‹ Les coccidés utilesChapitre 14 sur 21 · SM · texte numérisé non relu

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ont été tentés en différents endroits; pourtant, avant d’abandonner ce sujet, disons encore que la culture a été faite avec assez de succès à Java : d'après Soubeiran, une seule femelle, arrivée fécondée dans ce pays, a donné une postérité telle que huit ans. après, on récoltait 5000 kilogrammes de Cochenille.

A l'heure actuelle, les Cochenilles ne se récoltent en abondance qu'au Honduras et aux Canaries, mais surtout dans ces dernières. Depuis l'application des couleurs d’aniline à la teinture, le Kermès, disions-nous, est devenu à peu près complètement hors d'usage. La consommation de Cochenilles semble au contraire n'avoir pas diminué; mais ce qui a subi une diminution considérable, ce sont tes prix. Il y a quelques années, la Cochenille coûtait en moyenne 15 francs le kilogramme ; depuis la découverte des produits de distillation de la houille, le prix des mères (madres) est tombé à 3 fr., celui des noires (negras) à 3 fr. et celui des IRbEA ou argentées ta teadas) à 2 fr. 50 centimes.

Nous ‘savons déjà ce que sont les mères et les argentées; il nous reste à dire ce qu'est la sorte noire. On a donné ce nom aux Cochenilles tuées par exposition à une température élevée; si la chaleur est trop considérable, les Insectes prennent une coloration noirâtre particulière.

A un autre point de vue, et en les considérant d'après leur provenance, et non plus d’après leur mode de préparation, on a encore distingué parmi des Cochenilles, trois sortes commerciales : 19 la Cochenille mestègue ou fine (Grana fina où Grana mestica), cultivée à Mestèque dans la province de Honduras ; 2° Ia Cochenille noire; 3° la Cochenille sylvestre ( Grana silvestra), qui n’est point le résultat de la culture, mais qui s’est librement développée sur des Cactus sauvages.

De même que pour le Kermès et la laque, nous donnons cidessous un extrait de la Statistique générale (1) destiné à montrer l'importance du commerce de la Cochenille.

Importation : 863.533 kilogr. valant 4.742.433 fr.

Quantité mise. en consommation : 759.987 kilog. valant 2.179.220 fr. ; 779. 105 k. provenaient d’Espagne. 14.662 k. provenaient d'Angleterre.

nain : 497.442 k. valant 2.735.931 fr. dont 212. 651 k, pour la Turquie, 45.716 k. pour la Russie et la mer Baltique, 70.013 k. pour l’Allemagne, puis viennent l'Algérie, l'Italie etc. |

Restent en entrepôt : 22. 934. Kk.

(1) Statistique gépérale de la France pour l'année 1881, p, 213, 356, 490 et 530,

La Cochenille est recherchée pour la belle couleur rouge qu'elle produit et dont les applications sont sans nombre dans les arts, dans la peinture, dans l'industrie. Cette couleur, le carmin, intéresse aussi au plus haut point l’anatomiste, qui trouve en elle un auxiliaire précieux : on sait que le carmin est du plus grand secours pour l'histologiste, depuis que Gerlach, en 1858, à fait voir la curieuse sélection dont ses dissolutions ammoniacales sont douées vis-à-vis des éléments anatomiques. Ce point de vue particulier mériterait quelques développements, mais il nous faut aborder dès maintenant l'étude chimique du carmin; nous ne saurions du reste mieux faire que de renvoyer le lecteur, désireux de renseignements à cet égard, au Traité du microscope de M. Ch. Robin et au Traité technique d'histologie de M. Ranvier.

La connaissance de la constitution chimique des principes immédiats qui forment la trame des tissus animaux est une des questions les plus importantes de la biologie. Malheureusement, dans le cadre d’études qui nous occupe, la petitesse des Insectes, et la difficulté de s’en procurer une quantité suffisante, a toujours été un obstacle insurmontable pour les naturalistes et les chimistes.

En ce qui concerne les végétaux, on sait que certaines espèces chimiques se trouvent plus fréquemment dans telle famille que dans telle autre ; que, le plus souvent, ces espèces sont formées de carbone, d'hydrogène et d'oxygène. Leur constitution moléculaire est rigoureusement définie.

Dans le cas des Insectes, comme dans celui des êtres d’une organisation plus élevée, ce sont surtout des substances quaternaires azotées que l’on observe, et leur connaissance est beaucoup moins avancée, vraisemblablement en raison de leur plus grande complication. De plus, on n’a pas encore recherché si certains principes chimiques caractérisaient plus spécialement des groupes zoologiques déterminés.

