre le corps de l’apophyse. Au delà de la pointe du bouclier c'est l'écrasement réciproque des deux lamelles symétriques qui fait naître celte formation: Or il est manifeste que cette dernière est parfaitement inutile à ce niveau. Nous fretrouverons à propos de certaines coaptations chez les Insectes des exemples analogues (voir coaptation scutellaire et métathoracique).

L'entrée en corrélation mécanique de deux organes complémentaires peut faire naître des détails participant à leur coaptation mais pouvant être également entièrement inutiles (dans le sens d’inemployés). Il ne peut s’agir là que d’une force aveugle : la formation d’une coaptation ne peut être interprétée à la lumière de ces expériences et de ces observations que comme un cas particulier de l'interaction mécanique de deux organes quelconques ou plus ou moins grossièrement complémentaires. Ce n'est pas [à minimiser la précision de certaines coaptations mais dire que cette précision, quand elle existe, est le résultat d'une corrélation mécanique heureuse de ces organes.

Enfin la réalisation de ces coaptations expérimentales montre que l'opinion de Corser : les organes destinés à s'unir doivent être formés « l’un pour l’autre » (1931, p.326) est inexacte. Les organes complémentaires constitutifs de ces coaptations coexistent mais sont normalement séparés, il n’existe évidemment aucun dispositif préparé, or nous aboutissons à un résultat comparable à une coaptation naturelle. H suffit de concevoir qu’un mécanisme héréditaire conditionne la fusion de l’apophyse génitale et des endopodites 1 chez le jeune &, ou bien la disparition de l'apophyse génitale (effective chez certaines familles d'Oniscoidea) et en même temps l’extension de la soudure des basipodites pour que, dans des conditions d'indépendance identique des détails complémentaires, la coaptation soit d'emblée réalisée et fonctionnelle.

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