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Il est ainsi certaines coaptations qui mériteraient d’être étudiées expérimentalement telles : le bouton pression des Hémiptères aquatiques dont la survivance chez des formes purement aquatiques (Nèpes, Ranatres) n’implique que la négation d'une disparition automatique par effet du non-usage selon un schéma lamarkien, la coaptation des élytres chez les Coléoptères, l’appareil de saut des Elatérides, les rétinacles des Décapodes nageurs, etc.
Le seul critère d’inutilité actuelle ne‘peut être donné que par le résultat négatif d’une mise en concurrence d’opérés et d'individus normaux, suivis pendant une fraction importante de leur vie et placés dans des conditions de milieu variables (agents physiques, prédateurs, raréfaction de la nourriture, etc...).
Il est cependant des coaptations dont l'utilité est indiscutable dans l’accomplissement d’une certaine fonction.
Ainsi les expériences de Corser sur le frein de certains Lépidoptères, l'appareil d'accrochage hémélytral des Hémiptères paraissent concluantes, de même celles du D' Moreau sur les hamules des abeilles.
Ce sont là des coaptations qui commandent le vol ou le favorisent seulement dans certains cas. |
Leur grand développement chez les meilleurs voiliers (Sphyngides pour le frein, Vespides pour les hamules) est d’ailleurs très significatif. Si on pense à l’importance .du vol pour la vie de l’animal : recherche de sa nourriture, accouplement, dispersion de l’espèce, ponte (par exemple chez les Hyménoptères parasites) on devrait s'attendre à une présence générale chez les insectes qui volent de la même façon et qui sont de taille comparable.
C’est effectivement ce qui se passe pour l’appareil d'accrochage hémélytral des Hémiptères, les hamules des Hyménoptères, le frein (ou les dispositions qui lui suppléent : le jugum ou le couplage amplexiforme des ailes) des Lépidoptères. De même les coaptations précises des pièces buccales des Lépidoptères et des Hémiptères, qui comptent parmi les plus parfaites sont d’une utilité évidente. La question soulevée par RaBauD de savoir si la succion est une adaptation, n’a rien à voir avec la réalisation d’une disposition optima de ces pièces à l’intérieur du type. Or ces coaptations sont générales. Il en est de même de celles qui unissent les pièces de la tarière des Orthoptères, Hémiptères et Hyménoptères. Ici l'utilité de la coaptation est évidente. Elle a fait l’objet d’une étude détail-
lée de Cape DE BarrLox (1920 et 1922) citée par Corser(/. c., p. 283 à 287).
Il faut également placer parmi les coaptations utiles : le bouton pression des Céphalopodes, particulièrement développé chez tous les bons nageurs:
Si la présence d’une coaptation utile chez des animaux présentant un même genre de vie paraît être un fait général, cela ne veut pas dire que certaines dispositions, de fréquence plus restreinte, ne peuvent pas conférer aux espèces qui les présentent un avantage sur les espèces qui en sont dépourvues. Cet avantage qui se manifeste par exemple par une plus grande fréquence dans le milieu commun peut également entraîner une répartition plus vaste.
Tel paraît être le cas de l’enroulement.
Au sujet des Oniscoïdea, ArcanGeLr et VerHogrr ont émis l’hypothèse qu’il pouvait présenter, outre un moyen de défense contre les prédateurs, un moyen de résister à la sécheresse. De fait les formes enroulables sont très nombreuses dans les régions chaudes et sèches : Armadillidiidæ dans la zone méditerranéenne, £ubelidæ et Armadillidæ dans la zone tropicale.
Plus récemment Vanpez (1943) en admettant cette interprétation au sujet des Armadillidiidæ, des Eubelidæ et des Armadillida, met en doute la portée générale de cette constatation en montrant que l’enroulement se retrouve aussi bien chez des formes aquatiques Sphæromidæ par exemple que chez des formes humicoles ou cavernicoles.
[n’est d’ailleurs pas sûr que chez certaines espèces marines l’enroulement n’entraîne pas une certaine préservation contre la sécheresse ; ceci peut en effet s’appliquer aux espèces qui vivent dans la zone de balancement des marées. Panouse (1940) a montré en effet que le Sphéromien Campecopea hirsuta, localisé dans les toutfes de Lichina sur des rochers découverts à marée basse, peut résister longtemps à la sécheresse (1 jour en atmosphère sèche, 5 à 6 Jours dans les touffes humides) en restant enroulé. Ce laps de temps dépasse donc amplement la durée des exondations et permet de le considérer comme bien adapté à son milieu de vie habituel. Quoi qu’il en soit il semble bien que, pour les Oniscoïdea, les coaptations d’enroulement les plus perfectionnées se rencontrent chez les familles les plus adaptées à la vie terrestre, vivant dans des endroits secs : Tl'endosphæridæ, Armadillidiidæ, Eubelidæ, Armadillidæ et chez
les T'ylidæ : Helleria. Au contraire les formes les moins bien enroulables ne vivent que dans les lieux humides : 7'ylos pour les Tylidæ : Aclœcia pour les Scyphacidæ, Cylisticus, Porcellium, Eleoniscus chez les Porcellionidæ : Buddelundiellidæ chez les Synocheta.
Si pour ces formes la sécheresse n’est pas une cause de sélection, il n’en reste pas moins que la défense contre les prédateurs peut agir dans le même sens, pour toutes les fèrmes enroulables.
Cette affirmation de nombreux auteurs, jamais étayée par l’expérimentation, est considérée aujourd’hui comme un lieu commun sans valeur réelle. Les expériences que j'ai faites sur différents lots de cloportes les uns enroulables, les autres non enroulables, en les soumettant à l'action d’un prédateur : la poule, qui en est très friande, confirment d’une façon nette que l’enroulement procure ân pourcentage appréciable de chances de survie aux espèces qui en sont dotées.
Les expériences ont été faites dans un espace clos restreint pour permettre un dénombrement facile des survivants et réalisant un milieu naturel voisin de celui .où on trouve les Oniscoïdes (feuilles mortes, brindilles, pierres, mousse). Chaque expérience a porté sur 100 individus de chaque catégorie.
Suivant la durée de l’expérience j’ai obtenu :
Durée illimitée : aucun survivant (En fait : £ > 5 minutes). courte durée non enroulables : 20 0/0 de survivants. Durée )(2 minutes; 1 seule poule) ( enroulables : 54 0/0 de survivants. limitée longue durée ( non enroulables : o o/o de survivasts. (2 minutes 1/2 ; 3 poules) { enroulables : 18 o/o de survivants.
En mettant en concurrence les espèces enroulables, les unes s’enroulant en une boule parfaite (Armadillidium vulgare), les autres s'enroulant moins bien (A. Pseudosphærium nasatum) j'ai obtenu :
(Durée limitée : 1 minute: ( enroulement parfait : 52 o/o de survivants. 1 poule) { enroulement imparfait: 38 o/o desurvivants.
Conclusion : Si le repos du prédateur n’est pas interrompu la faculté d’enroulement n’assure aucune survie. Par contre, si le prédateur est dérangé dans son repas, ce qui peut arriver fréquemment dans la nature, les espèces qui s’enroulent survivent aux espèces non enroulables dans une proportion très appréciable. D'après mes observations attentives du déroulement des expe-