L'étude plus spécialisée de la chimie des Insectes est tout à fait rudimentaire, et ce n’est que, grâce à leur extrême abondance ou à leur importance commerciale, permettant de s’en procurer facilement, qu'on a pu examiner certaines espèces.

Parmi les Insectes abondants, on peut citer les Fourmis, qui, distillées avec de l’eau, ont permis de découvrir l'acide formique

CH°0: à la fin du siècle dernier, et les Hannetons {Melolontha vulyaris) dont un chimiste a pu extraire une très faible quantité d’un principe azoté cristallisable, la Mélolonthine. Il ne peut être ici question des Abeilles, le miel et la cire, étant des produits d'une préparation en quelque sorte artificielle.

Parmi les Insectes utiles, ceux dont les principes immédiats ont été bien étudiés, sont la Cantharide (Lytta vesicatoria), ainsi que certains Méloës, qui donnent la Cantharidine CteH'‘05, et enfin la Cochenille.

La Cochenille, que nous venons d'examiner à divers points de vue, est connue depuis fort longtemps pour ses qualités tinctoriales. Au siècle dernier, la préparation du carmin et des laques de carmin se faisait presque exclusivement en Italie, à Pise et à Florence, et leur fabrication était tenue secrète. Depuis lors, Pelletier et Caventou ont montré qu'il existait dans la Cochenille un principe colorant acide, l’acide carminique, et, d’après les connaissances qu'ils ont données, la fabrication du carmin a pu s'étendre. On n’en conserve pas moins aujourd’hui, à Paris même, des secrets de fabrication consistant en de légers tours de main qui permettent d'obtenir du carmin plus ou moins beau.

Le carmin, comme nous l'avons dit déjà, tend aujourd’hui à être remplacé en teinture par l’éosine et d’autres matières colorantes dérivées de la houille, par exemple les diazoïques ; il peut d’ailleurs être falsifié par des laques de ces matières. Quant à la Cochenille elle-même, elle peut être à moitié épuisée de sa matière colorante par de l’eau, séchée et saupoudrée de céruse pour lui restituer son aspecl primitif. On a proposé divers moyens de dosage du carmin sur lesquels nous ne pouvons insister ici, retenons seulement que le carmin pur doit être complètement soluble dans l’ammoniaque.

On emploie le carmin, en dehors de la teinture, comme matière inoffensive pour colorer les fleurs artificielles et les bonbons.

Pour extraire le carmin de la Cochenille, ôn réduit celle-ci en poudre, on l’additionne d’un sel minéral, tel que le salpêtre, on fait bouillir avec de l’eau et on filtre : si la liqueur est suffisamment concentrée, le carmin se dépose au bout de quelque temps, c'est l'acide carminique brut. Si, dans la solution obtenue cidessus, on ajoute de l’alun, puis de l’ammoniaque ou du carbonate de soude, de façon à précipiter de l’alumine, celle-ci se teint dans la liqueur colorée, et, après dessication, on à une poudre

colorée qui est la laque de carmin. C’est, du reste, par un mécanisme analogue qu’on pratique la teinture à la Cochenille ; il faut au préalable mordancer les tissus avec de l’alun, c’est-à-dire les imprégner d'une solution de ce sel.

L’acide carminique brut ou carmin commercial est toujours impur et accompagné de matières azotées qui paraissent même combinées et en tout cas lui donnent plus d'éclat et de beauté. Parmi ces matières se trouve la tyrosine qui existe en assez grande abondance dans la Cochenille. Pour avoir l'acide carminique pur,on fait une laque de plomb ou carminate de plomb qu’on décompose après lavage par de l’acide sulfhydrique : il se précipite du sulfure de plomb et l'acide carminique pur reste en solution ; on n’a plus qu’à évaporer pour obtenir l'acide à l’état de pureté, en aiguilles cristallines agglomérées, d’une saveur nettement acidulée.

La formule de l'acide carminique est encore en discussion, mais on sait de science certaine qu’il est formé par un corps CSH*0:, le rouge de carmin, combiné à une matière sucrée dépourvue de pouvoir rotatoire : c’est une sorte de glucoside facile à dédoubler

par hydratation.

L’acide azotique réagissant sur l'acide carminique détruit complètement la matière sucrée de ce dernier et réagit finalement sur le rouge de carmin; il se forme ainsi de l'acide nitrococussique C#H'(AzO?) O0: + H°0 identique à l'acide trinitrocrésotique et qu'on peut écrire par conséquent sous la formule

Cs(AzO?}{CH:)\OR)CO’H.

