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1) Le quintal espagnol est de 46 kilogrammes, 4 | &
Comme on le voit, l’industrie de la Cochenille prit tout d’un coup une énorme extension, vers 1850, quand les vignes furent ravagées LU LL . a par l’Oidium Tuckeri.
Le Coccus $e cultive principalement sur le Cactus tuna et sur le GC. Hernandezi. Le premier à de grandes feuilles et est employé presque exclusivement à Ténériffe et dans les îles orientales ; le second a des membres petits, mais très nombreux : c’estlui surtout qu’on plante à l’île Palma et dans les autres îles, aux endroits trop exposés aux rigueurs de l'hiver; il est en effet totalement laineux ou plutôt velouté et protège plus efficacement Ja Cochenille contre les intempéries de la saison.
Les Cactus se plantent surtout sur les flancs des montagnes. On les dispose en rangées longitudinales, éloignées de 125 à 150. La partie de la plante qui s'enfonce dans le sol s'appelle Le pied (el pié) : on ne lui laisse pousser d'ordinaire que deux ou trois ramifications ou bras (brazos), sur lesquels naissent une- série d’autres membres ou mains {manos) ; c’est sur ces dernières seulement qu’on place les Cochenilles ; il importe, en effet, de ne les mettre que sur des parties de la plante nouvellement développées.
Dans les premiers temps, la cueillette de la Cochenille était faite par les jeunes filles et les femmes, au moyen de petites cuillers en fer blanc : on se gardait bien de rompre les raquettes. Mais c'était là un travail pénible et lent, et la perte était notable. À présent, on a recours à un procédé plus expéditif : on arrache toutes les raquettes couvertes d’Insectes et on les frotte avec un petit balai en feuilles de palmier pour les en détacher.
On arrache donc tous les ans les branches nouvelles, autañt, bien entendu, que les Cochenilles se sont fixées sur elles, et la plante doit en pousser sans cesse de nouvelles. Dans de semblables conditions, le Cactus s’épuise vite et, si on ne lui donne point de l’engrais à profusion, il recommence à fleurir et à porter des fruits.
Quand il s’agit d'assurer la reproduction de la Cochenille, on recueille sur le Nopal Les mères (madres), femelles reconnaissables à un petit point rouge ou à une petite vésicule située à la partie postérieure et indiquant le moment de la ponte. Les madres sont dispersées sur de petites claies qu'on recouvre d’une grosse toile écrue; on tient alors ces claies à une température d'au moins 20° et, au besoin, on les place dans des étuves (estufas). Les jeunes
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Fig. 25.
Cochenilles fixées sur une raquette de Nopal. Figure extraite des Mœurs et Métamorphoses des Insectes, par Em Blanchard. Germer Baillère, éditeur.)
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naissent bientôt : ils se mettent à courir assez vite ça et là, puis finissent par se fixer sur les lambeaux de toile : dès que ces lambeaux en sont suffisamment chargés, on les enlève ct on en met d’autres à læplace.
Dès que ces lambeaux sont enlevés, on les porte en toute hâte dans les plantations : ce transport se fait pendant la nuit; puis on les fixe sur les raquettes du Nopal, en ayant soin de mettre la face chargée d’Insectes en contact avec la plante; on les y assujettit solidement avec les épines mêmes du Cactus. Les jeunes quittent alors le morceau de toile, enfonçent leur rostre dans la plante et commencent d'en absorber les sucs. La fixation des jeunes est bientôt opérée, mais on laisse encore quelque temps le linge qui les recouvre, de façon à les protéger contre la pluie ou le soleil.
En été, l'Insecte a besoin d'environ trois mois pour arriver à complet développement. Quand la Cochenille est mûre, c'est-à-dire bien adulte, il faut rapidement procéder à la moisson. Dans ce but, femmes et jeunes filles suivent de nouveau les rangées de Cactus : les unes brisent les branches, les autres les ramassent et les brossent avec le petit balai dont nous parlions plus haut. Puis on porte sur des claies les Insectes qu’on a recueilis de la sorte, on les y dispose par couches d’une faible épaisseur et on les dessèche ou on les torréfie à une température d'environ 40. Il va sans dire qu’on a eu soin de mettre à part quelques madres destinées à l’ensemencement.
Il y a d'ordinaire trois récoltes, et par conséquent trois générations par an ; la dernière passe l'hiver, maïs tous les emplacements ne sont point favorables à l’hibernation de la Cochenille : c’est ainsi que sur la côte nord-ouest de Ténériffe l'hiver est habituellement fatal aux Insectes, tandis qu'ils le supportent aisément sur la côte sud-est. Aussi, au printemps, la plus grande partie des individus reproducteurs vient-elle de Guimar et de ses environs.
Quand la Cochenille est convenablement desséchée, on procède à son nettoyage, avant de la mettre en vente : on se sert pour cela d’une sorte de tamis, qui la sépare des épines de Nopal et du feutrage blanc dont elle est habituellement recouverte. La Cochenille qui n'a pas servi à la reproduction, c’est-à-dire la plus srande partie, garde une teinte argentée et constitue une sorte commerciale connue sous le nom de plateada. Celle au contraire
qui a servi à la reproduction perd dans les diverses manipulations son feutrage blanc : elle est facilement reconnaissable à ce que son corps, vide des larves qui le remplissaient tout d’abord, s’est creusé après la ponte : on l’appelle Cochenille noire ou madres. A l’origine, la Cochenille noire se vendait plus cher que la plateada : aussi avait-on imaginé plusieurs moyens de la falsifier. Aujourd'hui, le prix de ces différentes sortes est égal et n’est soumis qu'à de légères fluctuations.
Par suite des soins apportés à la culture, la récolte a pu devenir fort abondante : c’est ainsi que, dans une fanegada (1), on peut récolter jusqu'à 20 et 24 quintaux espagnols de Cochenille sèche ; mais un semblable rendement est tout à fait exceptionel et l’on doit se contenter d'une récolte moyenne de huit à douze quintaux.
Si l’on songe que, pour une livre de plateada, il faut de 3 livres à 3 livres et demie de Cochenille fraîche ; que pour une livre de madres il en faut environ 4 livres, on pourra se faire une idée de l'énorme quantité de Cochenilles élevées sur les Cactus des Canaries, surtout si l'on considère encore qu’une livre représente environ 70.000 Insectes desséchés.
Les détails dans lesquels nous sommes entré à propos de la culture de la Cochenille aux Canaries nous permettront d’être brefs en ce qui concerne les autres centres de production.
A peine les armées françaises avaient-elles accompli la conquête de l’Algérie que Simonet, pharmacien à Alger, songea à entreprendre sous ce climat privilégié la culture de la Cochenille. Il pût se procurer à Valence quelques Insectes qu'il introduisit en Afrique, mais sa tentative demeura infructueuse. En 1833, le D' Lioze, chirurgien de la marine, fut plus heureux : il fonda une nopalerie qui se trouvait en bonne voie de réussite quand on le rappela en 1836; il partit, et dût confier ses Cactus et ses Cochenilles à l’intendant des Jardins d'Hussein Dey, lequel, peu soucieux de les voir réussir, laissa péricliter l’entreprise : tous les Nopals furent détruits, sauf deux dont prit soin Hardy, directeur de la Pépinière et du Jardin d’acclimatation d'Alger. Grâce à ses efforts, la Cochenille se répandit peu-à-peu en Algérie, mais jamais assez pour devenir l’objet d’un commerce capable de rivaliser, même de très loin, avec celui des Canaries.
Il serait superflu d’insister davantage sur les essais isolés qui
(1) 6100 mètres carrés.
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