tonneaux, valant 172.439 fr
... .,.. 7 Ta 21% »
Autres parties de l’'Hindoustan, ,.. 2186 cs 171.616»
Mackay nous apprend, d'autre part, que la seule teinture de laque, préparée sur place, se chiffrait, en 1861, par 2.000.000 de kilogrammes.
Voici enfin, à titre de document, les chiffres officiels montrant quelle à été en France, pendant l’année 1881, l'importance du commerce de la laque (1).
1° Laque en teinture ou trochisque, évaluée en poids net :
Importation : 13.167 kilogr. valant 32,918 fr., dont 12,976 kilogr. venant d'Angleterre.
Exportation : 1.316 kilogr. valant 3,290 fr.
Destination : Italie, Espagne.
Restent en entrepôt : 93 kilog.
2° Laque naturelle en résine, évaluée en poids brut :
Importation : 632.962 kil, valant 1.542.847 fr. dont 196.267 kil. venant d'Angleterre, des Indes anglaises, etc.
Exportation : 215.789 kil. valant 720.987 fr.
Destination : Chine, Italie, Algérie.
Exportation en Algérie : 24.971 kil. valant 60.930 fr.
Restent en entrepôt : 48.205 kil.
La laque sert à la fabrication des vernis fins et de la cire à cacheter; elle donne, comme nous l’avons vu, une belle teinture rouge et, suivant l'Encyclopédie de d’Alembert et Diderot, les Hindous la façconnent en une pâte très dure, d’un beau rouge, dont ils forment des bracelets appelés manilles.
Sa valeur thérapeutique doit être à peu près nulle et il n’y a sans doute pas lieu de regretter le discrédit dans lequel elle est tombée. Mais elle a joui, pendant une certaine période, d’une véritable faveur; on la croyait tonique et astringente; ses teintures alcoolique, aqueuse, alcaline, passaient pour vulnéraires et anti-
(1) Statistique générale de la France pour 1881. Pages 171, 213, 306, 356, 476, - 490 et 692.
JÙ LES COCCIDÉS UTILES
scorbutiques, mais devaient bien plutôt leur action aux substances auxquelles on la mélangeait. Elle entrait encore dans un graud nombre de préparations officinales telles que les trochisques de Karabé, les trochisques de laque, divers opiats, les species dialaccæ, le lacca tota.
CARTERIA LARREÆ Comstock.
Dans son rapport de 1880, après avoir dit quelques mots du Carteria lacca, J. H. Comstock (1) ajoutait : « Un autre véritable Insecte à laque se rencontre dans l’Arizona, sur le tronc et les branches du Larrea mexicana. À en juger d’après les spécimens du Muséum du Département de l'Agriculture, à Washington, la laque se trouve sur cette plante en quantité suffisante pour faire l’objet d'une exploitation. »
L'année suivante, dans le rapport pour 1881, Comstock dénommait cette nouvelle espèce de Cochenille, la décrivait soigneusement et la représentait même (2). C’est d'après ses descriptions que nous pouvons aujourd'hui faire connaitre cette espèce.
Le Larrea mexicana ou arbre à créosote est une Rutacée haute de 1"30 à 2", très abondante au Mexique et dans certaines régions du sud-ouest des États-Unis. Il répand une odeur particulière que, pendant longtemps, on a attribuée à une sécrétion résineuse abondante dans toutes les parties de la plante. Mais, en avril 1880, J. M. Sbllman présenta à l’Académie des sciences de Californie un important mémoire sur ce point ; il montra que la prétendue exsudation résineuse de la plante à créosote était en apparence identique à la gomme laque des Indes. Il donna en outre d’excellentes raisons chimiques et physiques de croire que, dans tous les cas, la laque est excrétée par les Insectes trouvés sur la plante, au lieu d'être une simple exsudation de l’arbuste provoquée par la piqûre de ces mêmes Insectes. Cette opinion se trouve du reste confirmée par la présence d'organes d’excrétion larges et compliqués, auxquels Comstock donne le nom de « tubes de la laque. »
La Cochenille de l'arbre à créosote rentre dans le genre Carteria, mais n’est pas identique au Carteria lacca. L'incrustation de laque
(1) J. H. Comstock (1), p. 291.
(2) J. H. Comstock, Report of the Entomologist. Annual Report of the Department of Agriculture for the year 1881. Washington, 1882.
LES COCCIDÉS UTILES a
qu'elle produit n’est pas aussi épaisse que celle de ce dernier; elle dépasse rarement trois millimètres et demi. De plus, les masses de laque excrétées par les divers individus ne sé fusionnent pas d’une manière aussi intime que chez l'espèce indienne ; elles gardent au contraire une forme plus ou moins giobuleuse. Dans les cas où ces masses demeurent isolées, elles ont une tendance manifeste à présenter six lobes.
Le Carteria larreæ (fig. 16) est la plus petite espèce connue du genre. La femelle adulte n’a que deux millimètres de diamètre. Son corps est à peu près circulaire et l’on voit faire saillie à sa surface les tubes de la laque et le tubercule anal. Le mâle a été observé, mais jusqu’à présent on l’a toujours trouvé en trop mauvais état
Fig. 16.
Carteria larreæ femelle, d'après Comstock.
de conservalion pour en pouvoir donner une description détaillée. Sa longueur est d'environ un millimètre, y compris un long style qui, à lui seul, représente les deux septièmes de la longueur totale.
CARTERIA MEXICANA Comstock.
La collection de Coccidés du « Museum of Comparative Zoülogy » de Cambridge, Mass. renferme des branches de Mimosa provenant de Tampico, Mexique, et sur lesquelles se voient un nombre considérable de masses globuleuses ou plus ou moins étoilées. Riley, ayant eu l’occasion d'examiner ces branches, reconnut que les masses dont elles étaient surchargées étaient formées de laque: il constata en outre que chacune d'elles renfermait un Insecte d'espèce inconnue, dont il put déterminer les caractères (1).
Les amas de laque sont isolés sur les branches ou réunis en
petit nombre. Chaque masse présente à sa base six lobes, plus
(1) Riley, p. 212 et PI. XIX, fig. 1 à 1 h.
accentués chez les individus jeunes que chez les adultes. Cet aspect de l’incrustation est occasionné par une forme semblable de l'animal qui la produit.
Il est à remarquer que, ici encore, comme chez Carteria lacca, l'animal ne se tient pas à plat sur la branche, mais bien perpendiculairement à celle-ci. En considérant de face la branche sur laquelle s’est fixé l’Insecte, ce n’est pas de face que celui-ci se montrera, mais bien par son extrémité caudale. La figure 17 représente sous cet aspect une femelle non encore parvenue à maturité.
Fig. 17. Fig. 18.
Jeune femelle Femelle adulte de Carteria mexicana, d'après Comstock.
La figure 18 montre au contraire la femelle adulte. Les tubes de la laque sont bien développés ; on distingue en outre quatre spiraculums, deux auprès de la bouche et un de chaque côté du corps, en dehors du tubercule anal ; enfin, comme dans toutes les espèces du genre Carteria, l’orifice de chaque spiraculum est entourée d’un certain nombre de filières.