Quant au rouge de carmin lui-même, qui est la matière colorante fondamentale de la Cochenille, et dont l'acide nitrococussique dérive par simple nitration, il se formule :

CSH?2(0H){CH:)CO’H.

C'est un dérivé de la benzine, un acide méthyl-dioxybenzoïque, qui, à titre de corps renfermant les deux groupes (OH) des diphénols, est probablement en relation avec le groupe des quinones, comme l'hydroquinone CH{OH}. Or, on sait que les corps quinoniques donnent très souvent des matières colorantes, témoin l’alizarine CSH{CO)?C:H?{(0H}° ou rouge de garance.

Sous l'influence de l’acide sulfurique concentré et chauffé à 125°, le carmin se transforme en une substance définie, la ruficoccine, qui est un produit de condensation du rouge de carmin.

Cette ruficoccine C'H'°06, traitée par la poudre de zinc, est desoxydée et donne un carbure C'‘H'? très analogue à l’anthracène Ct‘H'. Ce carbure C'‘H'? donne facilement par oxydation des quinones.

Nous sommes ainsi amenés à conclure qu'il existe dans la Cochenille un principe colorant non azoté se rapprochant, par certaines parlicularités de sa constitution chimique, de l’alizarine, matière colorante rouge de la garance.

Le principe azoté le plus abondant qui existe en outre dans cet Insecte est la tyrosine.

Après cette étude chimique du carmin, il nous reste à dire quelques mots des propriétés thérapeuthiques de la Cochenille.

À l'époque où le Kermès obtenait en médecine l'immense faveur que l’on sait, la Cochenille du Nopal était elle-même communément employée ; toutefois, elle fût toujours bien loin d'obtenir la vogue de la graine d’écarlate.

« On use de la Cochenille, dit Cartheuser, presque dans les mêmes maladies dans lesquelles on se sert du Kermès : elle est néanmoins plus stimulante et bien moins astringente. C’est pourquoi elle arrête puissamment l'écoulement d'urine, et chasse vivement le gravier des reins et de la vessie. On en use très rarement en substance depuis quelques grains jusqu’à un demi scrupule ; mais on la fait ordinairement entrer en petite quantité dans les autres médicaments, les poudres, par exemple, les électuaires, les pilules, les infusions, dans du vin et dans de l'eau. Les femmes grosses menacées d'avortement, usent quelquefois avec succès du Kermès en apportant toutes les précautions nécessaires, à cause de sa médiocre vertu astringente ; mais il convient de s'abstenir entièrement de la Cochenille, parce que sa vertu stimulante est plus dangereuse que celle du Kermès. »

A l'heure présente, on a bien oublié, et non sans raison, les propriétés thérapeutiques empiriquement attribuées à la Cochenille ; on ne se souvient plus que Hernandez la recommandait comme cordial, que Delius la conseillait dans les maladies exanthématiques, que Lister, Struve et d’autres la préconisaient comme lithotriptique, comme diaphorétique et diurétique. Dés 1813, Chaumeton fait observer que la Cochenille était déjà chassée à peu près complètement de la matière médicale et qu’elle n'était

plus employée que pour ses propriétés tinctoriales, pour donner un aspect agréable aux préparations pharmaceutiques.

Toutefois, cette exclusion serait trop absolue, car si on s’en rapporte à la haute compétence de M. le professeur Laboulbène, la Cochenille pourrait rendre quelques services contre les quintes spasmodiques de la toux nerveuse. Le Dr O. Larcher prescrit depuis de longues années la Cochenille dans le spasme convulsif de l'appareil respiratoire, dans les accès d'asthme nerveux ; mais c’est surtout dans les quintes convulsives de la coqueluche qu'il dit en avoir constaté l'efficacité. La Cochenille, récemment pulvérisée, doit être administrée sous forme de potion ; MM. Laboulbène et Larcher proposent la formule suivante :

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Tel est actuellement le seul usage de la Cochenille en médecine, à part l'emploi qu'on en peut faire encore pour colorer les poudres dentifrices.

SOUS-CHAPITRE IV

Les Llaveia.

Le genre Llaveia, créé par Signoret, ne renferme qu’une seule espèce, l'Axin, dont, en 1832, le Dr F. A. Llave nous a laissé une description. La note de cet auteur a été publiée dans un recueil mexicain qu’il est sans doute fort difficile de rencontrer dans nos bibliothèques; on en trouvera une analyse détaillée dans la Revue et Magasin de Zoologie de Guérin-Méneville.

Les caractères du genre étant ceux de l’unique espèce qu’il renferme, nous abordons sans préambule l'étude de celle-ci.

LLAVEIA AXINUS Signoret.

SYNONYMIE : Awæocuillin Hernandez, Lib. IX, cap. V, p. 317 : De ain, seu vermium quorumdam pinguedine.

Coccus axinus K, À. Llave.

La seule diagnose que nous ayons de l’Axin est celle que Llave en a donnée :

« Corpus ellipticum, pollicare, roseum, aut intense purpureum, tomento et pulvere albo indutum, zonis transversalibus corrugatum, marginibus prominentibus. Antennæ breves, teretes, articulatæ, basi crassiores, oculis minutissimis, pedibus 6 rubrofuscescentibus, extremitate unguiculatis. Inter par primum pedum, corrugatio animadvertitur, in qua haustellum sive tubus observatur minutus. Plurima individua punctis maculisque nigris sine ordine conspersis notata inveniuntur.

Habitat Tlacotalpan et Papantla, in cortice Jatrophæ curcas, et Spondias myrobolani. »

L’Axin, originaire du Mexique comme la Cochenille à carmin, semble être le géant des Coccidés. Llave lui attribue un pouce de longueur (corpus pollicare) d'accord en cela avec Hernandez qui, de son côté, lui attribue la longueur de deux travers de doigt et la grosseur d’une plume d’oie :

« Nascuntur in arboribus Quapatli, aut aliis, quas nostri ob similitudinem Prunos vocant, cum tamen ab Myrobolanorum Arabicorum pertinere genus alicui fortassis videri poterit, vermes quidam hispidi Axocuillin, seu ferentes Axim, pallentes, vix longi binos latos digitos, ac pennam crassi anserinam. »

Le Llaveia axinus produit une substance graisseuse, jaune rougeûtre, souple, d’une odeur semblable à celle de la graisse rance, et à laquelle on donne le nom d’Axi ou Axine, comme à l'animal lui-même. Cette substance joue un rôle important dans la médecine populaire mexicaine : les Aztèques l’utilisaient déjà, et l'usage s’en est perpétué jusqu’à nos jours. La Pharmacopée mexicaine de 1846 le mentionne en effet sous le nom d’axin ou agé.

L’Insecte, comme nous venons de le voir, vit sur le Jatropha curcas ou Médicinier cathartique, appelé Pinon dans le pays (1), et sur le Spondias myrobolanus; il se rencontrerait aussi sur certains Schinus. Il adhère fortement à l'écorce au moyen de son rostre et, une fois fixé, ne change plus de place; il faut procéder à un véritable arrachement, lorsqu'on vient le cueillir pour extraire la graisse qui s'est accumulée dans ses tissus.

« Cette opération, dit Llave, se fait en lavant premièrement les

(1) De là sans doute le nom de Pignon d’Inde sous lequel on connait sa graine.

Insectes pour ôter la poussière ou petit duvet qui les couvre. Ensuite on les met cuire dans l’eau commune jusqu’à ce que la graisse fonde et surnage. On les met alors dans une bourse de toile dans le but de les presser pour en extraire tout le reste de la graisse qui pourrait être restée. Celle-ci est versée dans de petits vases proportionnés, et on la laisse reposer pendant vingt heures au plus, au bout desquels on la trouve un peu figée; alors on la remue jusqu'à ce qu’elle forme des boulettes qu'on lave de nouveau et qu'on met à un feu doux, pour en enlever l'humidité, et dans cet état on passe la graisse, à laquelle, après son refroidissement, on donne la forme la plus commode pour l'usage. »

Quant aux propriétés attribuées à l’Axin, Llave nous les décrit par le menu, en copiant du reste Hernandez qu'il se garde bien de citer.

« Cette substance est employée à différents usages par les indigènes, et elle se recommande pour mitiger les douleurs qui affligent n'importe quelle partie du corps, pour relâcher les nerfs rigides et les adoucir, résoudre les tumeurs ou les mûrir quand elles ont une propension à la suppuration. Elle est employée utilement à la fin des érysipèles, et dans les ulcères, dans les convulsions, et, en la mêlant avec de la résine, dans la descente nommée entérocèle. Aujourd'hui les indigènes usent beaucoup de cette substance dans les spermatocèles, et, y ajoutant de la térébenthine, caoutchouc, poudre de consoude et myrte, en font un cataplasme que les femmes s'appliquent sur la hanche, dans le but de la fortifier et de contenir les flux de sang.

» En outre des usages déjà indiqués, nous savons que les indigènes de Flacotalpan emploient cette graisse pour vernir certaines pièces de poteries, et qu’en lui donnant certain degré de chaleur de plus elle forme une espèce de gelée, laquelle, en la frottant quelque temps avec la main sur des peintures en détrempe, donne un vernis très brillant. »

L’axine est de consistance onctueuse ; elle durcit rapidement par l'exposition à l’air et cette propriété lui a valu encore, dans la chirurgie indienne, un emploi analogue à celui du collodion. On s’en sert aussi dans les arts comme d’un vernis PS à protéger les instruments d’acier contre la rouille.

Le seul auteur qui ait étudié l’axine au point de vue chimique est F, Hoppe. Il lui assigne les caractères suivants : Insoluble dans l’eau, assez soluble dans l’alcool chaud et très

soluble dans léther, l’axine résiste à ces dissolvants lorsqu'elle a été durcie par oxydation : elle fond à 31°, et développe, par la distillation sèche, une forte odeur d’acroléine, preuve évidente de la présence de la glycérine; elle se saponifie aisément et donne un acide gras quin'est autre chose que l’acide laurique ou laurostéarique C‘’H?:0?, associé, paraît-il, à une petite quantité, soit d'acide stéarique, soit d'acide palmitique.

Mais aucune de ces substances n’est siccative : cette propriété revient à un acide nouveau, l'acide axinique C'SH?305, qui a pu être isolé en décomposant par de l’acide chlorhydrique et dans un courant d'air, la partie du savon de potasse qui est restée en dissolution dans l'alcool.

Cet acide est de consistance huileuse ; même à 09, il absorbe l'oxygène avec une très grande avidité, et se recouvre rapidement d'une pellicule blanche qui protège la partie sous-jacente contre l'oxydation ultérieure. Il est insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'alcool et l’éther.

Les produits de son oxydation à l'air seraient l’acide hypogéique C'H3#0?, que Güssmann et Scheven ont extrait de l'huile d’arachide, et une substance mal définie, l’agénine, dont la formule n'a pas été déterminée. Cette substance est insoluble dans l’éther et se présente en croûtes amorphes se décomposant à 30°, même dans une atmosphère d'hydrogène. Les alcalis caustiques la brunissent et la dissolvent, l'acide nitrique l’altère promptement ; sa composition est assez variable.

SOUS-CHAPITRE V

Les Porphyrophora.

Les Coccines de ce groupe sont au nombre des plus remarquables ; malheureusement, il existe encore des lacunes considérables dans leur histoire.

La larve a des antennes à six articles, d'une organisation très particulière ; les pattes moyennes et postérieures sont construites sur le type ordinaire des Coccines, mais, dans les pattes antérieures, les tibias et les tarses se sont fusionnés en un segment unique. La bouche, au lieu de se trouver entre les deux pattes

antérieures, comme c’est le cas normal dars toute cette tribu, se trouve reportée en arrière, entre les pattes de la seconde paire ; les pièces buccales émettent des filets rostraux d’une excessive longueur.

La femelle, toujours beaucoup plus grosse que le mâle, présente une particularité qui ne s’observe dans aucun autre genre : c’est l'absence complète de l’appareil buccal. Les antennes sont courtes, coniques, formées de sept à neuf articles. Les pattes se sont déformées et sont devenues des organes propres à fouir le sol; les antérieures sont particulièrement fortes.

Le mâle a des antennes de médiocre longueur, formées de neuf à dix articles; ses yeux à facettes sont d’une taille insolite et se rejoignent en dessous. Les pattes antérieures sont encore conformées pour fouir le sol; celles des deux dernières paires ne sont pas modifiées et se montrent dépourvues de digitules. Le thorax est un peu plus court que l’abdomen; celui-ci porte, sur le cinquième et le sixième segment, une série de filières d’où naissent une grande quantité de soies claires, transparentes, formant une houppe qui se prolonge bien au-delà de l'abdomen en arrière. Les ailes sont très grandes et épaissies sur leur bord antérieur ; les balanciers sont claviformes et terminés par un tout petit crochet. Enfin, l'abdomen se continue en arrière par un long stylet recourbé. |

Nous étudierons deux espèces du genre Porphyrophora, le P. polonica et le P. Hameli. Toutes deux ont été employées en teinture.

PORPHYPHORA POLONIGA Burmeister.

SYNONYMIE : Granum Zsinbitz Cornarius.

Coccionella germanica Frisch.

Coccus radicum tinctorius Breyn.

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